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09/06/2026

San Francisco ? Saint-Valery-en-Caux ?

 


Colette Deréal - À la gare Saint-Lazare, 1962
 
 
 
Et les chats sont partis, ils passeront par la gare Saint-Lazare, ils n'iront pas à San Francisco et ils ne reviendront qu'à la fin du mois, prenez soin de vous par ces temps disruptifs.

15/05/2026

Notre nouvel hymne national



Walter Mehring - Emigranten Choral / Le choral des émigrants

 

 

C'est à la première étape de son voyage d'exil que Walter Mehring écrit le Choral des émigrants - « notre nouvel hymne national » écrit Hertha Pauli (1) dans ses souvenirs, La déchirure du temps. Emigranten choral est publié en 1934, alors que Mehring est à Paris.

Ce voyage, celui des exilés, réfugiés, émigrés, émigrants, immigrés, migrants - et à chaque fois le terme en dit plus long sur celui qui l'emploie pour désigner que sur ceux qui sont ainsi pointés du doigt - ce voyage est comme une monnaie à deux faces : d'un côté l'exil, de l'autre l'émigration.

Mais ici on chante d'abord le moment de l'émigration.

 

Je reprends, plutôt mot à mot, le texte du recueil Um euch zum Trotz, 1934 (dans le volume II de l’édition des poèmes par Christoph Buchwald - Staatenlos im Nirgendwo, Die Gedichte, Lieder und Chansons 1933-1974, Ullstein éd. 1984).

À noter que la version chantée par Ernst Busch est légèrement différente.


Emigranten Choral

Werft
    eure Herzen über alle Grenzen!
Und wo ein Blick grüßt, werft die Anker aus!
Zählt auf der Wandrung nicht nach Monden und nach Lenzen.
Starb eine Welt, ihr sollt sie nicht bekränzen!
Schärft
das euch ein und sagt „wir sind zu Haus!“
     Baut euch ein Nest!
     Vergeßt - Vergeßt
Was man euch aberkannt und euch gestohlen!
Kommt ihr von Isar, Spree und Waterkant :
Was gibt’s da heut zu holn?
    Die ganze Heimat und
        Das bißchen Vaterland
Die trägt der Emigrant
Von Mensch zu Mensch - von Ort zu Ort
An seinen Sohl’n, in seinem Sacktuch mit sich fort.


Choral des émigrants 

Lancez
    vos cœurs par-delà les frontières !
Et là où un regard vous salue, jetez l'ancre !
Dans vos errances, ne comptez pas les lunes et les printemps.
Si un monde est mort, ne le coiffez pas d’une couronne !
Comprenez bien ça
et dites : « Nous sommes chez nous ! »
    Construisez-vous un nid !
    Oubliez – oubliez
Ce qui vous a été pris, volé !
Que vous veniez de l'Isar, de la Spree, de la côte du Nord
(2) :
Qu’y a-t-il à en tirer aujourd'hui ?
    Tout son pays
        Et son petit bout de patrie
L’émigrant les emporte
Chez l’un chez l’autre - ici et là
Collés à ses semelles et dans son baluchon.



Mémorial des livres brûlés à Bonn :
Lesezeichen (3) de Walter Mehring et de son livre Paris in brand (4)


Tarnt
    euch mit Scheuklappen - mit Mönchskapuzen:
Den Schädel drunter wird man euch zerbeuln!
Ihr werdt euch doch die Schädel drunter beuln!
Ihr seid gewarnt: das Schicksal läßt sich da nicht uzen -
    Wir wolln uns lieber mit Hyänen duzen
    Als drüben mit dem Volksgenossen heuln!
Wo ihr auch seid:
    Das gleiche leid
Auf’ner Wildwestfarm - einem Nest in Poln
Die Stadt, der Strand, von denen ihr verbannt:
Was gibt da noch zu holn?
Die ganze Heimat und
    das bißchen Vaterland
Die trägt der Emigrant
Von Mensch zu Mensch - von Ort zu Ort
An seinen Sohl'n, in seinem Sacktuch mit sich fort.


