Et d'Algernon Newton, déjà
"les chinois voient l'heure dans l'œil des chats" Baudelaire
Et d'Algernon Newton, déjà
Rien de meilleur en effet, en un 1er janvier, que de prendre des résolutions avec Ozu (5).
(1) Actrice. Elles interprète la coiffeuse du petit salon de coiffure dans Tôkyô monogatari (Voyage à Tôkyô)
(2) Iwama Tsuruo, réalisateur de la Shôchiku.
(3) Hara Kenkichi, réalisateur, ancien assistant d'Ozu.
(4) Plat du nouvel an : bouillie de riz gluant (mochi) accommodée de viande et de légumes.
(Notes de la traductrice)
(5) Je me demande ce que disait Ozu à ses hôtes pour souhaiter la nouvelle année, peut-être un truc pas trop formel genre 今年も元気でいきましょう / Kotoshi mo genki de ikimashō / Prenons soin de notre santé cette année aussi ? J'en profite pour étendre ce vœu aux lecteurs de ce blog et, pourquoi pas, aux êtres vivants (6) de cette planète ainsi que, soyons fous, de cette galaxie, de cet univers et des univers éventuellement parallèles - et oui, il peut y avoir de bonnes nouvelles.
(6) J'inclus les végétaux, qui ne me répondront pas, je sais.
John Le Carré - The Pigeon Tunnel, 2016 / Le tunnel aux pigeons, histoires de ma vie, 2017
En 1982, un espion retraité vint à Beyrouth visiter Mohammed Abdel Rahman Abdel Raouf Arafat al-Qudua al-Husseini, dit Yasser Arafat, dit aussi Abou Amar, ingénieur civil, officier de réserve de l'armée égyptienne, créateur du Fatah puis de l'O.L.P. et, à ce moment-là, principal représentant d'un peuple qui, selon Golda Meir, n'existait pas (1).
Arafat m’invita à passer le réveillon du Nouvel An avec lui dans une école pour les orphelins des martyrs palestiniens. Il enverrait une jeep me chercher à mon hôtel. J’étais toujours au Commodore, et la jeep faisait partie d’un convoi qui roula à fond de train, pare-chocs contre pare-chocs, sur une route de montagne sinueuse jalonnée de check-points libanais, syriens et palestiniens sous cette même pluie battante qui semblait s’abattre sur toutes mes rencontres avec Arafat.
La route à une voie non goudronnée se décomposait sous le déluge. Des cailloux projetés par la jeep de devant ne cessaient de nous heurter. Des vallées s’ouvraient à quelques centimètres du bord, révélant de minuscules carrés de lumière à des milliers de mètres en contrebas. Notre véhicule de tête était une Land Rover rouge blindée qui, selon la rumeur, convoyait notre Chef. Mais quand nous arrivâmes devant l’école, les gardes nous révélèrent qu’ils nous avaient dupés. La Land Rover n’était qu’un leurre. Arafat était en sécurité, en bas, dans la salle de concert, à accueillir ses invités.
De l’extérieur, l’école ressemblait à un banal bâtiment à un étage. Une fois dedans, on découvrait qu’on se trouvait au dernier niveau d’une structure qui épousait par paliers le flanc de la colline. Les inévitables hommes armés portant keffieh et jeunes femmes au torse lesté de cartouchières surveillèrent notre descente. La salle de concert était un immense amphithéâtre avec une scène en bois surélevée. Debout dans la première rangée de sièges, Arafat donnait l’accolade à ses invités tandis que la salle bondée résonnait du tonnerre rythmé des applaudissements. Des décorations du Nouvel An pendaient du plafond, des slogans révolutionnaires ornaient les murs. On me poussa vers Arafat et il m’accueillit par la même embrassade rituelle, puis des hommes grisonnants en treillis kaki avec ceinturon vinrent me serrer la main et me hurler leurs bons vœux par-dessus le vacarme des applaudissements. Certains avaient un nom. Certains, comme le bras droit d’Arafat, Abou Jihad, avaient un nom de guerre*. D’autres n’avaient pas de nom du tout.
