30/05/2016

Ciel... Spencer


Stanley Spencer - Tree and Chicken CoopsArbre et poulaillers, 1925
Huile sur toile
Tate
Via David Flam




De Stanley Spencer déjà, ici, et encore .



Et pendant ce temps-là...

29/05/2016

J'ai fait un rêve magnifique


Leningrad - Москва (Москва, почём звонят твои колокола ?) / Moscou (Moscou, à combien sonnent tes cloches ?)



Вчера приснился сон прекрасный —
Москва сгорела целиком.
Пожар на площади на Красной,
И тлеет бывший Избирком.

Hier, j’ai fait un rêve magnifique –

Moscou avait complètement brûlé.
Il y avait un incendie sur la place Rouge,
Et l’ancienne commission électorale (1) se consumait.


Никто не выжил — все сгорели,
Все Pussy, Путин и Собчак,
И у стены кремлевской ели
Горели охуенно так.

Personne n’avait survécu- tout le monde avait brûlé,

Tous les Pussy, Poutine et Sobchak (2),
Et les sapins près des murs du Kremlin
Brûlaient super bien.


Медведь сгорел, Медведев и Навальный,
И будущий и бывший мэр;
Лужков приехал как специально,
Но не успел принять он мер.

L’Ours a brûlé, Medvedev (3) et Navalny,

Et le futur, et l’ancien maire;
Loujkov (4) était venu comme si c’était exprès,
Mais il n’avait pas eu le temps de prendre des mesures.


Горели люди на Болотной,
ОМОН сгорел, все, и менты,
А с неба дождик шел кислотный,
Еще для большей красоты.

Les gens sur la place du marais ont brûlé,

La police antiémeutes (5) brûlait, tout le monde, les flics aussi,
Et du ciel tombait une pluie acide,
Pour une plus grande beauté encore.


Останкино сгорело быстро,
А утонуть бы не смогло,
Горели замки, что на Истре,
Горели медленно, назло.

Ostankino a brûlé rapidement,

Et n’aurait pu se noyer,
Les châteaux qui étaient à Istra brûlaient,
Ils brûlaient lentement, exprès.


И Храм Спасителя, и бани,
Хачи сгорели, москвичи,
А дома ждали россияне,
Когда остынут кирпичи.

Et l’Église du sauveur et les bains,

Les travailleurs immigrés ont brûlé, les Moscovites,
Et on attendait à la maison les citoyens de Russie,
Quand les briques refroidiront.


Москва, по ком звонят твои колокола?
Москва, почем звонят твои колокола?
Москва, по ком звонят твои колокола?
Москва, почем звонят твои колокола?!
Бом
Бом-бом-бом,
Бом-бом-бом-бом
Бом-бом-бом!

Moscou, pour qui sonnent tes cloches?

Moscou, à combien sonnent tes cloches?
Moscou, pour qui sonnent tes cloches?
Moscou, à combien sonnent tes cloches?!
Bom
Bom-Bom-Bom,
Bom-Bom-Bom-Bom
Bom-Bom-bom!




La chanson apparaît sur l'album Рыба (6) en 2012. Pour la traduction française il faut remercier En Russie, autre fanal dans la nuit des amateurs français de chanson russe.

On peut aussi écouter/voir une version de Москва en concert, et une autre avec de vrais morceaux de Russie dedans.

Leningrad est le principal groupe de ska russe. Deux grands thèmes, la vodka et les filles, une utilisation intense de l'argot Mat. Comme parfois dans le rock russe, la production est diverse et il peut arriver qu'elle frôle la musique de supermarché. A son meilleur, Leningrad c'est ça, par exemple. Et les chats aiment bien ce genre de trucs.  Leur site est ici. Et une rapide présentation du rock russe par là.

Le groupe chante ici à Saint-Pétersbourg (Piter, comme disent les habitants) devant la statue de Jambyl Jabaïev (1846-1945), poète et chanteur kazakh officiel de l'ère soviétique.






(1) L'ineffable Izbirkom, la commission électorale russe qui valide religieusement les triomphes poutiniens et émet de temps en temps des communiqués pittoresques.

(2) Anatoly Sobchak, maire de Saint-Pétersbourg de 91 à 96, et un des pères spirituels de Vladimir Poutine.

(3) Medved, l'ours en russe, et donc Medevedev, et Navalny dans le même sac.

(4) Iouri Loujkov, maire de Moscou de 1992 à 2010 et concurrent malheureux de Poutine à la succession de Boris Eltsine. Sous son administration Leningrad était interdit de concert à Moscou.

(5) Les trop fameux OMON.

(6) Рыба, le poisson en russe - mais, en argot, l'équivalent de la Барышняa. Les chats avouent préférer les premiers albums, notamment Дачники (2000).

