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02/07/2026

Rêver peut-être


Jeanne Graverol - Fourmi agrippée, 1972


Qu'est-ce que le temps pour les fourmis (se demande M. Chat) ? Travaillent-elles vraiment tout le temps, comme l'a dit et répété (1) une première ministre française en parlant des Japonais ? Se reposent-elles seulement ?

Et comment dorment les fourmis (s'interroge encore M. Chat, compulsant de façon passablement névrotique le grand livre électronique que des algorithmes suspects mettent à sa disposition) ?

Et voici qu'il apparaît que des scientifiques scrupuleux ont longuement étudié le sommeil de la Fourmi feu, Solenopsis Invicta, en marquant soigneusement chaque individu d'une petite fourmilière, de façon à le suivre dans ses infimes tribulations.

 

 


Solenopsis Invicta

 

D'où il ressort que  Solenopsis Invicta - du moins les ouvrières - connaît 256 épisodes de sommeil par 24 heures, chacun de ces épisodes durant 1 minute et six secondes, soit un total de 4,8 heures de sommeil par jour. Ce qui a pour résultat de mettre à disposition permanente 80% de la force de travail de la fourmilière (3). Quant aux reines, elles bénéficient de 92 épisodes de sommeil par jour, chacun durant plus ou moins de 6 minutes, soit un total de 9,4 heures par jour.

Mais les fourmis rêvent-elles ?

Selon les mêmes chercheurs états-uniens, Solenopsis Invicta connaît le sommeil paradoxal (RAM sleep) (4) et donc, probablement, le rêve.

 


 

Mais de quoi rêvent-elles ?

Les ouvrières rêvent-elles de faire la révolution ? Ou simplement de manger, voire vivre, un peu plus (5) ? Et de quoi rêvent les reines, qui ont un peu plus de temps pour le faire ? Rêvent-elles d'une fourmilière aux dimensions inouïes, comme Elon Musk rêve de régner sur Mars ? Après tout, Elon Musk pourrait bien rêver d'être une reine Solenopsis infiniment nursée, aimée, soignée et révérée...

Et si, selon la parabole de Tchouang-Tseu,  Elon Musk et tout son/notre univers bizarre n'existait à l'inverse que dans le rêve d'une reine Solenopsis Invicta ? Si le travail des chercheurs de St Petersburg n'était en fait que le point d'émergence par sérendipité, la ridule révélatrice à la surface d'un gigantesque songe formique, un frémissement d'antenne de quelques micro-secondes qui nous rappellerait en fait à notre irréalité ?

Pris d'un léger vertige zen, M. Chat se réfugie dans son panier et ouvre...

 

Mike Resnick - Sept vues sur les gorges d'Olduvaï, 1994 
Bélial' éd. 2026 

 

...où, après extinction de l'humanité,  un groupe de chercheurs extra-terrestres explorent ces gorges qui abritèrent certains des premiers hominidés et découvrent un à un sept artefacts qui donnent une idée du destin de l'espèce des singes sans queue (homo sapiens, dirions-nous avant de disparaître) et de leur histoire maudite.

Bien. Les meilleures Novellas ne sont pas forcément d'un très grand optimisme. D'autre part il fait chaud - avez-vous remarqué qu'il fait chaud ? M. Chat s'enroule dans son panier, mais dans l'autre sens, et s'endort.

M. Chat rêve. Il rêve que les descendants des singes sans queue se débrouillent pour expédier une petite centaine de méga-téra-milliardaires sur Mars, afin qu'il s'y entr'égorgent sans gêner les autres. Et que les singes sans queue réussissent à survivre sur Terre à la chaleur, tant bien que mal mais au moins aussi bien que d'autres espèces mieux organisées ou plus sagaces, tels les rats ou les corbeaux. Ou les fourmis. Mais M. Chat rêve aussi que les fourmis font la révolution. Les révolutions, parfois, aident à survivre.

Les chats survivront-ils ? On dit qu'ils s'en tirent toujours - du moins le plus souvent. M. Chat rêve qu'il a neuf vies. 

 

 

(1)  « J'ai dit qu'ils [les Japonais] travaillaient comme des fourmis... Les fourmis travaillent beaucoup, c'est vrai...
- ... Vous avez dit ça ? interrompt le journaliste.
- Nous ne pouvons pas vivre ainsi dans des appartements minuscules, avec deux heures de trajet pour aller au travail, et travailler, travailler, travailler, et faire des enfants qui devront travailler comme des bêtes. