29/05/2015

L'art au travail : Tchoupiatov


Léonide Térentiévitch Tchoupiatov - Kрасильщик / Le teinturier, 1925
Via lilac 2012

28/05/2015

27/05/2015

L'art de la fenêtre : Lois Dodd, encore


Lois Dodd - Reflected Light on Brick Wall – December / Lumière réfléchie sur un mur de briques - Décembre, 2014 
Huile sur isorel
Via Hyperallergic


Et déjà.


26/05/2015

Ronde de nuit : Michiel Schrijver


Michiel Schrijver - Nightsquares, 2012

25/05/2015

Parcs et jardins : chez Pline


Pline l'ancien - Histoire naturelle, traduite en italien par Cristoforo Landino
Édition dite "Douce Pliny", 1476, Ch. XIV folio 163r, détail : lettrine
Bodléienne

24/05/2015

Ça fait tort à l'extase


Colette Renard - Avec les anges, 5 Mai 1966
Paroles d'Alexandre Breffort, musique de Marguerite Monnot
(d'Irma la douce, 1956)
Mis en ligne par catsascatscan

23/05/2015

Une petite chaussette pour l'été


Shaun Tan - Ne jamais laisser une chaussette rouge sur la corde à linge
in Les lois de l'été, 2012
Huile sur toile
Source : Shaun Tan via red-lipstick

22/05/2015

Portrait craché : Jules de Bruycker


Jules de Bruycker - Autoportrait
Via Amber Tree

21/05/2015

Im Westen nichts Neues : rien de nouveau non plus à l'état-major


William Nicholson - Canadian Headquarters Staff / Etat-major canadien, 1918
Huile sur toile
Musée canadien de la guerre
Source




Au fond, une immense photo aérienne de la Halle aux draps d'Ypres dévastée par les bombardements. Devant elle, cinq généraux et un major canadiens discutent de choses et d'autres, examinant vaguement une carte. L'un deux vérifie peut-être que le bout de ses bottes est convenablement ciré. Deux autres pensent visiblement à autre chose - le prochain repas ? 

Le spectateur est d'abord happé par l'image du fond, mais le papier qui y est collé la renvoie à son statut documentaire - la réalité ce sont ces gens qui attendent qu'on fasse leur portrait - l'autre, l'officiel - en s'ennuyant poliment, et que l'œil balaie de gauche à droite, suivant pour finir le regard du premier et du dernier de ces gradés, dans la même direction, on ne sait vers où. Car l'image la plus terrible de la guerre, ce n'est pas tant celle des destructions que celle de ces hommes qui donnent leurs ordres en regardant ailleurs. 

Plus de 4.000 soldats canadiens sont morts à la troisième bataille d'Ypres, dite bataille de Passchendaele, et plus de 12.000 y ont été blessés.

L'un des fils de Nicholson était mort au combat avant que l'artiste peigne ce tableau, qui répondait à une commande officielle. Il fut promptement relégué dans les caves du musée canadien de la guerre. Exhumé après des décennies, il est considéré comme le chef-d'œuvre de son auteur.

19/05/2015

L'art de la fenêtre : Evan Walters


Evan Walters - Hampstead through a Window, 1937
Via Lawrence Lee Magnuson

16/05/2015

Duos : Degas

Edgar Degas - Têtes d'une femme et d'un homme, ca 1887-80
Monotype

15/05/2015

L'art de la fenêtre : Gourmelin / Vidal


Jean Gourmelin - Les voisins
Via Vincent Souel





Cinta Vidal - Barrio, série Gravitant, 2015
Via cintapinta, CC-BY-NC-ND 3.0

14/05/2015

Je viendrai dans tes rêves (4) Le traître et la maman


Gustav Mahler - Kindertotenlieder, 3 : Wenn dein Mütterlein / Quand ta petite maman
Kathleen Ferrier, Orchestre philharmonique de Vienne
Mis en ligne par Addiobelpassato



