16/03/2025

Les fleurs sont de retour

 

L'autrice de ce récent article, citant une chanson bien connue, me rappelle ce vieux post du 5 septembre 2008, que je republie presque tel que. Hé oui, elles sont de retour.

 

 

Mikhaïl Alexandrovitch Cholokhov (1905-1984)
photographié en 1938

 

Mikhaïl Cholokhov, le seul homme à avoir reçu à la fois le prix Nobel et le prix Staline de littérature, fut accusé par Soljénitsyne de n'avoir pas vraiment écrit Le Don paisible - et de l'avoir volé, en partie ou non, à Fiodor Krioukov ou à Vinyamin Alekséiévitch Krasnouchkine. Depuis que l'étoile de Soljénitsyne a un peu pâli, et que le manuscrit original du Don a été découvert et analysé, on a toutes raisons de penser que le livre est bien de la main de Cholokhov.

 

 

Ce qui n'a jamais fait de doute en revanche c'est que Tikhiy Don, saga de cavaliers cosaques qui suit la famille Melekhov depuis le début du XXème siècle jusqu'à la guerre civile entre Rouges et Blancs, fait partie des plus grands romans qu'ait produits une littérature qui n'en fut pas avare.

 

 

Étrange roman assez éloigné du réalisme socialiste - le dogme n'était d'ailleurs pas en vigueur quand il fut écrit - avec son héros peu positif qui se bat d'abord chez les blancs, puis avec les rouges, et enfin pour lui seul. Cholokhov essaiera ensuite de se couler dans le moule en écrivant Terres défrichées - mais il butera entre autres problèmes sur la famine ukrainienne et les persécutions contre les paysans. Il écrira à Staline pour protester, sera quelque peu inquiété par le NKVD, puis capitulera, finissant président de l'Union des écrivains, y ayant perdu son génie. Mais ne lui jetez pas la première pierre, Soljénitsyne l'a déjà fait.

 

 

 

Le Don paisible, surtout dans sa première partie, décrit la vie rurale cosaque dans la région natale de l'auteur, autour de Véchenskaya. Il contient de nombreux chants populaires qui doivent leur survie à Cholokhov. L'un d'eux dit en ukrainien :

А где ж гуси?
В камыш ушли.
А где ж камыш?
Девки выжали.
А где ж девки?
Девки замуж ушли.
А где ж казаки?
На войну пошли …


Où sont passées les oies ? - Elles ont couru dans les roseaux
Où sont passées les fleurs ? - Les filles les ont cueillies
Où sont passées les filles ? - Elles ont pris un mari
Où sont passés les maris ? - Ils sont partis pour la guerre...



En 1955 le folksinger Pete Seeger fut convoqué (subpoenaed) par la HUAC, la commission des activités anti-américaines du sénateur Mc Carthy, et refusa de témoigner sur ses liens éventuels avec le Parti Communiste Américain, de donner des noms et même d'invoquer le cinquième amendement, ce qui l'exposait aux peines les plus lourdes que pouvaient encourir les suspects comme lui. Et de fait il fut condamné en 1961 à 10 ans de prison pour outrage à la Cour - verdict annulé en appel l'année suivante.

C'est pendant ces années passées sous la menace d'une incarcération qu'il retrouva un jour dans un carnet la citation du Don paisible et qu'il y ajouta trois mots "long time passing" qui le hantaient comme une scie musicale. Where have all the flowers gone était né. Seeger la retravailla avec Joe Hickerson, qui ajouta les deux couplets finaux. Le Kingston Trio la reprit puis Peter, Paul & Mary, et Joan Baez. Et en 1962 Marlene Dietrich chanta la version française au gala de l'UNICEF à Paris, puis la version allemande. Where have all the flowers gone n'était déjà plus une chanson - mais un hymne international.

Marlene Dietrich enregistre la version française en Mai 1962. En Algérie, la guerre civile à trois fait rage entre l'OAS, le FLN et l'armée française. La France ne reconnaît officiellement la République Algérienne que le 5 juillet de cette année-là.