Le spectacle commence : les orphelines palestiniennes chantent en faisant la ronde, puis les orphelins, puis tous les enfants réunis dansent la dabkeh et s’échangent des kalachnikovs en bois pendant que la foule tape dans ses mains. À ma droite, Arafat se lève et ouvre grand les bras. Sur un signe de tête du combattant au visage sévère assis à sa droite, j’attrape le coude gauche d’Arafat et, à nous deux, nous le hissons sur scène et grimpons à sa suite.
Décrivant des pirouettes au milieu de ses orphelins bien-aimés, Arafat semble s’enivrer de leur parfum. Il attrape le bout de son keffieh et le fait tournoyer tel Alec Guinness incarnant au cinéma Fagin dans Oliver Twist. Il a l’air transporté. Pleure-t-il ? Rit-il ? Une telle émotion se lit sur son visage que peu importe. Et voilà qu’il me fait signe de l’attraper par la taille. Quelqu’un m’attrape moi aussi par la taille. Et nous voilà tous, hauts gradés, sympathisants, enfants extatiques et, nul doute, toute une congrégation d’espions du monde entier puisque jamais aucune figure historique n’a été plus intensément espionnée qu’Arafat, embarqués dans une chenille menée par notre Chef.
Le long du couloir en béton, et on monte un étage, et on traverse une salle, et on redescend. Le tromp-tromp de nos pieds remplace les claquements de mains. Derrière ou au-dessus de nous, des voix de stentor entonnent l’hymne national palestinien. Nous finissons par rejoindre la scène cahin-caha. Arafat s’avance, marque une pause, puis, sous les hurlements du public, il fait le saut de l’ange dans les bras de ses combattants.
Et dans mon imagination, ma Charlie (2) exulte et l’applaudit à tout rompre.
Huit mois plus tard, le 30 août 1982, suite à l’invasion israélienne, Arafat et son haut commandement furent chassés du Liban.
* En français
Arafat exécuta d'autres sauts de l'ange, au fur et à mesure qu'il était chassé de partout, vers Tunis puis Tripoli (Liban), de nouveau en Tunisie, puis enfin en Palestine, Gaza, Jénine, Ramallah. Il meurt à Clamart le 11 novembre 2004, seize ans avant John Le Carré.
Quand il lui fut possible de s'installer en Palestine, Arafat assistait toujours à la messe de Noël orthodoxe de Bethléem, sauf quand les israéliens l'en empêchaient. La première fois il avait déclaré "Je suis venu saluer le premier Palestinien, Jésus-Christ, le messie par qui le message de paix se concrétiser". Les chrétiens (majoritairement de rite orthodoxe) représentent environ 6% de la population palestinienne. Au cours des siècles ils ont parlé araméen, puis grec, puis arabe et parmi eux sont les descendants des premiers compagnons de Jésus-Christ - sous réserve, bien sûr, des questionnements sur son historicité.
L'historicité. C'est un enjeu, parfois un champ de bataille. De quel régime d'historicité relève Jésus ? Et Barabbas ? Et l'empire Khazar ? L'historicité est affaire de sources, d'annales, d'enquêtes et finalement d'historiens. Pourtant, nous assistons ici à la rencontre de deux métiers spécialisés dans l'historicité : les héros politiques et les espions.« Monsieur David ! s’écrie-t-il. Pourquoi êtes-vous venu me voir ?
- Monsieur Arafat, dis-je du même ton surjoué. Je suis venu toucher le cœur de la Palestine ! »
On a répété, ou quoi ? Sans attendre, il guide ma main droite vers le côté gauche de sa chemise kaki et la pose sur une poche boutonnée parfaitement repassée.
« Monsieur David, le cœur de la Palestine est là ! s’exclame-t-il avec ferveur. Juste là ! » répète-t-il pour la galerie.
