31/05/2021

La dernière minute


Vanessa Bell - The last minutes posters, 1935 

Huile sur toile
 

30/05/2021

Le greffe : humour (de film) noir (et un peu de disney-punk)


Alexander Mackendrick - Sweet smell of success, 1957

Tony Curtis dans le rôle de Sidney Falco (qui ne se doute pas encore que c'est lui qui sera dans le sac)

 

 

 
 

automatic 253 - Cat's In The Bag (And The Bag's In The River) 
de l'album I'm Just Happy to Be Here , 2015
 
 
 

29/05/2021

L'art de la fenêtre : Wyspiański


Stanisław Wyspiański -  Dziewczynka za oknem / La jeune fille à la fenêtre

Lithographie couleurs
 

28/05/2021

Kollwitz/Soyer


Raphael Soyer - Autoportrait, 1933
Eau-forte 
 
 
 
Käthe Kollwitz - Weiblicher Rückenakt auf grünem Tuch / Femme vue de dos sur un tissu vert, 1903 
Crayon et lithographie
 


 

27/05/2021

Alphabet : R


Paul Nash - View R, 1940

Rugby Art Gallery and Museum
 

26/05/2021

L'art de la rue : au Gréco


René Rimbert - Paysage au Gréco (Opus 221), 1967

 

Ou encore, au Vermeer.
 

25/05/2021

L'art de la fenêtre : cœur de touriste


Jesper Christiansen - Udsigt fra Rue de la Bucherie 37 over Dalkey / Vue sur Dalkey, depuis le 37 rue de la Bûcherie, 2012 

Acrylique et gesso sur toile

 

Jesper Christiansen est danois.  Dalkey est un petit port irlandais au sud de Dublin, plus connu pour la hype que pour le poisson. Et le 37 rue de la Bûcherie, comme chacun sait, c'est là. Ok, c'est pour les touristes, mais j'aime bien l'idée, là. 

Je dois avoir un cœur de touriste. Quelque part. Là.

 

24/05/2021

Panthères aux Oscars


Shaka King - Judas and the black Messiah, 2020

 

On peut certes avoir une distance critique quant à la bonne couche de mélo et aux quelques erreurs historiques (1) dont Shaka King a assaisonné son biopic sur Fred Hampton, le leader charismatique du chapter chicagoan des Black Panthers. On peut penser que le verticalisme partidaire et le militarisme mimétique n'étaient pas les meilleures stratégies quand on s'affrontait à J. Edgar Hoover - et ses troupes, à Richard Daley - et ses électeurs. Il n'en reste pas moins que c'est une date, de voir décerner deux Academy Awards (2) à un film à la mémoire du BPP.

Vous ne le verrez pas sur des écrans français, il faudra aller payer la dîme aux plateformes de streaming. Et quand vous lisez les critiques de cinéma français traitant ce film de "manichéen" rappelez-vous qu'ils eurent la même réaction quand La Bataille d'Alger reçut le Lion d'Or au festival de Venise, et que le film attendit trente-sept ans avant de passer à la télévision de notre cher et vieux pays.

Fred Hampton fut assassiné le 4 décembre 1969 dans son sommeil, de deux balles dans la tête à bout portant, lors d'un raid du FBI contre l'appartement où il vivait. Il était à la veille d'être emprisonné pour une peine de cinq ans. Son crime était d'avoir volé pour 71$ de crèmes glacées pour les distribuer à des enfants.

Et les deux points forts du film sont des rappels historiques, la description exacte de cet assassinat et l'évocation des efforts de Hampton pour former la Rainbow Coalition, une union des forces politiques et clans divers de Chicago, Black Panthers, Young Lords hispaniques et Young Patriots (pauvres blancs).

 

 

Et, à propos de panthères, déjà.


(1) Pour des détails, lire la critique du film par Louis Proyect (en anglais).

(2) Pour la chanson de H.E.R. (Fight for you) et pour Daniel Kaluuya, meilleur acteur dans un second rôle.

23/05/2021

L'art de la rue : Guttuso


Renato Guttuso - Passagio pedonale / Passage piéton, 1957

Huile et technique mixte sur papier

 

 

Et de Guttuso, déjà.
 

22/05/2021

Cuisine de siège (mais au moins les restaurants sont ouverts)


Narcisse Chaillou - Le dépeceur de rats, ca 1872

Huile sur toile

Musée d'art et d'histoire de Saint-Denis

 

 

Menu du 25 décembre 1870 au Café Voisin, Paris

 

 

En second choix des Rots : Le chat flanqué de rats.