"Dans un état de lourde oppression, apparemment lié à la maladie. Je participais aux adieux de Laval avant son exécution, dans un groupe assez nombreux. On aurait dit une réunion de famille, avec baisers et larmes. Je parlais moi aussi tranquillement avec le condamné; il portait du noir et une cravate blanche; cela me semblait de mon devoir. Juste avant que le cortège du bourreau se mette en marche, je fus pourtant terrassé par le sentiment de mon complet abandon. Je me dirigeai vers lui; mais il fallut d'abord que ceux qui l'entouraient le poussent du coude et attirent son attention sur moi. Je lui pris la main, je dis Au revoir, Pierre *; il me remercia. Le cortège marcha ensuite vers la profondeur sur une sorte de montagne russe artificielle. Il fallait l'observer encore une fois de très près, depuis plusieurs points différents. Mais je le perdis de vue dès la première étape - comme si le cortège s'était égaré sur la marche d'en-dessous. Ma mère, qui se trouvait comme moi parmi les parents venus faire leurs adieux, entonna en revanche d'une voix claire, jeune et très forte les Kindertotenlieder de Mahler, et plus précisément "Wenn dein Mütterlein". Je suivis toute la mélodie. Soudain, encore en rêve, le sens de la plainte funèbre m'apparut : Laval, c'était moi, un homme qui avait trahi l'esprit français pour l'esprit allemand. Je m'éveillai dans une terreur indescriptible, le pouls battant furieusement."

* En français dans le texte

Theodor W. Adorno - (Rêve fait à) Los Angeles, 4 février 1946
in Traumprotokolle, Suhrkamp Verlag 2005
Mes rêves, Stock éd. 2007, traduction française d'Olivier Mannoni, pp. 61-62



Adorno notait certains de ses rêves -  et Gretel, son épouse, les dactylographiait - en vue de publication "parmi un ensemble abondant". Cette publication, prévue en 1968 dans le volume 20.2 des Œuvres complètes, n'eut cependant pas lieu et attendit quelque trente-huit ans - rappelons qu'Adorno  est mort en 1969.


Ce sont les rêves d'un intellectuel - on y discute de Shakespeare et Karl Kraus, on croise Hans Eisler, Siegfried Kracauer, Gershom Scholem et Paul Tillich. On parodie Wagner, on visite Anatole France. De passage chez la duchesse de Guermantes, on fait même la causette avec Palamède. S'y ajoute un érotisme à la fois timide et précis - et des descriptions de bordels imaginaires, bureaucratiques et compliqués. Enfin, régulièrement, les multiples recettes d'Adorno rêveur pour exécuter Adorno : à la guillotine, bouilli dans un chaudron et même, une fois, crucifié...

Ce sont les rêves d'un membre des classes protégées qui n'habite pas les meublés sordides où logent d'autres émigrés, mais une maison de Santa Monica à côté de Sunset Boulevard, et à qui il arrive de fréquenter Chaplin ou Greta Garbo. Dans ces rêves passent quelques SA mais au loin, Hitler une seule fois  sur la période (1934 à 1969) et c'est à titre posthume. Le seul ennemi au pouvoir qui hante réellement ces rêves, le seul que l'on regarde dans les yeux, c'est Laval, donc.

Adorno - juif, marxiste, interdit d'enseignement en Allemagne, émigré dès 34, écrivant en ces années mêmes les analyses les plus pénétrantes du caractère autoritaire et de l'antisémitisme de masse - ne peut être soupçonné de sympathie à l'égard d'un Pierre Laval. Mais, on le comprend à la fin du récit, Laval n'est ici que le prête-nom du traître Adorno - et quel plus grand signe de culpabilité que de s'identifier au traître politique par excellence ? Une exécution de plus, donc, pour notre rêveur.

Comme disait le bon docteur, condensation et déplacement. Ecoutez comme de façon flottante : "lourde oppression - réunion de famille avec baisers et larmes - sentiment de mon complet abandon...Et si le condamné disparaît, lui qu'il faudrait pourtant observer de très prés - n'est-ce-pas l'observateur lui-même que l'on condamne, lui dont au même moment, la mère chante la mort.

Il y a peu de cauchemars aussi terrifiants que d'entendre sa mère chanter à l'intention de son propre fils les Kindertotenlieder - chansons des enfants morts. Si le père d'Adorno était juif allemand, négociant en vin, sa mère, Maria Calvelli-Adorno della Piana, était française (1), cantatrice - elle-même fille de musicienne - et d'une influence déterminante dans la vocation musicale de son fils (2). Maria Calvelli voulait que son fils conserve le nom d'Adorno, accolé à celui de son père - et c'est ainsi que T.W.A. signait ses premiers essais allemands : Theodor Wiesengrund-Adorno. Le piano à quatre mains, le Conservatoire Hoch, le premier quatuor à cordes composé en ces années d'étude, c'est le côté maternel et on peut supposer que c'est là, aussi, l'esprit français.




Theodor W. Adorno - Trois pièces courtes pour piano, 1934-1945 
1. Langsame halbe - Immer ganz zart  - 2. Heftige Achtel - 3. Presto 
 Steffen Schleiermacher, pianoforte
Peinture de Koloman Moser.
Mis en ligne par TheWelleszCompany


Faisons une hypothèse : l'esprit allemand, T.W. - dit familièrement Teddie - le rencontre dans ses années de lycée en la personne de Siegfried Kracauer. C'est Kracauer qui l'initie (3) aux lumières allemandes - les vraies, qui sont philosophiques et plus tard sociologiques : Kant, Hegel, Marx, Simmel, Weber... Sans oublier la petite annexe danoise (4). C'est ce sillon que creusera le jeune Teddie, qu'après tout nous connaissons comme philosophe bien plus que musicologue ou compositeur. Sillon qui se retourne sur lui-même au mitan des années 1940 dans les fragments sur la Dialectique des lumières - l'un des livres les plus silencieusement pillés par la suite et selon lequel, pour faire bref et caricatural, les Lumières portent en elles leur propre catastrophe. Double trahison, de l'esprit français (corse, italien...?) par l'esprit allemand, et de l'esprit allemand par lui-même.

Eh bien, chacun de nous ne bénéficie-t-il pas de cette double exposition, côté Guermantes et côté Méséglise, pourquoi donc cette angoisse et ces Kindertotenlieder ? Et pourquoi, surtout, au revoir Pierre et non pas adieu, le Pierre en question ayant été fusillé plus de trois mois avant ce rêve ? Dans quelles limbes pour traîtres Teddie compte-t-il rejoindre le sénateur-maire d'Aubervilliers ?

Faisons encore une hypothèse : on sait qu'en 1945 Adorno n'envisage pas le retour en Allemagne, et que c'est dans le courant de l'année 1946 qu'il commence à changer d'avis (5). Que par ailleurs 1946 est pour lui une année noire : accumulation de maladies, diabète, affection cardiaque, dépression, à quoi s'ajoute la mort de son père lui aussi réfugié aux Etats-Unis.  Que cette période correspond évidemment aussi à la découverte des camps et à la prise de conscience de l'extermination industrielle comme moment de la culture occidentale. Pour un intellectuel juif vivant aux Etats-Unis et devenu citoyen américain, que signifie la décision de revenir en Allemagne après Auschwitz et, sachant que ce retour découle chez Adorno d'une claire volonté politique, quel est le coût inconscient d'un tel acte de volonté (6) ?

Car Teddie reviendra; il connaîtra les épreuves successives des émigrés à rebours : la difficile récupération des biens confisqués, la réinstallation à l'université de Francfort "au titre des réparations" et l'isolement dans une RFA en proie, au mieux à l'oubli, au pire au déni forcené. Puis la reconnaissance, qui correspond à peu près à son quinquennat de président de l'association allemande de sociologie (63-68). Enfin le face-à-face paradoxal avec un mouvement étudiant dont il se sent solidaire en théorie mais dont la praxis le révulse (7). Déploiements de banderoles pendant les cours, insultes, ordre intimé aux professeurs de procéder au "démantèlement de la science bourgeoise", Adorno eut le temps de faire l'expérience des aspects les plus décisionnistes (8) du gauchisme étudiant de l'époque.