À cette même date, les conseillers militaires (military advisers) américains sont déjà 12.000 au Sud Viêt-Nam, y compris les forces spéciales - les Green Berets. L'année suivante, le fameux cable 243, envoyé sans l'aval de Kennedy par l'aile dure de l'administration américaine, donne le champ libre aux généraux sud-vietnamiens pour un coup d'état militaire. Le président Ngo Dinh Diem et son frère sont assassinés le 2 Novembre 1963, vrai début de la seconde guerre du Viêt-Nam. Vingt jours plus tard, à Dallas, Kennedy est assassiné lui aussi.

Where have all the flowers gone charrie avec elle une bonne partie de l'histoire du XXème siècle, et même plus. Tout le passé cosaque, la guerre de 14, la révolution d'Octobre et la guerre civile russe à travers Cholokhov. La seconde guerre mondiale, à travers Dietrich et le quiproquo qui lui a fait endosser Lili Marlene à la place de Lale Andersen, ce quiproquo qu'elle exorcisait, d'une certaine façon, avec Sag mir,

...avec en arrière-fond la guerre froide à travers Seeger et la HUAC. Et en prolongement le Viêt-Nam, bien sûr.

Cette année-là, où Dietrich chante Where are all the flowers gone, Lyndon Baines Johnson devient président des Etats-Unis, le 22 novembre 1963. Le Viêt-Nam n'est pas sa priorité - sa priorité c'est la Great Society. Mais les guerres vous changent. Viennent en Août 1964 les deux incidents du Golfe du Tonkin. On ne sait pas trop ce qui s'est passé les 2 et 4 Août de cette année là sur l'USS Maddox, particulièrement le 4. Ce qu'on sait, c'est que la marine américaine voulait dire des choses simples, que le président Johnson voulait entendre des choses simples, et qu'il allait être très bientôt en campagne électorale. Le 4 au soir, il parle à la télévision. Le 7, le Congrès américain vote le Gulf of Tonkin statement qui autorise Johnson à engager des opérations militaires sans déclaration de guerre préalable. Le reste est largement connu.

Le reste du reste, nous le connaissons aussi. Les présidents veulent entendre des choses simples, les généraux leur disent des choses simples et les peuples écoutent des choses de plus en plus simples, à la télévision.

Where have all the flowers gone est une chanson qui se rappelle à votre souvenir chaque fois qu'une guerre envoie au loin mourir des jeunes gens. Creusez les motifs, vous trouverez des mensonges. Les tombes et les fleurs, elles, sont vraies. Et voici Marie-Magdalene Dietrich (1901-1992), dite Marlene, chantant en allemand une vieille chanson cosaque.
 
 
Sag mir, wo die Blumen sind ? - version allemande chantée par Marlene Dietrich
 
 
...et, pour ceux qui ne parleraient pas allemand, je rajoute la version anglaise (ah oui, la française est ici) :

Sag mir, wo die Blumen sind
Wo sind sie geblieben?
Sag mir, wo die Blumen sind
Was ist geschehn?
Sag mir, wo die Blumen sind
Mädchen pflückten sie geschwind
Wann wird man je verstehn?
Wann wird man je verstehn?
 
Where have all the flowers gone?
Long time passing
Where have all the flowers gone?
Long time ago
Where have all the flowers gone?
Young girls picked them every one
When will they ever learn?
When will they ever learn?

Sag mir, wo die Mädchen sind
Wo sind sie geblieben?
Sag mir, wo die Mädchen sind
Was ist geschehn?
Sag mir, wo die Mädchen sind
Männer nahmen sie geschwind
Wann wird man je verstehn?
Wann wird man je verstehn
?

 
Where have all the young girls gone?
Long time passing
Where have all the young girls gone?
Long time ago
Where have all the young girls gone?
Gone to young men every one
When will they ever learn?
When will they ever learn?

Sag mir, wo die Männer sind
Wo sind sie geblieben?
Sag mir, wo die Männer sind
Was ist geschehn?
Sag mir, wo die Männer sind
Zogen fort, der Krieg beginnt
Wann wird man je verstehn?
Wann wird man je verstehn?

 
Where have all the young men gone?
Long time passing
Where have all the young men gone?
Long time ago
Where have all the young men gone?
Gone for soldiers every one
When will they ever learn?
When will they ever learn?

Sag, wo die Soldaten sind
Wo sind sie geblieben?
Sag, wo die Soldaten sind
Was ist geschehn?
Sag, wo die Soldaten sind
Über Gräber weht der Wind
Wann wird man je verstehn?
Wann wird man je verstehn?