21/05/2021

Les intérieurs sont habités : un point de vue sur le soutien aux forces de l'ordre


Cellule du seul et unique (1) gardé à vue lors de la manifestation de soutien aux forces de l'ordre du mercredi 19 mai à Paris, le journaliste Gaspard Glanz, retenu pendant 3 heures suite à son interpellation, pour vérification d'identité semble-t-il, par douze policiers en tenue, après avoir parcouru 12 mètres de trottoir parisien à la sortie du métro Invalides alors qu'il allait couvrir la manifestation.

Via @GaspardGlanz

 

 

De Gaspard Glanz (Taranis News), déjà. 


 

(1) Jusqu'à vérification de l'identité de l'éventuel second.
 

19/05/2021

Portrait craché : Barka


 Lucien-Hector Jonas - Un joyeux tatoué, 16 juillet 1915
 
 
 
Pour la signification du tatouage Barka ou Mon droit - Barka, voir l'article d'Espace contre Ciment d'où vient cette image.

17/05/2021

Sur le rapport entre les timbres-poste et l'hygiène de vie



Donato Giancola - Projet de timbre pour l'United States Postal Service, 2021


Le timbre Ursula le Guin devrait être émis cette année et sera le 33ème de la série littéraire (1). A l'arrière-plan, une scène de La main gauche de la nuit.

Bon, si vous voulez un jour avoir un timbre à votre effigie, vous pouvez commencer en suivant rigoureusement l'emploi du temps quotidien d'Ursula Le Guin : 


 

...en respectant surtout les instructions sur la période après 20h.


(1) Un de mes préférés étant le James Thurber de 1994.

16/05/2021

L'art de la fenêtre : Strøbek encore


Niels Strøbek - Citron, 1972

Huile et tempéra sur carton

Musée d'art moderne d'Aarhus

 

Mme Chat - Ah, là, c'est bien un citron...

M. Chat - En danois, on dit : Citron.
 

15/05/2021

L'art du petit déjeuner : Strøbek


Niels Strøbek - Frokost, 1966

Huile et tempéra sur panneau

Musée d'Art de Skive

 

 
Mme Chat - Oui, mais il y a contresens. Frokost c'est le déjeuner, pas le petit déjeuner...

M. Chat - Le danois, c'est difficile, tu sais.



14/05/2021

To the Lighthouse



 M. Chat - Je ne comprends pas. Quand j'étais petit, voire quand j'étais jeune, je veux dire plus jeune, je veux dire il y a soixante ans, approximativement, je veux dire...

Mme Chat - Quoi ?

M. Chat - Eh bien, là, il y avait une plage.

Mme Chat - Il y en a toujours une, enfin, une toute petite.

M. Chat - Quasiment plus, en fait.

Mme Chat - C'est la mer qui monte.

M. Chat - Et tout le monde regarde ailleurs.

Mme Chat - Non, tout le monde regarde la mer, mais très vite, le temps d'une semaine ou deux.

M. Chat - Et la mer monte lentement.

Mme Chat - Voilà, c'est juste un question de désynchronisation.

M. Chat - Comme quand il y a une pandémie à causes structurelles, élevage industriel, urbanisation galopante et transport aérien généralisé...

Mme Chat - Et qu'on discute réouverture des restaurants. La synchro, y a que ça de vrai.


12/05/2021

Hegel au Pickwick Club, et au-delà (le jeu de la famille Cole, #8 et fin)


George Cole - Harvest Rest, 1865

Huile sur toile

 

Récapitulons. 

Premièrement. George Cole, le fondateur, vient d'une famille ouvrière de Portsmouth, mère morte quand il avait neuf ans, père essentiellement soucieux de boire rapidement son salaire. Pas d'éducation, mais s'élève à la force du poignet - et du pinceau. Peint d'abord pour sa clientèle de Portsmouth - petits industriels, contractors pour les chantiers navals, négociants. S'affirme, première exposition à Londre en 1838 - il a vingt-huit ans. S'installe à Londres en 1846, devient vice-président de la Society of British Artists en 1867. Que disent ces quelques lignes ? Un talent indéniable rencontre au bon moment un marché en expansion : la bourgeoisie des villes, rêveuse à ses heures, idéalisant ses ancêtres paysans - qui n'étaient pas si loin - et se répétant, comme Hegel à propos des scènes campagnardes des maîtres hollandais :

"Le moment idéal réside justement dans cette licence exempte de soucis : c'est le dimanche de la vie, qui nivelle tout et éloigne tout ce qui est mauvais ; des hommes doués d'une aussi bonne humeur ne peuvent être foncièrement mauvais ou vils" (1). 

 

 

 George Vicat Cole - Scene in North Wales, 1863

 Huile sur toile

 

Deuxièmement. George Vicat Cole, le fils, apprend à dessiner et peindre aux côtés de son père, l'accompagne dans ses voyages... et se brouille avec lui en 1855, à vingt-deux ans, pour épouser une femme qui ne plaisait pas au chef de famille. Il prend alors pour prénom le nom de sa mère, et signe Vicat Cole. Quelques temps de vaches maigres, puis père et fils se réconcilient. Mais le marché reste le même, mieux, il s'élargit. Le fils se rapproche des préraphaélites - ce qui ne devait pas plaire au père - mais reste suffisamment académique pour gravir des échelons. La preuve  : il quitte la Society of British Artists pour candidater à la Royal Academy - la marche est assez haute, il la franchit en 1880. Huit ans plus tard il se met à peindre Londres, avec plus ou moins de succès - mais c'est un tournant, y compris pour la famille.



 Rex Vicat Cole - The Butler's Head


Troisièmement. Reginald Rex Vicat Cole, le petit-fils, bénéficie du capital acquis : études à Eton, puis enseignement au King's College de Londres, et il fonde avec un de ses amis une école d'art privée, la Byam Shaw, dont vous pouvez suivre par ici des aventures récentes. Bien sûr il continue à peindre églises et paysages mais aussi, de plus en plus, Londres, ses boutiques et ses rues, dans un style volontairement atone mais où la mélancolie se tapit, imperceptible, sous la surface. Ainsi de cet établissement...


Rex Vicat Cole - The George and Vulture, Castle Street (off Cornhill)


...dont il faut se souvenir qu'il abrita le Pickwick Club.


 Ill. pour Charles Dickens - The Posthumous Papers of the Pickwick Club, 1837


 

 

Quatrièmement, enfin. John Vicat Cole, l'arrière-petit-fils. Il sacrifie aussi, mais assez peu, sur l'autel du paysage. Surtout, il suit assez exactement les traces de son père dans les rues de Londres :


 

 
John Vicat Cole - In Church Street, Kensington 

Manchester Art Gallery

 

...dans Kensington, le terrain de chasse familial.

Mais remarquez qu'ici nous ne sommes plus du tout dans le dimanche de la vie. Qui achète ces tableaux dans les années 1960, celles, censément, du Swinging London ? Quelle nostalgie s'y investit ? Et ne voilà-t-il pas que petit à petit notre peintre est fasciné par...


John Vicat Cole - Shop window of  J. Marlow 21 Barrett Street

 

...des devantures en déshérence ? Qu'est-il arrivé à cette rêveuse bourgeoisie qu'émouvaient tant les meules de foin ? Que fait-elle, à traîner devant...

 

John Vicat Cole - Shop window of Jenny Lyne (London) Ltd Eastcastle Street

 

...des boutiques pour fantômes ? Hegel se serait-il trompé ? Cette licence exempte de soucis, chez des hommes doués d'une aussi bonne humeur - est-ce vraiment le moment idéal, qui éloigne tout ce qui est mauvais ?

 

 

(1) G. W. F. Hegel, Esthétique, trad. Jankélévitch. C'est la phrase qui figure en exergue du roman de Raymond Queneau.

11/05/2021

Toute lignée a son petit matin (le jeu de la famille Cole, #7)

George Cole - Early morning on the Tamar, 1872

Huile sur toile

Coll. privée

 

George Cole, l'ancêtre, l'arrière grand-père, le fondateur (1810-1883) semble avoir appris à peindre quasiment en autodidacte. Suivant les versions de sa biographie : soit en tant qu'apprenti aux chantiers navals de la Royal Navy à Portsmouth, où il aurait décoré des navires, soit dans une ménagerie ambulante où il aurait peint des animaux sauvages sur une grande toile "de vingt pieds carrés". Toujours est-il qu'il persévère et finit par gagner (de mieux en mieux) sa vie comme peintre animalier et de paysages. Il peint, entre autres, le chien du premier ministre Robert Peel...

 

 

George Cole - "Cato", Property of the Right Honourable Sir Robert Peel, 1845

 

 

...ainsi que ce joli perroquet (j'aime bien les perroquets, ils me font penser à Edward Lear) :

 

 

 George Cole - Study of a Parrot, 1858

 

 

Comme tous les fondateurs de dynastie, George avait le sang chaud, comm en témoigne cette histoire. Un Hollandais lui commande son portrait, ne le trouve pas ressemblant, le refuse. Cole lui rajoute deux petites ailes, le transforme en enseigne pour un pub : "Au Hollandais volant". Devenu la risée de tous, le client doit racheter le tableau pour le faire dépendre. Cole efface les ailes avant de le lui revendre.

Cole réussit si bien qu'il peut quitter son Portsmouth natal, s'installe à Londres à Kensington, dans un quartier que la famille Cole hantera pendant encore un siècle. Et il peint, il peint, des moutons, des meules de foin, des chevaux, des moulins, et des moutons encore...