En 1967, à la Freie Universität de Berlin, Adorno prononce une conférence sur le classicisme de Goethe dans Iphigénie. Un groupe d'étudiants déploie une banderole (9) et distribue un tract traitant Adorno d'accessoire indispensable des manifestations culturelles et lui demandant de remplacer sa conférence par une discussion sur le soutien à apporter à Fritz Teufel. L'accessoire s'y refuse. A la fin de la conférence, une étudiant en minijupe verte essaie de remettre à Adorno un ours en peluche (un Teddy) rouge (10). 

L'histoire ne dit pas si Teddie entendit alors chanter sa mère, ni s'il se sentit une fois de plus condamné à mort et déclaré traître à tant de causes et d'esprits ainsi entrechoqués. Pendant l'année universitaire 68-69 les provocations continuent (11). Adorno écrit à Marcuse qu'il se sent dans un état d'extrême dépression. Il meurt d'un arrêt cardiaque le 6 août 1969.



Theodor W. Adorno - Etudes pour quatuor à cordes - 2ème mouvement
Leipziger Streichquartett
Mis en ligne par Hochdorff



Et à propos d'Adorno, déjà.



(1) Fille d'un officier corse, Jean-François Calvelli, qui fit campagne en Algérie sous Louis-Philippe avant de s'installer maître d'armes en Italie puis à Francfort - dans ses pérégrinations il avait transformé son nom en Calvelli-Adorno della Piana, ce qui permettait au jeune T. W. de se fantasmer en descendant des Doges de Venise ou des princes Colonna. Tirant le diable par la queue, Calvelli n'avait jamais pu amasser les 5000 florins requis pour acquérir la citoyenneté de Francfort ville libre d'Empire et, partant, la nationalité allemande. Il en fut de même pour sa fille restée française et Oskar Wiesengrund, le père de T. W., ne put conclure avec elle de mariage civil en Allemagne; il allèrent pour cela en Angleterre, comme les parents de Maria Calvelli.

(2) On oublie souvent qu'Adorno ne fut pas seulement philosophe, mais aussi compositeur.

(3) En commençant par une lecture à quatre mains de la Cripure.

(4) A ceux qui douteraient que Kierkegaard fût un représentant des lumières (et plus précisément un philosophe de la désaliénation) je conseillerais la lecture du livre de Jean Malaquais.

(5) Se référer aux diverses biographies du philosophe, basées en général sur la correspondance Adorno-Horkheimer. Voir p. ex. Stefan Müller-Doohm, Adorno, une biographie, Suhrkamp Verlag 2003 - Gallimard 2004; Detlev Claussen, Theodor W. Adorno, one last genius, Fischer Verlag 2003, Belknap Harvard University Press, 2008.

(6) Adorno revient en Allemagne fédérale en 1949; en 1955, son passeport venant à expiration, il renonce de fait à la nationalité états-unienne pour redevenir donc simple citoyen ouest-allemand. 

(7) "Prendre publiquement mes distances par rapport à l'opposition extraparlementaire me ferait apparaître comme un renégat, même s'il ressort de tout ce que j'ai écrit que je n'ai rien à voir avec le practicisme borné de ces enfants, qui est en train de virer à un affreux irrationalisme" - lettre de T. W. Adorno à Günter Grass, 4 novembre 1968. Grass, proche du SPD, demandait à Adorno de se ranger à ses côtés pour condamner les extraparlementaires. Adorno refuse.

(8) En propres termes adorniens, signifiant ainsi : les plus autoritaires, ce qu'il ne faisait pas faute de faire remarquer aux auteurs de ces interventions.

(9) "Berlin linke Faschisten grüssen Teddy den Klassizisten" - "les fascistes de gaudhe de Berlin saluent Teddy le classiciste".

(10) Cf. Stefan Müller-Doohm, op. cit. pp. 465-466 pour l'ensemble de la scène. Selon Rolf Tiedemann, cet événement représentait pour Adorno une rencontre avec la brutalité inaccoutumée pour lui et rappelant celles qu'il avait connues en 1933 lors de la perquisition policière à son domicile et à Berlin en assistant à un boycott antisémite.

(11) Pour le détail cf. Stefan Müller-Doohmop. cit. pp. 485-489.



13/05/2015

Ciel...


Petit matin, vent marin, en marchant vers le Liausson, 12 mai 2015

12/05/2015

L'art au travail : Palmer Hayden


Palmer Hayden - The Janitor Who Paints / Le concierge qui peint, ca 1930

11/05/2015

L'art du petit déjeuner : Grant Snider


Grant Snider - Monday morning
Via Incidental Comics






Et pendant ce temps-là...
...dans la Canopée, il n'y a pas que des aras, il y avait aussi Rabah S.

09/05/2015

Duos : au bord de la falaise


Mstislav Valérianovitch Doboujinsky - Le duel de Pétchorine et Groutchnitski
Via Amber Tree



– Groutchnitski, m’écriai-je, il en est encore temps ; rétracte tes calomnies et je te pardonne tout : tu n’as pas réussi à me tourner en ridicule et mon amour-propre est satisfait. Souviens-toi que nous étions bons amis…

Son visage s’enflamma, ses yeux brillèrent :

– Tirez ! répondit-il ; je me méprise et vous déteste. Si vous ne me tuez pas, je vous tuerai la nuit, dans quelque coin. Il n’y a plus place pour nous deux sur la terre…

Je tirai…

Lorsque la fumée se fut dissipée, Groutchnitski n’était plus sur la plate-forme. Une légère colonne de poussière tourbillonnait au bord de l’abîme.

Tous poussèrent un grand cri à la fois.

– E finita la comedia, dis-je au docteur.



Mikhaïl Lermontov - Un héros de notre temps, 1840


Bien sûr, le roman complet peut se trouver facilement ici.

Et de Doboujinsky déjà, ici et .

08/05/2015

Regarde la route : bis


Clémentine Mélois - Itinéraire bis
Via ventscontraires

07/05/2015

Tableaux parisiens : Cavalcanti


Alberto Cavalcanti - Rien que les heures, 1926
Mis en ligne par Doctor Ojiplático

06/05/2015

Transports en commun : Ederlezi


Ederlezi, chant tsigane pour la fête de Saint Georges 
Camélia Jordana, chant - les Glotte-Trotters, choeurs
Mis en ligne par Glotte Trotters



Sa o Rroma babo, E bakren cinen
A me coro, dural bešava.
Sa o Rroma daje, amaro dive(s)
Amaro dive(s), Ederlezi
Ediwado babo, amenge bakro
Sa o Rroma, ba-aaa-bo. E bakren cinen

Eeeeeeeej,
Sa o Rroma, babo babo,
Sa o Rroma, o daje,
Sa o Rroma, babo babo,
Eeeeeeeej, Ederlezi, Ederlezi,
Sa o Rroma daje.

Sa me amala, oro khelena
Oro khelena, dive(s) kerena.
Sa me amala, oro khelena
Oro khelena, rromano oro.

Sa o Rroma daje, amaro dive(s)
Amaro dive(s), Ederlezi
Sa o Rroma daje, avri bešena,
Avri bešena, a me khere bešava.





Tous les Rroms, papa, sacrifient les moutons
mais moi, pauvre tambour, je dois surveiller de loin
Tous les Rroms, maman, (c'est) notre jour de fête
Notre jour de fête, Ederlezi
Papa, un mouton pour nous.
Tous les Rroms, papa, sacrifient les moutons

Eeee...j,
Tous les Rroms, papa, papa
Tous les Rroms maman,

  Ederlezi, Ederlezi,
Tous les Rroms, maman.
Tous mes amis, dansent ensemble
Dansent ensemble, ils fêtent ce jour.
Tous mes amis, dansent ensemble
Dansent ensemble, la danse rrom.

Tous les Rroms, maman, (c'est) notre jour de fête
Notre jour de fête, Ederlezi
Tous les Rroms, maman, passent la journée dehors
Tandis que moi je reste à la maison.


Ederlezi est à l'origine une fête turque pré-islamique de l'arrivée du printemps, le 6 mai (environ 40 jours après l'équinoxe). Cette fête s'est répandue dans les Balkans sous la domination turque, pour les chrétiens elle est aussi connue comme fête de la Saint-Georges. Pour les Gitans, Ederlezi est le festival de tous les Roms "Sa (1) o Roma", chrétiens, musulmans ou autres.

En remerciant Tous aux Balkans.



(1) En langue romani Sa signifie Tout. Exemple : mudaripen : meurtre,  sa-mudaripen : holocauste.

05/05/2015

Les occupations solitaires : la pagaie


Winslow Homer - Paddling at dusk / Pagayage au crépuscule, 1892
Aquarelle et mine de plomb
Memorial Art Gallery, Rochester NY

04/05/2015

Louons maintenant les modèles : les intérieurs sont habités


Edouard Dantan - Un Moulage sur Nature, 1887



Adolph von Menzel - Mur d'atelier, 1872

03/05/2015

The cat's meow : encore un vieux succès des sixties


Jacques Marchais - La vie s'écoule, la vie s'enfuit
Paroles de Raoul Vaneigem, musique de Francis Lemonnier, 1961
Mis en ligne par rodolfoasx

02/05/2015

Le bar du coin : ronde de nuit (japonaise)


Plus de rythme et d'amis, 2014
Flyer japonais



The Seatbelts (Yoko Kanno - Mai Yamane) - Don't bother none
Mis en ligne par Haly13erry

01/05/2015

Tableaux parisiens : René Clair


René Clair - Paris qui dort, 1925
Mis en ligne par z iZ

30/04/2015

L'art de la fenêtre : Ginner


Charles Ginner - From a Hampstead Window, 1923 
Encre, aquarelle et mine de plomb sur papier
Via noisyvoid

29/04/2015

Fantômes à la rencontre : Lampedusa


Toumani & Sidiki Diabaté - Lampedusa 

Festival Mantras 19/02/2015

27/04/2015

L'art de la poste : Fragile Fuligule Fracasse


cliquer sur l'image pour l'agrandir
Envoi postal, avril 2015



Fuligule Nyroca, marais de Grée 
 Mis en ligne par accipihugo



Abel Gance - Le capitaine Fracasse, 1943
 Mis en ligne par cinemaetcie



26/04/2015

L'art au travail : Savignac


Raymond Savignac - Affiche Resistex, 1952
Via iconofgraphics

25/04/2015

Poésie illustrée : pendant que gyraient les slictueux toves...



Lewis Carroll - Jabberwocky - Kate Burton
du film Alice in Wonderland (Kirk Browning pour PBS,1983) 
Mis en ligne par Jonathan Dewbre


‘Twas brillig, and the slithy toves
Did gyre and gimble in the wabe;
All mimsy were the borogoves,
And the mome raths outgrabe.

“Beware the Jabberwock, my son!
The jaws that bite, the claws that catch!
Beware the Jubjub bird, and shun
The frumious Bandersnatch!”

He took his vorpal sword in hand;
Long time the manxome foe he sought —
So rested he by the Tumtum tree,
And stood awhile in thought.

And, as in uffish thought he stood,
The Jabberwock, with eyes of flame,
Came whiffling through the tulgey wood,
And burbled as it came!

One, two! One, two! And through and through
The vorpal blade went snicker-snack!
He left it dead, and with its head
He went galumphing back.

“And hast thou slain the Jabberwock?
Come to my arms, my beamish boy!
O frabjous day! Callooh! Callay!”
He chortled in his joy.

‘Twas brillig, and the slithy toves
Did gyre and gimble in the wabe;
All mimsy were the borogoves,
And the mome raths outgrabe.