Ovation debout. Nous cassons la baraque. Nous échangeons une accolade à l’arabe, gauche, droite, gauche. Sa barbe n’est pas piquante mais toute douce, et elle sent bon le talc. Il me relâche, tout en gardant une main possessive sur mon épaule pendant qu’il s’adresse à notre public. Je peux me déplacer librement chez les Palestiniens, décrète-t-il, lui qui ne dort jamais deux fois de suite dans le même lit, gère sa propre sécurité et maintient que sa seule épouse est la Palestine. Je peux voir et entendre tout ce que je souhaite voir et entendre. Il me demande uniquement d’écrire et de dire la vérité, parce que seule la vérité permettra de libérer la Palestine. Il va me confier au chef militaire que j’ai rencontré à Londres, Salah Tamari. Salah me fournira une escorte de jeunes combattants triés sur le volet, Salah m’emmènera au Sud-Liban, Salah m’instruira sur le noble combat contre les sionistes, Salah me présentera ses commandants et leurs troupes. Tous les Palestiniens que je rencontrerai me parleront en toute franchise. Il veut qu’on nous prenne en photo tous les deux. Je refuse. Il me demande pourquoi, avec une expression si radieuse et taquine que j’ose une réponse honnête
« Parce que je pense aller à Jérusalem un peu avant vous, monsieur Arafat. »
Il éclate d’un rire chaleureux, alors notre public aussi. Mais c’est une vérité de trop et je regrette déjà ma boutade.
Le juge Ti (qui a vraiment existé) était confucéen, bien sûr. Xi JinPing l'est aussi, à sa manière.
La période (pī lín pī kǒng) où le parti était invité à critiquer vertement maître Kǒng Zǐ a été très brève (1973-1976) et on pourrait dire maintenant que peu de choses ont finalement changé depuis la dynastie Tang. Des cours sont d'ailleurs disponibles ici.
Et les enquêtes du juge Ti sont pleines d'enseignements. Nos magistrats pourront en prendre de la graine. En ce qui concerne les sbires en revanche, c'est déjà un peu comme ça chez nous.
Le chef des sbires lui envoya un coup de pied dans les côtes.
Le juge Ti se leva et se dirigea vers le lit, auprès duquel il ramassa le mouchoir. Après l’avoir examiné attentivement, il alla vers la table et y resta un moment, les yeux rivés sur les nouilles souillées étalées sur le papier huilé. Seule la respiration rauque de l’homme à genoux troublait le silence.
Au même moment, sa femme et sa fille confectionnaient dans la cuisine divers mets pour fêter le Nouvel An, mettaient un peu d’ordre dans la maison, préparaient leurs kimonos ou arrangeaient des fleurs et tandis qu’elles vaquaient à leurs occupations, Oki s’asseyait dans le salon et écoutait la radio. Pendant que les cloches sonnaient, il jetait, non sans émotion, un regard en arrière sur l’année qui se terminait. Selon les années, l’émotion qu’il éprouvait se révélait violente ou douloureuse. Parfois, le regret et la tristesse le déchiraient. Mais le tintement des cloches trouvait toujours un écho dans son cœur, même lorsque la sentimentalité qu’il discernait dans les propos comme dans la voix des speakers le dégoûtait. Et c’est pourquoi l’idée de se rendre à Kyôto un trente et un décembre afin d’y écouter directement, et non plus par l’intermédiaire de la radio, les cloches des vieux monastères le tentait depuis de longues années.
On s'occupe comme on peut quand on est seul pour passer le nouvel an. Surtout à Nottingham. Par exemple, on peut faire comme Charlie Resnick, traquer le tueur psychopathe (oui, on tue beaucoup au nouvel an), s'occuper de ses quatre chats nommés Pepper, Miles, Dizzy et Bud (oui, on peut aussi écouter du jazz), on peut faire une pause aussi, pour casser la croûte et donc on a déjà là un certain nombre d'éléments qui vont vous servir à humaniser le procedural je répète : la bouffe, les chats, le jazz, d'accord ? Parce que le tueur c'est secondaire, toujours secondaire. Surtout, vous n'oubliez pas le fond - et le fond, c'est le réalisme social anglais, c'est ça qui n'est pas secondaire et qui fait que le bouquin est lisible ou non (des illisibles il y en a, plein, tout en haut sur les étagères) et qui masque les coutures (mais il y a des gens qui aiment voir les coutures) et donc vous avez tout ça, le jazz, les chats, le réalisme social anglais (ou écossais, irlandais, rarement gallois il faut bien le dire) la bouffe (anglaise, réalisme social oblige) ah oui le tueur j'oubliais le tueur et qu'est-ce qui peut bien manquer ? Ah oui, c'est
Il était de nouveau dans la cuisine, recouvrant un mélange de canard et de tomates avec de fines tranches d’un stilton vieux de plusieurs jours, quand le téléphone sonna.
— Je suis désolée de ce qui s’est passé. Vous nous avez surpris en plein milieu d’une dispute monumentale.
Le « nous » résonna dans l’esprit de Resnick.
— Ne vous excusez pas, fit-il.
— Malgré tout, reprit Pam Van Allen, c’est bel et bien un jour de congé.
Si je pouvais la voir… pensa-t-il, je parierais qu’elle sourit presque, en ce moment.
— Bon, cela dit… Ça ne vous dérange pas trop de me parler maintenant ? Si vous avez autre chose à faire…
— Non, pas de problème. C’est la minute de repos. Je suis dans la chambre. Je récupère.
Resnick tenta de visualiser la scène, puis préféra y renoncer.
— Vous vouliez me dire quelque chose au sujet de Gary James ?
— Plutôt vous demander quelque chose, en fait.
— Oui ?
— De mettre en commun nos informations.
— Mettre en commun ?
Cette fois, il l’entendit rire.
— C’est un peu tôt pour les bonnes résolutions du nouvel an, vous ne croyez pas, inspecteur ?
— Charlie.
— Comment ?
— C’est mon nom.
— « Inspecteur » me vient plus naturellement au bout de la langue.
Bon, ce n'est pas tout, il faut passer au réveillon du premier de l'an, il y a encore du boulot.
Et du boulot dangereux.
Il existe des réveillons de guerre - il en est ainsi dans toutes les guerres, même ces guerres permanentes et imaginaires qui sont le propre des régimes paranoïaques.
La provocation a été écrite au même moment que Le général de l'armée morte, et sur un thème voisin. Mais cette longue nouvelle a attendu dix ans pour être publiée.
La provocation n’avait pas encore eu lieu, mais elle était dans l’air depuis le matin. Avant une provocation, nous étions toujours saisis d’un pressentiment, et celui-ci se révélait toujours fondé. Le chef de poste avait donné l’ordre de mettre en batterie une des mitrailleuses légères pour parer à toute éventualité. Il n’y eut pas de provocation jusqu’à l’heure du déjeuner. Mais nous demeurions persuadés, ou presque, que quelque chose allait se produire.
*
Ce fut le réveillon le plus insolite que j’aie jamais passé. Ni cartes postales, ni lettres, ni télégrammes. Au milieu du couloir, on avait dressé une pitoyable branche de sapin décorée d’un peu de coton blanc. Des millions de flocons de neige nous avaient isolés et nous commencions à prendre en grippe cette calamité blanche, glacée, implacable. Néanmoins, pour sacrifier à la tradition, nous devions recréer son image sur la branche de sapin du Nouvel An.
Voilà. Nous avons, vous avez ouvert nos, vos cadeaux. Le moment de se rappeler qu'il existe un monde à la fois réel et fantastique, un monde de l'entreprise et du travail, si loin de vous au moment présent mais diablement prégnant tout de même - d'où viennent d'ailleurs tous ces cadeaux, qui les a fabriqués, pour quel maigre salaire ? En fonction de quelle stratégie invérifiable et mal barrée, inspirée par un consulting zombifié coupable (mai pas responsable) de l'indicible catastrophe managériale, et n'est-il pas le moment de lire...
Elle songe à retourner se coucher. Puis ouvre la porte. Juste pour voir, en laissant la chaîne, elle ne risque rien, non ?
Un paquet cadeau cubique, à peu près gros comme un four à micro-ondes, enveloppé de papier rouge métallisé et couvert d’un gros nœud doré l’attend sur son paillasson. Une carte le surmonte. Joyeux Noël.