 
Where have all the soldiers gone?
Long time passing
Where have all the soldiers gone?
Long time ago 
 Where have all the soldiers gone?
Gone to graveyards every one
When will they ever learn?
When will they ever learn?

Sag mir, wo die Gräber sind
Wo sind sie geblieben?
Sag mir, wo die Gräber sind
Was ist geschehn?
Sag mir, wo die Gräber sind
Blumen wehn im Sommerwind
Wann wird man je verstehn?
Wann wird man je verstehn?

 
Where have all the graveyards gone?
Long time passing
Where have all the graveyards gone?
Long time ago
Where have all the graveyards gone?
Covered with flowers every one
When will we ever learn?
When will we ever learn?

 
Sag mir, wo die Blumen sind
Wo sind sie geblieben?
Sag mir, wo die Blumen sind
Was ist geschehn?
Sag mir, wo die Blumen sind
Mädchen pflückten sie geschwind
Wann wird man je verstehn?
Wann wird man je verstehn?

Where have all the flowers gone?
Long time passing
Where have all the flowers gone?
Long time ago
Where have all the flowers gone?
Young girls picked them every one
When will they ever learn?
When will they ever learn?


 

15/03/2025

La vie privée des choses : en suivant Schrödinger

 

Nils Berglund (vidéo) & Duke Jamal (musique) - Vue paysage d'une solution de l’équation de Schrödinger pour un atome d’hydrogène quantique bidimensionnel
Mis en ligne par Nils Berglund

 

 

On trouvera quelques explications supplémentaires par ici et, toujours à ce propos, un hommage à Ursula Le Guin, par là.

 

Cela dit, voir aussi, à propos de Schrödinger, déjà.

14/03/2025

Les vacances du bestiaire : en s'en passant


Chris Austin Willingly - Do without the Necessities
Gouache sur bois

 

12/03/2025

Les vacances du bestiaire : Bressler-Roth


Norbertine Bressler-Roth - Flamands, 1935
Huile sur jute
Via

10/03/2025

À l'Ouest, rien de nouveau : Ilya Répine


Ilya Répine - Дезертир / Déserteur, 1917
Musée de Vitebsk, Biélorussie

09/03/2025

L'art de la lecture : le bar du coin


Kevin Cunningham - Brian Sewell: Today’s Review, Tomorrow’s Fish and Chips Paper
Huile sur toile
 
 
 
Brian Sewell (1931-2015) fut le critique d'art très sarcastique et très posh de l'Evening Standard, quotidien qui ne lui survécut que neuf petites années. Il fut aussi un ami - et un des derniers soutiens - d'Anthony Blunt, le maître-espion de l'histoire de l'art.
 
Et oui, on croit écrire pour la postérité mais on écrit pour les Fish & Chips.
 
De Kevin Cunningham, voir aussi sa série Dogs in famous paintings.



27/02/2025

Finding pathos in dogs


Frédéric Lenormand - Thursday. March to Work & Report to the Boss
Via

 

 


 

 

Wolves a été écrit en 1934. Et que, dans ces temps troublés, le Larkin Oxford Book soit mon bréviaire...

22/02/2025

Clifford Hall, deux fois


Clifford Hall - Fascist March, 1934
 

 
Clifford Hall - Trubka and his Tigers, 1937
 
 
Source pour ces deux images. Et de Clifford Hall, déjà.

20/02/2025

En ce moment, par exemple


 

En ce moment, par exemple, en 1984 (si c’était bien 1984) l’Océania était alliée à l’Estasia et en guerre avec l’Eurasia. Dans aucune émission publique ou privée il n’était admis que les trois puissances avaient été, à une autre époque, groupées différemment. Winston savait fort bien qu’il y avait seulement quatre ans, l’Océania était en guerre avec l’Estasia et alliée à l’Eurasia. Mais ce n’était qu’un renseignement furtif et frauduleux qu’il avait retenu par hasard parce qu’il ne maîtrisait pas suffisamment sa mémoire. Officiellement, le changement de partenaires n’avait jamais eu lieu. L’Océania était en guerre avec l’Eurasia. L’Océania avait, par conséquent, toujours été en guerre avec l’Eurasia. L’ennemi du moment représentait toujours le mal absolu et il s’ensuivait qu’aucune entente passée ou future avec lui n’était possible.

George Orwell - 1984

15/02/2025

Opposite Side


Walter Richard Sickert - The Music Hall ou The P.S. Wing in the O.P. mirror, 1889

 

P.S. Wing, c'est le Prompt Side, le côté cour, et O.P. Wing, l'Opposite Side, côté jardin, où on voit l'artiste, dans le miroir. Sickert, tout comme Degas qu'il connaissait bien, est un maître du décadrage.

La scène se déroule à l'Old Bedford Music Hall, Camden street.

 

 
 

14/02/2025

Dessine-moi un spectacle


Walter Bayes - Oratio obliqua, 1918
Manchester Art Gallery 
 
 
 
Oratio obliqua, c'est le style indirect, en latin, ce qui a probablement à voir avec la position de l'artiste, sur le côté (1), dépeignant le spectacle. Mais aussi peut-être avec un art, la peinture, aux prises avec un autre art - le cinéma.
 
(1) Un procédé qu'affectionnait Sickert, que Bayes connaissait bien.

13/02/2025

La dystopie n'est plus ce qu'elle était


 

 

Jusqu'ici une certaine paresse intellectuelle me poussait à classer les bouquins de ce genre dans les dystopies climatiques. Certains  événements récents m'obligent à changer cette habitude. Non, le réel va beaucoup plus vite...

 



...et les romans ont du mal à courir après. Verrai-je un jour Le déluge (1) dans le rayon Romans optimistes (2) de ma librairie préférée ? Une chose est sûre, le grand show technofasciste n'a pas fini de nous étonner, voire de nous inciter à la réflexion.
 
 
 
(1) Pas mauvais, au demeurant. Selon une expression consacrée, il se lit comme un roman. Le gars vit à Los Angeles et dans le livre il brûle la ville, entièrement, de la page 421 à la 453.
 
(2) Oui, ils en ont un, il faut bien vivre, mais ils préfèrent écrire ça en haut du casier, plutôt que feel-good lit.

12/02/2025

L'art au travail, et sans : Horton


Percy Horton - Postman, 1926
 

 

Percy Horton - Unemployed man
Sheffield Museums

11/02/2025

All unquiet on the Western Front


Terence Davies - Benediction / Les carnets de Siegfried, 2021
 
 
 
 
Vu enfin hier soir, et T.D. va nous manquer encore plus. 
 
L'occasion de rappeler qu'une bonne partie de l'œuvre sassoonienne, notamment les poèmes, est librement accessible par là. En français, à ma connaissance seul
 
 

 
a été traduit, la dernière fois par ici.

10/02/2025

L'art de la fenêtre : d'hiver


Jef Bourgeau - Winter's Window, n.d.
Aquarelle
 
 
Throughout the afternoon I watched them there,
Snow-fairies falling, falling from the sky,
Whirling fantastic in the misty air,
Contending fierce for space supremacy.
And they flew down a mightier force at night,
As though in heaven there was revolt and riot,
And they, frail things had taken panic flight
Down to the calm earth seeking peace and quiet.
I went to bed and rose at early dawn
To see them huddled together in a heap,
Each merged into the other upon the lawn,
Worn out by the sharp struggle, fast asleep.
The sun shone brightly on them half the day,
By night they stealthily had stol’n away.

 

John Nash - The garden under snow
Huile sur toile 
 
 
And suddenly my thoughts then turned to you
Who came to me upon a winter’s night,
When snow-sprites round my attic window flew,
Your hair disheveled, eyes aglow with light.
My heart was like the weather when you came,
The wanton winds were blowing loud and long;
But you, with joy and passion all aflame,
You danced and sang a lilting summer song.
I made room for you in my little bed,
Took covers from the closet fresh and warm,
A downful pillow for your scented head,
And lay down with you resting in my arm.
You went with Dawn. You left me ere the day,
The lonely actor of a dreamy play. 
 