Les toves slictueux dessinés par Tenniel, 1866





Il était grilheure; les slictueux toves
Gyraient sur l'alloinde et vriblaient:
Tout flivoreux allaient les borogoves;
Les verchons fourgus bourniflaient.

«Prends garde au Jabberwock, mon fils!
A sa gueule qui mord, à ses griffes qui happent!
Gare l'oiseau Jubjube, et laisse
En paix le frumieux Bandersnatch!»

Le jeune homme, ayant pris sa vorpaline épée,
Cherchait longtemps l'ennemi manziquais...
Puis, arrivé près de l'Arbre Tépé,
Pour réfléchir un instant s'arrêtait.

Or, comme il ruminait de suffêches pensées,
Le Jabberwock, l'oeil flamboyant,
Ruginiflant par le bois touffeté,
Arrivait en barigoulant.

Une, deux! Une, deux! D'outre en outre!
Le glaive vorpalin virevolte, flac-vlan!
Il terrasse le monstre, et, brandissant sa tête,
Il s'en retourne galomphant.

«Tu as donc tué le Jabberwock!
Dans mes bras, mon fils rayonnois!
O jour frabieux! Callouh! Callock!»
Le vieux glouffait de joie.

Il était grilheure; les slictueux toves
Gyraient sur l'alloinde et vriblaient:
Tout flivoreux allaient les borogoves;
Les verchons fourgus bourniflaient.


24/04/2015

L'avenir sera digital et humain, à la fois


Présentation du plan stratégique d'Orange France aux managers de la direction Centre-Est, 9 avril 2015
Via @Delphine Ernotte

23/04/2015

Baleines : rationalisées


Moby Dick (en 2 min. 49s.)
Adaptation: Pierre Senges 
 Avec : Laurent Lederer, Slimane Yefsah, Jean-Luc Vincent, et Louise Loubrieu. 
 La réalisation est signée SPIFR : Société de Production indépendante de fictions rationalisées.
Mis en ligne par LeMeilleur DesOndes

22/04/2015

L'art au travail : gloire arctique


Слава труду / Gloire au travail
Tiksi, côte de l'océan arctique, Yakoutie, Juillet 2012
Source : Anton Kolesnikov via fuckyeahplattenbau

07/04/2015

Voi ch'entrate...






Les chats rêvent, les chats hument les extérieurs, les chats repeignent leurs volets; les chats s'introspectent, les chats sont en vacances, retour dans une quinzaine; profitez du printemps.

06/04/2015

Je viendrai dans tes rêves (3) : plus tard j'irai chez Roy, Titi, Andy et Marylin






Wang Ziwei - Sans titre (Marylin & Mao), 2006
Acrylique sur toile



Longtemps après qu'ils ont disparu, que leurs mains ont lâché ta bride, ils restent affichés dans tes rues, statufiés sur tes places, appris à tes enfants.



Wang Ziwei - Sans titre  (Tête Marylin & Mao), 2006
Acrylique sur toile



Leurs médecins briseront le secret, leurs valets feront leurs confidences, les prisonniers libérés auront le temps, bref, d'un hurlement. Mais malgré tout ils resteront dans vos mémoires. Il seront comme les bornes, comme les stèles, immuables. Et quand on les briserait, d'autres les relèveront sans presque le vouloir, comme en rêve.




Wang Ziwei - Sans titre (Mao & Titi), 2006
Acrylique sur toile


Le ressentiment des contemporains, les frissons des enfants, la curiosité des petits-enfants - et, pour les artistes, sujet inépuisable. Ils ne disparaîtront pas, ils se mêleront à leur contraire, ils se fondront dans le futur sans perdre de l'âcreté du passé, ils s'évanouiront en laissant leur empreinte. Chaque jour vous prêterez l'oreille à leur silence et la nuit ils reviendront, dans vos rêves.





Et pendant ce temps-là...

05/04/2015

Je viendrai dans tes rêves (2) : la demi-heure de Monsieur S.


Charlotte Beradt - Das Dritte Reich des Traums / Rêver sous le troisième Reich 
Mise en scène de Thomas Desi, Zoon Musiktheater de Vienne, 2013 
Mis en ligne par ZOON Musiktheater


« Goebbels vient dans mon usine. Il fait se ranger le personnel à droite et à gauche. Je dois me mettre au milieu et lever le bras pour faire le salut hitlérien. Il me faut une demi-heure pour réussir à lever le bras, millimètre par millimètre. Goebbels observe mes efforts comme s’il était au spectacle, sans applaudir ni protester. 

Mais, quand j’ai enfin le bras tendu, il me dit ces cinq mots : “Votre salut, je le refuse”, fait demi-tour et se dirige vers la porte. Je reste ainsi, dans mon usine, au milieu de mon personnel, au pilori, le bras levé. C’est tout ce que je peux faire, physiquement, tandis que mes yeux fixent son pied-bot pendant qu’il sort en boitant. Jusqu’à mon réveil, je reste ainsi. »
Rêve de Monsieur S. le troisième jour après la prise du pouvoir par Hitler
in Charlotte Beradt - Das Dritte Reich des Traums, 1966
(rêves recueillis entre 1933 et 1939, cachés derrière une bibliothèque, transmis à l'étranger et publiés dix-sept ans plus tard)
Rêver sous le IIIème Reich, Payot  éd. 2002, traduction de Pierre Saint-Germain, p. 37.

"Monsieur S., la soixantaine, propriétaire d'une entreprise de taille moyenne (...) homme droit, conscient de sa valeur, presque despotique. Ce qui faisait le prix et le contenu de sa longue vie, c'était son entreprise où, lui-même social-démocrate, il employait depuis vingt ans nombre de ses vieux camarades du parti. (...) (Il) fit un rêve dans lequel il fut brisé tout en demeurant physiquement intact".
Ibid. pp.37-38.


Tous ceux qui pensent que leurs vies sont et resteront platement individuelles et de leur propre affaire, que nos nuits nous appartiennent, que nos rêves  ressortent de nos affaires privées, tout au plus familiales et professionnelles, que la domination a per se des limites, l'humiliation des bornes, et que la main d'autrui jamais ne serrera le licou au plus intime de leurs désirs et de leurs peurs inavouées - tous ceux-là devraient lire le livre de Charlotte Beradt. Car cela se soigne.


Et, à propos de Charlotte Beradt, ici et aussi .


04/04/2015

Je viendrai dans tes rêves (1) : le bon compagnon


Agence Grey - pour la campagne The right book will always keep you company 
Via Book Patrol



Dans la campagne publicitaire pour les librairies israéliennes Steimatzky, les lecteurs endormis rêvent en compagnie de Gandalf, Don Quichotte, Sherlock Holmes et Fifi Brindacier. Et de quelques autres, qui sont d'un commerce nocturne plus problématique.



Agence Grey, pour la même campagne 
(le cadre stressé rêve avec le moine qui vendit sa Ferrari)


Mme Chat : Ouaaaah ! Fifi Brindacier, ouaaiiiis...

- Avec quel gourou en développement personnel craindrais-je le plus de cauchemarder,  du moine qui vendit sa Ferrari ou du bon Joseph Vissarionovitch ?

se demande M. Chat...

...car si le moine qui vendit sa Ferrari est écrit à l'intention des cadres stressés, le discours de Staline, autre faribole, se penche avec la même bonhomie sur ces mêmes cadres tout aussi angoissés...

Mme Chat - Pour faire de beaux rêves faut pas être cadre, c'est pourtant simple, je te l'avais bien dit...

M. Chat - Mmmm... (il boude, il écrit une note de bas de page) (1).

Mme Chat - Et Fifi Brindacier, elle se couche et se lève où et quand elle veut...




(1) Le développement personnel n'est que la version entrepreneuriale soft de l'homme, le capital le plus précieux. Harcèlement ou purge, la vie du cadre est semée de réels dangers, et les nuits sont parfois difficiles. On peut rêver.