C’est le moment d’être parfaitement réveillée, totalement lucide. Mais ce n’est pas le cas. Elle tente de faire entrer le paquet dans l’appartement, en le faisant glisser (il est plutôt lourd). Il ne passe pas la porte ; celle-ci refuse de s’ouvrir plus. Merde. La chaîne ! Elle referme, enlève la chaîne, hésite à rouvrir. Elle imagine derrière la porte le palier obscur, intimidant. Elle entrouvre, guette une respiration, un voleur en embuscade, un imbécile qui fait une blague. Personne. Silence d’église. Elle tire vite fait le paquet à l’intérieur, remet la chaîne, claque la porte, tout essoufflée. Et si c’était une bombe ? Elle préfère en rire mais elle arrête aussitôt ; elle n’aime pas le son de son rire, cette nuit, dans sa cuisine. Elle ouvrira le paquet demain. Tout s’expliquera. Le gardien aura reçu pour elle une livraison déposée pour quelqu’un d’autre et faisant sa ronde à pas d’heure, comme d’habitude, ivre, comme d’habitude, il aura déposé ce paquet idiot sur le mauvais paillasson.
Qu’est-ce que ça contient ? Elle pourrait ouvrir, juste pour voir. Elle rirait de découvrir une collection de taies d’oreiller Mickey (non, trop lourd), ou bien une cafetière automatique, justement, elle en a besoin (des petites choses bougent à l’intérieur quand on incline le carton), ou une lava lampe dans une énorme boîte entourée de milliers de boules en polystyrène ? Pas mal… Après tout Charlotte est une fille d’Ève et Göding lui a dit d’écouter plus souvent ses intuitions. Avec les ciseaux de cuisine, elle ouvre soigneusement le paquet pour pouvoir le refermer proprement si besoin était.
Ce sont des paquets de bonbons. Des dizaines, des centaines de paquets de Peep-o-mint, la dernière production de l’usine de Maligny, pas encore mise sur le marché. Le projet Huysmans. Boules de chocolat veinées de vert, cœur vert intense, liquide, à la menthe. Des bonbons un peu mous, fondants, des saloperies délicieuses et sans sucre.
Qui a bien pu ressentir le besoin de lui en offrir trois cents paquets ? Qui sinon Joachim, le manager du département emballage ? Il passait son temps à lui faire la cour ! Lui seul pouvait avoir accès au matériel promotionnel, aux paquets de démonstration… Mais quel étrange cadeau de Noël… Avec deux mois d’avance. Ce pauvre Joachim est fêlé, en vérité.
Ça n’explique pas tout. Charlotte boit un verre d’eau, puis un petit doigt de gin saphir. En mode automatique, elle ouvre son téléphone, regarde ses messages, Vinh a tenté de la joindre pendant qu’elle était au restau avec Sébastien. Il n’a pas laissé de message. Allume son ordinateur sur la table de la cuisine. Ouvre un paquet de bonbons, en mange une pleine poignée (puisqu’ils sont là, autant en profiter… Et plus de doute possible, maintenant. Ce paquet lui était bien destiné). Aucun mail ne vient expliquer ce mystère. Et si elle appelait Vinh ? Sa réunion ne va pas tarder à commencer, ça lui fera plaisir d’entendre une voix amie. Il doit être stressé. Est-ce qu’il a trouvé un plan d’action à présenter à Argerich, pour le projet Huysmans ? Elle pourrait lui raconter le coup des bonbons… Ça le fera rire. Peut-être.
Ça ne va pas, ma fille ? Il est minuit vingt. Le temps d’aller dormir. Demain, elle travaille. Au lit, maintenant.
L. L. Kloetzer - Cleer, une fantaisie corporate, 2010
Vous avez deviné - les bonbons, c'est louche, c'est un indice. Il va se passer quelque chose, mais quoi ? Et pour vous, quand vous reprendrez le cours non-festif de la vie quotidienne, voire professionnelle - que va-t-il se passer ? Oui, que va-t-il bien se passer ?