Claude McKay - The Snow Fairy, 1922 (in Harlem Shadows)
 
 
 

09/02/2025

Ronde de nuit : Camberwell


David Hepher - Camberwell Flats by Night, 1983
Guildhall Art Gallery
 
 
 
Dans la vieille maison de droite, à la troisième fenêtre du dernier étage, quatre fantômes qui furent un jour résidents de Camberwell prennent un thé fuligineux. Karl Marx, Enid Blyton et Ida Lupino discutent à bâtons rompus des rapports entre le capitalisme, la littérature pour enfants et le cinéma. Karl et Enid s'engueulent, Ida tente de les réconcilier. Dans un coin de la pièce, Muriel Spark prend des notes qui s'effacent au fur et à mesure qu'elle les écrit. Les résidents des nouveaux flats, en face, ne se doutent de rien, bien sûr.
 
 
 
Muriel Spark a écrit
 
 
 
alors qu'elle vivait à Camberwell, en 1959. Karl Marx, en revanche, n'y a habité que deux mois en 1855, mais cela a dû lui laisser un souvenir impérissable, puisqu'il revient hanter l'endroit. Quant à Ida Lupino, elle est née à Camberwell, tout comme Enid Blyton - on sait à quel point les spectres sont marqués par leur prime enfance.
 
Laissons-les à leurs controverses, mais avant de nous éclipser, remarquons, voletant au-dessus de leurs ectoplasmes, le plus gracieux des habitants de ces lieux, Nymphalis Antiopa appelé

 
 
 
Camberwell Beauty par les Anglais, qui l'ont découvert ici même, en 1746.

08/02/2025

À saisir


Dirk Nijland - 3 Voor 10, ca 1920 
Lithographie

L'art de la rue : Guermachev


Mikhaïl Markionovitch Guermachev - Le vieux Moscou, rue Arbat, nd
 

 

Ah, et à propos de l'Arbat, justement, déjà.

07/02/2025

C'est la fin de l'été


Kino - Кончится лето / L'été se termine
Mis en ligne par Omnistar East
 
 
...et ce n'est pas sur la plage. Moscou, 4 octobre 1993, après un été tendu. Les images sont (en partie) celles de l'assaut contre le Parlement russe. Ce qu'on désigne par euphémisme comme la crise constitutionnelle de 93 fut en fait un putsch présidentiel appuyé par une partie de l'armée, contre un parlement incendié à coups de canon par les chars T80 de la division Tamanskaïa. Des scènes de guerre civile et un bilan estimé entre 150 et 1500 morts (1).
 
On entend L'été se termine (2), une des plus belles chansons de Viktor Tsoï, qui était mort un peu moins de trois ans plus tôt, en Août.
 
(1) Pour ceux qui voudraient se pencher là-dessus en détail, voir par exemple ici.
 
(2) On en trouvera une traduction en français par ici. La chanson est reprise dans le film de Serebrennikov, Leto.

06/02/2025

05/02/2025

Quinzaine du spectacle (15 et fin) : Les entrées


Xavier J. Barile - 42nd St. Nocturne, 1953

 

 

C'est l'Apollo, 223 42ème rue Ouest, et il a été démoli en 1996. En 53 donc, on y projetait...


 
...Otto Preminger - The Moon is blue, 1953, Trailer
Mis en ligne par TheViewMonster

 

 

The Moon is blue (1) - qu'on peut voir en entier par ici mais sans sous-titres -  fut mis en scène deux fois par Preminger, la première au théâtre en 1951, la seconde au cinéma en 53. Le film dut affronter la censure et l'hostilité de la Legion of Decency catholique, suite à des entorses au Code Hays. La victoire de Preminger et la diffusion uncut du film fut une des premières victoires contre la bigoterie de la MPAA.

Le scandale fit évidemment du film un énorme succès, aidé par une publicité soigneusement calibrée, comme on le voit sur la marquise du cinéma : spiced with more than a dash of sex...

En fait, les accrocs faits au Code se limitaient au vocabulaire, on prononçait les mot virginité ou enceinte. Ce n'était pas la dernière fois que la censure et la pub allaient danser leur tango.


(1) Voir une critique plus détaillée par ici. Je m'inscris cependant en faux : le film est excellent si on le considère comme un des derniers feux de la screwball comedy.

04/02/2025

La quinzaine du spectacle (14) : L'estrade, et de l'action, enfin


Gabriel Jacques de Saint-Aubin - La parade du boulevard, 1760
Huile sur toile
National Gallery, Londres