Vous aurez beau
    vous mettre des œillères - ou des capuches de moines :
On vous cassera le crâne !
Vous vous fracasserez le crâne !
Vous êtes prévenus : on ne triche pas avec le destin -
    Mieux vaut tutoyer les hyènes
    que hurler là-bas avec les compatriotes
(5) !
Où que vous soyez :
    C’est la même souffrance
(6).
Dans une ferme du Far West - un nid en Pologne
la ville, la plage d'où vous avez été bannis
Qu’est-ce qu’il y a-à en tirer aujourd'hui ?
Tout son pays
    Et son petit bout de patrie
L’émigrant les emporte
Chez l’un chez l’autre - ici et là
Collés à ses semelles et dans son baluchon.


 
Georg Salter - Ill. de couverture pour Walter Mehring, L'arche de Noé S.O.S., "nouveau recueil de chansons
réconfortantes" 
S. Fischer éd. Berlin 1931, première édition originale partiellement détruite par les nazis.


Werft
    eure Hoffnung über neue Grenzen -
Reißt euch die alte aus wie'n hohlen Zahn!
Es ist nicht alles Gold, wo Uniformen glänzen!
Solln sie verleumden - sich vor Wut besprenzen -
Sie spucken Haß in einen Ozean!
    Laßt sie allein
    Beim Rachespein
Bis sie erbrechen, was sie euch gestohln
Das Haus, den Acker - Berg und Waterkant.
Der Teufel mag sie holn!
    Die ganze Heimat und
    das bißchen Vaterland
Die trägt der Emigrant
Von Mensch zu Mensch - landauf
    landab
Und wenn sein Lebensvisum abläuft
    mit ins Grab.



Lance
    tes espoirs par-delà des frontières nouvelles –
Arrache les anciennes comme une dent creuse !
Tout n'est pas or, là où brillent les uniformes !

Qu'ils calomnient – qu'ils s'aspergent de rage –
Qu'ils déversent leur haine dans l'océan !
    Laisse-les tout seuls
    Cracher leur vengeance
Jusqu'à ce qu'ils vomissent ce qu'ils t'ont volé
La maison, le champ - la montagne et la côte du Nord.
Que le diable les emporte !
    Tout son pays
    Et son petit bout de patrie
L’émigrant les emporte
Chez l’un chez l’autre - par ci
    par là
Collés à ses semelles et dans son baluchon.
Et quand son visa de vie expire
    il les emporte avec lui dans la tombe (7).
 
 

 
Ill. de couverture pour Walter Mehring - Westnordwestviertelwest / Ouest-Nord-Ouest quart Nord-Est, 1925



(1) À propos de Hertha Pauli, voir mon billet du 6 mai, entre autres.

(2) Waterkant : la côte allemande de la mer du Nord.

(3) Le mémorial du brûlement des livres (Bücherverbrennung) du 10 mai 1933, place du marché à Bonn, comprend 60 dos de livres appelés Lezeseichen, marque-pages, insérés dans la chaussée à la manière des Stolpersteine. Il existe également un mémorial à Berlin, Bebelplatz, sous une autre forme : la bibliothèque engloutie.

(4) Thriller politico-humoristique qui, entre XVIIème et XXème siècle, sauvait d'un regrettable oubli la mystique et réformatrice Antoinette Bourignon.

(5) Volksgenossen - camarades du peuple, terme utilisé par les nazis pour désigner les personnes de "sang allemand", les seules à mériter de faire partie de la Volksgemeinschaft, la communauté du peuple - la nation racialement définie. Cette notion était vouée à inclure, au-delà des frontières de 33, les Volksgenossen tels que les Autrichiens, Allemands des Sudètes, etc. et, à l'intérieur, à exclure les juifs, tziganes... (liste à compléter au bon vouloir du Guide) auxquels était réservé un statut inférieur voire, in fine, la chambre à gaz. Je traduis Volksgenossen par compatriotes faute de mieux (mais si le terme exactement équivalent existait en français, ce ne serait pas vraiment un "mieux").

« Plutôt tutoyer les hyènes que hurler avec les nazis », je m’exclame, en reprenant les vers du « Choral des Émigrants » de Mehring, notre nouvel hymne national :

Tout son pays et un p’tit bout de patrie
L’émigrant l’emporte avec lui
D’hôte en hôte – de porte en porte
Sous ses semelles, dans son fourbi…

Hertha Pauli - La déchirure du temps, ch. 2 "les petits hôtels", trad. Elisabeth Landes comme dans les notes à la suite.

(6) « Au nom de nous tous » – le 9 juin nous postons le télégramme à Thomas Mann. Il n’arrivera nulle part et ne servira à rien, pense Ernst Weiss. N’empêche qu’il signe tout de même l’appel au secours. L’action commune resserre nos liens, le cercle déchiré se ressoude. Je suis reconnaissante d’être admise dans cette « communauté de destin ». C’est une consolation, une sorte de patrie intérieure.

« Où que vous soyez, vous souffrez », dit le « Choral des émigrants » de Mehring. Nous sommes un tout.

Et même si notre appel devait demeurer sans réponse, nous aurons posé la question, et désormais nous avons quelque chose de concret à attendre…

Hertha Pauli - La déchirure du tempsch. 7 "Au nom de nous tous", à propos de l'envoi du télégramme à Thomas Mann qui fut à l'origine de l'Emergency Rescue Committee.

(7) Le prêtre hongrois qu’a déniché la mère d’Ödön a, pour sa part, sur lui, une petite motte de sa terre natale qu’il veut déposer dans la tombe.

« Tout son pays et un p’tit bout de patrie, l’émigré l’emporte avec lui, d’hôte en hôte, par monts et par vaux, et au tombeau, quand expire son visa de vie », avait écrit Walter Mehring dans son « Choral d’émigrés ». Assis entre Wera et moi, Walter, à présent, se tait.
 
Hertha Pauli - La déchirure du tempsch. 3 "Champs Élysées" - elle raconte l'enterrement d'Ödön von Orvath.


19/03/2026

27/02/2026

In & Out


Louis Stettner - Odd man in, Penn Station, New York, 1958
 

 


 

Carol Reed - Odd man out, 1947

20/02/2026

Ronde de nuit : Solitude


O. Winston Link - NW1350 Solitude Siding, Arcadia, Virginia, 1957

 

O. Winston Link photographiait des trains, toujours des trains, le plus souvent la nuit. Il les a photographiés plus de 2.000 fois.

La Solitude Road et la voie de chemin de fer longent la James River en amont de Lexington, au pied des Appalaches.

La James River était originellement nommée Powhatan par les Algonquins - ce qui la relie à un épisode fondateur de la colonisation du territoire actuel des Etats-Unis.

 

06/02/2026

Transports en commun : des millions de personnes


Dimitri Anatolevitch Boulanov - Lue par des millions de personnes : la publicité dans le tram ! 1927
Affiche
 

On pourra prendre ici connaissance des dernières nouvelles reçues de Dimitri Boulanov, arrêté en 1941 par le NKVD.
 

15/01/2026

Transports en commun : Walker Evans



Walker Evans -  Subway Portrait,  New York, 1938, de la série Many are called


 

 
 

29/12/2025

Un florilège de fin d'année : l’écho qu’elle laissait derrière elle faisait songer au temps qui s’écoule

 

 


 

C’était le vingt-neuf décembre. Oki se rendait à Kyôto pour y entendre les cloches de fin d’année. 
 
Depuis combien d’années, la veille du jour de l’An, Oki avait-il pris l’habitude d’écouter, retransmis par la radio, le carillon des cloches annonçant le passage d’une année à l’autre ? Depuis quand cette émission existait-elle ? Oki, probablement, n’avait jamais manqué de l’écouter, ainsi que les commentaires des speakers qui présentaient, les unes après les autres, les célèbres cloches des vieux monastères disséminés à travers le pays. Comme l’année révolue allait céder sa place à l’année nouvelle, les présentateurs étaient enclins dans leurs commentaires à prononcer de belles phrases sur un ton de déclamation. Marquant de longs temps d’arrêt, la vieille cloche d’un monastère bouddhique sonnait, et l’écho qu’elle laissait derrière elle faisait songer au temps qui s’écoule et incarne l’âme du vieux Japon. Aux cloches des monastères situés dans le nord du pays succédaient les cloches de Kyûshû, mais chaque veille du jour de l’An s’achevait avec les cloches des monastères de Kyôto. Les monastères étaient si nombreux à Kyôto que la radio diffusait parfois les sons mêlés de cloches innombrables.
 
 

 

Le soir du nouvel an, à minuit, les cloches des monastères bouddhistes du Japon sonnent 108 coups (1) pour purifier le cœur des fidèles des 108 désirs qui causent la souffrance humaine. Cela dit, ce n'est pas parce que l'on aime écouter les carillons qu'on est forcément libéré des 108 variations des Kleshas - surtout si on profite du voyage pour ranimer un amour de jeunesse. C'est ce que va vérifier Oki Toshio à la fin du roman. Vous êtes prévenus : le temps qui s'écoule ne revient pas - il faut en croire les romanciers, ce sont des experts en funestes penchants.


Au même moment, sa femme et sa fille confectionnaient dans la cuisine divers mets pour fêter le Nouvel An, mettaient un peu d’ordre dans la maison, préparaient leurs kimonos ou arrangeaient des fleurs et tandis qu’elles vaquaient à leurs occupations, Oki s’asseyait dans le salon et écoutait la radio. Pendant que les cloches sonnaient, il jetait, non sans émotion, un regard en arrière sur l’année qui se terminait. Selon les années, l’émotion qu’il éprouvait se révélait violente ou douloureuse. Parfois, le regret et la tristesse le déchiraient. Mais le tintement des cloches trouvait toujours un écho dans son cœur, même lorsque la sentimentalité qu’il discernait dans les propos comme dans la voix des speakers le dégoûtait. Et c’est pourquoi l’idée de se rendre à Kyôto un trente et un décembre afin d’y écouter directement, et non plus par l’intermédiaire de la radio, les cloches des vieux monastères le tentait depuis de longues années.

Yasunari Kawabata - Tristesse et beauté, 1961-65
trad. Amina Okada
 
 
 
(1) Enfin, en principe... Les moines vieillissent et sont de moins en moins nombreux pour sonner les cloches, et le voisinage a tendance à se plaindre de la pollution sonore.

18/07/2025

Transports en commun : Hubbuch, encore


Karl Hubbuch - Der Strassenbahnschaffner / Le contrôleur, ca 1930
Huile sur panneau

 

06/02/2025

05/12/2024

Transports en commun : dans tes rêves


 
Eduard Ole - Reisijad/Passagers, 1929
Huile sur contreplaqué
Musée d'Art d'Estonie, Tallinn
 

03/12/2024

L'art de la lecture : Hurray for the bulldog


Benton Spruance - Bulldog edition, 1932
Gouache sur papier
 
 
Bulldog edition, c'est la toute première édition du matin, celle qui sort des presses, généralement, la veille au soir très tard. Comme le dit Charles Kane dans un film bien connu, pour signifier qu'il est onze heures et demie du soir, heure de New York (1) : Bulldog’s just gone to press. Et Susan lui répond :  Well, Hurray for the bulldog !


 
De Spruance, déjà.  
 
 
(1) Et non pas heure de Xanadu.

19/01/2023

Promenons-nous dans la ville futuriste, #3


Cyril Edward Power - The Escalator, 1930  
Linogravure

 

Dans la ville futuriste, on entre et sort du métro par des moyens mécaniques...

 


Cyril Edward Power - The Tube Staircase, 1929
Linogravure


...ou purement musculaires. Comme chez nous.

Mais aussi avec un mélange de précipitation et d'angoisse diffuse, qu'on soit seul - ou au milieu de la foule. Comme chez nous, aussi.



Cyril Edward Power - Whence and Whither ? ca 1930
Linogravure

 

18/01/2023

Promenons-nous dans la ville futuriste, #2


Cyril Edward Power - The Tube Station, 1932
Linogravure
 
 
Et dès qu'on a mis le pied sur le quai de métro de la ville futuriste, un premier constat s'impose : le futur ressemble au passé. Mais en plus mécanique, en mieux éclairé et en plus rapide. On pourrait même conjecturer que ce futur du passé ressemble à notre présent, mais cela nous mènerait de la conjecture au malaise - si nous sommes déjà dans le futur, quel est notre avenir, au juste ?
 
Oui, évitons de nous poser ce genre de question.
 
(à suivre)


 

17/01/2023

Promenons-nous dans la ville futuriste, #1



Cyril Edward Power - The tube train, 1934 
Linogravure

 

On peut arriver dans la ville futuriste par le métro, c'est même le moyen le plus pratique. Où l'on remarque d'ailleurs que le futur a abandonné les smartphones pour ce média avant-gardiste, biodégradable et disruptif : le papier.


(à suivre)

21/12/2022

Une semaine britannique #1 - On n'a perdu qu'un seul client


Thomas Cantrell Dugdale - Night, 1926 

 

"Only lost one customer - he died"

 

 

Thomas Cantrell Dugdale - The Underground, 1932

 

Et, pour la Noël, une semaine british. Pas anglaise, british. Parce qu'il y aura des Irlandais, et même une Irlandaise. 

Cantrell Dugdale était portraitiste et dessinateur sur tissus. Il a servi en Orient en 14-18, a peint une foultitude de militaires, fait des affiches de recrutement et aussi, plus intéressant, des scènes de genre comme ici ou comme celle qu'on verra demain.

02/12/2022

Transports en commun : bleu horizon, ciel rouge



Maximilien Luce - La Gare de l’Est sous la neige, 1917
 
 
 
par Joanna Grodecka, de la série Cityscapes
 

 

 

Et de Maximilien Luce, déjà.
 

19/11/2022

Transports en commun : la vie d'après et la magie


Eric Ravilious - N°29 Bus, 1934

 

Sur la façon dont un bus double-decker de type B des années 1910 avait échoué dans une arrière-cour de Bell Lane, Great-Barfield (Essex), on en saura un peu plus chez James Russell.

Et d'Eric Ravilious, déjà.

Et les chats ont pris le bus magique, ils sont partis...

 

The Who - Magic bus,
Live at Leeds, 14 février 1970
 
 
...ils reviendront dans une quinzaine de jours, peut-être... 


 

31/10/2022

L'art de la lecture : transports en commun (une semaine Hawkins, #1)


Harold Frederick Weaver Hawkins - Morning Underground, 1922
Huile sur toile

 

Hawkins (1893-1977) a vécu et peint en Angleterre, puis en France (à Saint-Tropez et La Seyne) et à Malte avant de s'installer définitivement en Australie. Les toiles de ses débuts, comme celle-ci, attestent de l'influence du Vorticisme anglais, avec, cependant, un souci de plus en plus grand d'une conception très architecturée.

 


Weaver Hawkins - Étude pour Morning Underground, 1922
 
 
Pour lui, l'art devait exprimer des choses vues ou imaginées en tant que conceptions ou constructions intellectuelles (1) afin de les recréer comme une synthèse et une unité.

 
 
Weaver Hawkins - Another day, 1954



Weaver Hawkins - Étude pour Another day, 1954
 
 
 
Après la seconde guerre cette démarche l'engage sur la voie d'un art à la fois réaliste et critique, notamment de la guerre, du militarisme et du péril nucléaire. Il produit alors des projets de peintures murales qui ne seront malheureusement pas réalisés (2), car trop à contre-courant des conventions de l'époque.

 
(1) "As conceived or built intellectually", Notes on art, Notebook 1/5, MS1994.3, Weaver Hawkins archive, Art Gallery of New South Wales Research Library and Archive, Sydney, cité par Alex Clark.
 
(2) Comme Atomic Power, 1947 ou Two minutes silence, 1953.