28/05/2016

Entre chien et loup : deux retours et trois crépuscules


Théophile-Alexandre Steinlen - La rentrée du soir, 1897 
Huile sur toile




 Georges Morren - Le déclin du jour, 1891
Huile sur toile
Collection privée, Belgique




George Shaw - The end of care, 2013
Humbrol enamel sur carton

27/05/2016

Croyez-moi : je n'ai pas cassé la vitrine


Vladimir Vissotsky - Мое второе "я" / Mon deuxième Moi, 1969
Mis en ligne par MrSchweppes




И вкусы и запросы мои - странны,-
Я экзотичен, мягко говоря:
Могу одновременно грызть стаканы -
И Шиллера читать без словаря.


Mes goûts et mes désirs sont bien curieux,
C'est peu de dire que je ne suis pas ordinaire :
Je peux ronger un verre comme je peux
Vous déchiffrer Schiller sans dictionnaire.

Во мне два Я - два полюса планеты,
Два разных человека, два врага:
Когда один стремится на балеты -
Другой стремится прямо на бега.



J'héberge deux moi, deux pôles opposés

Deux êtres différents, deux ennemis,
Et quand l'un d'eux veut aller au musée,
L'autre se rue vers les courses, les paris.

Я лишнего и в мыслях не позволю,
Когда живу от первого лица,-
Но часто вырывается на волю
Второе Я в обличье подлеца.


Je ne saurais même pas penser à mal
Quand ma première personne parle tout haut
Mais trop souvent se lâche l'animal,
Mon deuxième Moi à visage de salaud.

И я боюсь, давлю в себе мерзавца,-
О, участь беспокойная моя!-
Боюсь ошибки: может оказаться,
Что я давлю не то второе Я.


Mais moi je lutte, réprimant le gredin –
Ma destinée, décidément, est pleine d'émois ! –
Je crains l'erreur, car il se pourrait bien
Que je réprime le mauvais deuxième Moi.

Когда в душе я раскрываю гранки
На тех местах, где искренность сама,-
Тогда мне в долг дают официантки
И женщины ласкают задарма.


Quand je révèle les arêtes de mon âme
À ces endroits où je suis toute vérité
Je reçois pour un rien les câlins des dames
Et les serveuses insistent pour m'inviter

Но вот летят к чертям все идеалы,
Но вот я груб, я нетерпим и зол,
Но вот сижу и тупо ем бокалы,
Забрасывая Шиллера под стол.


Mais tous les idéaux volent en poussière
Quand je deviens méchant et pas aimable :
Comme un idiot, je ronge encore les verres
Et je balance Schiller sous la table.

...А суд идет, весь зал мне смотрит в спину.
Вы, прокурор, вы, гражданин судья,
Поверьте мне: не я разбил витрину,
А подлое мое второе Я.


… La salle dans mon dos, l'audience se termine…
Vous procureur, vous juge et citoyens,
Croyez-moi : je n'ai pas cassé la vitrine
C'était mon deuxième Moi, ce sale vaurien

И я прошу вас: строго не судите,-
Лишь дайте срок, но не давайте срок! -
Я буду посещать суды как зритель
И в тюрьмы заходить на огонек.


Je vous en prie, ne soyez pas sévères
Laissez-moi juste rentrer à la maison
J'promets d'assister aux débats judiciaires
Le nouvel an, je visiterai les prisons.

Я больше не намерен бить витрины
И лица граждан - так и запиши!
Я воссоединю две половины
Моей больной раздвоенной души!


Je ne casserai plus jamais de vitrines,
Ni de visages, veuillez bien le noter !
Et je rassemblerai mon âme en ruine,
Malade, brisée par la dualité !

Искореню, похороню, зарою,-
Очищусь, ничего не скрою я!
Мне чуждо это ё мое второе,-
Нет, это не мое второе Я.

Je déracine, j'enterre le danger

Sans plus rien vous cacher, je purifie !
Ce deuxième truc m'est vraiment étranger
Mon deuxième Moi, ce n'est sûrement pas lui !







En remerciant LËSHAT pour la traduction française. Son blog : Combler le néant, pour ceux qui s'intéressent à la chanson russe.

26/05/2016

Dans tes rêves : Bill Viola


Bill Viola - The dreamers, 2013
Exposition au Grand Palais, Paris 2014
Mis en ligne par chico58video




...and that's who we are, as a species, we're a moving image : un autocommentaire (en anglais)






Et pendant ce temps-là...
...enfin mis en ligne, le formulaire

25/05/2016

Portrait craché : Sweerts


Michael Sweerts - Tête d’une femme, ca 1654 
J. Paul Getty Museum
Source


De Michael Sweerts, déjà.





Et pendant ce temps-là...

24/05/2016

23/05/2016

22/05/2016

L'at de l'achat et de la vente : contrat de confiance et outrage à commanditaire


Jean-Luc Godard & Anne-Marie Miéville - Le rapport Darty, 1989 
avec : Anne-Marie Mieville (Mlle Clio) et Jean-Luc Godard (Le robot Nathanael)
Mis en ligne par Benjamin Bardou








"On a fait un film avec Anne-Marie Miéville sur les établissements Darty, qui s’appelle Le Rapport Darty. Il nous avait été commandé par Darty. Ils nous avaient dit : « On gagne trop d’argent, tout va trop bien, on perd la tête, on ne sait pas ce qui se passe. » Il faut dire que le directeur était un original… « Pouvez-vous nous dire où on est et qui on est. » On a dit : « Bien sûr. Vous nous donnez deux millions et on fait une cassette d’une heure. On vous fait un audit culturel. » On leur a fait."

Extrait d'une interview avec Jean-Luc Godard lors d'une émission télévisée réalisée par Bernard Faroux, depuis le Festival de Cannes, le 16 Mai 1997.


Et, pour ce qui est de la différence entre l'outrage à commanditaire et le détournement de commande (1), on peut tendre l'oreille par là.



(1) Un détournement de commande, c'est ça.

21/05/2016

Ronde de nuit : Scholz


Georg Scholz - Das Bahnwärterhäuschen / La cabine du garde-barrière, 1925
Huile sur carton
Museum Kunstpalast Düsseldorf
Via jean louis mazieres

20/05/2016

L'art au travail : Eakins

Thomas Eakins - Mending the Net / On remaille le filet, 1881
Huile sur toile
Philadelphia Museum Of Art
Via 19th Century American Painting

19/05/2016

Ciel... Spilliaert


Léon Spilliaert - La Hofstraat à Ostende, 1908
Via Soir Charmant

18/05/2016

Duos : Arntzenius


Floris Arntzenius - Exposition au Pulchri Studio, n. d. 
Source



De Floris Arntzenius (Surabaya 1864 - La Haye 1925) déjà, ici et .

17/05/2016

Les occupations solitaires : la colline


Károly Ferenczy - Dombtetőn / En haut de la colline, 1901
Huile sur toile

Galerie nationale de Hongrie
Via A Ferenczy-blog

16/05/2016

L'art de la lecture : Verret, encore (et Jules Romains)


André Verret - Illustration de couverture pour Jules Romains - Mort de quelqu'un, Folio, 1987




- Mesdames, on met d'habitude, dans ce cas-là :  "Offert par les locataires".

- Les locataires, oui.

- On croira que c'était lui, le propriétaire.

- Pourquoi pas "à notre voisin" ?

- Madame, moi je vous dis ce qui se met. Maintenant, ça m'est bien égal, ça vous regarde. Moi je vous indique les usages.

- Oui, monsieur s'y connaît mieux que nous.

- Soit, c'est convenu.

- "Offert par les locataires".


Jules Romains - Mort de quelqu'un, 1911
(dans les 75 centimes chez le grand fourgue, peut-être plus chez les suédois)




15/05/2016

L'art de la rixe : Verret/Céline


André Verret - Illustration de couverture pour L.-F. Céline - Voyage au bout de la nuit, Collection Folio, 1987

— Mais j'ai jamais dit ça Madelon ! J'ai rien dit comme ça du tout!... Que c'est pas propre chez toi ?... Tu vois bien que tu ne comprends rien ! — C'est tout ce qu'il avait trouvé à lui répondre pour la calmer.

— Tu dis que t'as rien dit alors ? T'as rien dit ? Écoutez-le à présent qui m'insulte plus bas que terre et qui prétend encore qu'il a rien dit ! Mais il faudra le tuer pour qu'il puisse plus mentir davantage ! C'est pas assez de la taule pour un cochon pareil ! Un sale maquereau pourri !... Ça suffit pas !... C'est l'échafaud qu'il lui faudrait !

Elle voulait plus être calmée. On ne comprenait plus rien à leur dispute dans le taxi. On entendait que des gros mots dans le boucan que faisait l'auto, le battement des roues dans la pluie et dans le vent qui se jetait contre notre portière par bourrasques. Des menaces, il en restait plein entre nous. « C'est ignoble... » qu'elle a répété à plusieurs reprises. Elle pouvait plus parler d'autre chose... « C'est ignoble ! » Et puis elle a essayé le grand jeu : « Tu viens ? qu'elle lui a fait. Tu viens Léon ? Un ?... Tu viens-t-y ? Deux ?... » Elle a attendu. « Trois ?... Tu viens pas alors ?... — Non ! qu'il lui a répondu, sans bouger d'un pouce. Fais comme tu veux ! » qu'il a même ajouté. C'était une réponse.

Elle a dû se reculer un peu sur la banquette, tout au fond. Elle devait tenir le revolver à deux mains parce que quand le feu lui est parti c'était comme tout droit de son ventre et puis presque ensemble encore deux coups, deux fois de suite... De la fumée poivrée alors qu'on a eue plein le taxi. 

On roulait encore quand même. C'est sur moi qu'il est retombé Robinson, sur le côté, par saccades, en bafouillant. « Hop ! et Hop ! » Il arrêtait pas de gémir « Hop ! et Hop ! » Le chauffeur avait sûrement entendu.

Il a ralenti qu'un peu d'abord, pour se rendre compte. Enfin il s'est arrêté tout à fait devant un bec de gaz.

Louis-Ferdinand Céline - Voyage au bout de la nuit, 1932

13/05/2016

Portrait craché : Klee


Paul Klee - Autoportrait de face, la tête reposant sur la main, 1909 
Aquarelle
Collection privée
Source

12/05/2016

Le Sportbüro : Gleizes


Albert Gleizes - Les Joueurs de football, 1912-13 
Huile sur toile 
National Gallery of Art, Washington
Source

11/05/2016

The cat's meow : c'est pas une chose à rendre comme de l'argent prêté


Josette & Lucie Gibaux - Où allez vous la belle ? (trad.)
Mis en ligne par La Chaîne du Verbe
En remerciant Christian Declerck




Une des nombreuses versions du Garçon Jardinier.

Dick Annegarn est toujours là. Dick Annegarn parfois collecte (pour l'association Chansons à écouter) et met en ligne ce qui se chante a cappella.




Et pendant ce temps-là...


10/05/2016

Les grands succès du calypso : Mighty Sparrow


Mighty Sparrow - Capitalism gone mad, de l'album The greatest, 1983
Mis en ligne par edward spencer




You got to be a millionaire or some kind of petit-bourgeoisie
Any time you living here in this country
You got to be in skullduggery (1), making your money illicitly
To live like somebody in this country
It's outrageous and insane, them crazy prices in Port of Spain
And like the merchants going out dey brain
And the working man, like he only toiling in vain.

Chorus:
Where you ever hear, a television for seven thousand
Quarter million for lil piece of land
A pair of sneakers - two hundred dollars
Eighty, ninety thousand for motor cars
At last here in Trinidad, we see capitalism gone mad
It's sad and getting more bad because, doudou, capitalism gone mad!

To provide for your family today on your present salary
Is an impossibility in this country
So many bills to pay, there is no conceivable way
To save for a rainy day in this country
Avariciousness to be precise, is why every damn thing so overpriced
Big business making everybody feel
Government give them an open license to steal.

Chorus:
Would you believe me, one nylon panty is nineteen ninety
Twenty dollars for some baby milk
The cheapest jersey cost over sixty
Two hundred and change a yard for silk
It hard here in Trinidad, lord have mercy, capitalism gone mad
It's sad, things getting more bad, oh lord, capitalism gone mad!

To buy a pack of cigarette does leave you with a hole in your wallet
And money is so hard to get in this country
Necessity or luxuries, it doesn't matter what the item is
They charging anything they please in this country
Primary school books prices lewd
Is highway robbery, the price of food
All hopes and dreams elude the poor man
But politicians still expect good work attitude.

Chorus:
Just imagine this, the cheapest coffin over three thousand
Not even dying today easy
Thousands of dollars for the undertakers
So you could get a spot in the cemetery
It hard here in Trinidad, oh lord, capitalism gone mad
The gladness that once we had is gone because capitalism gone mad!

You got to have heavy contact, know how to move up in society
To make any kind of impact in this country
You got to know how to gyp (2) the field
How to scheme and swindle properly
Perfect the art of wheel and deal in this country
I say, survival in this land isn't easy for no man
With unemployment and high inflation
Some of we go dead before the end of this recession.

Chorus:
Wey de hell is dis, a Mango Julie costing three fifty
Forty dollars for one watermelon
Half your salary for fish, meat and poultry
Time you buy greens all your money done.
It hard here in Trinidad, lord, have mercy, capitalism gone mad
It sad and getting more hard, put a hand, lord, capitalism gone mad!






Le calypso, comme toutes les musiques carnavalesques, porte en lui la critique sociale depuis ses origines. L'occasion de rappeler que Francisco Slinger, dit Mighty Sparrow, était un des chanteurs préférés de C.L.R. James.



(1) Filouterie
(2) Duper

08/05/2016

Portrait craché : Monsieur D.


Włodzimierz Błocki - Portrait de M. D., 1910 
Huile sur toile
Via Polish stuff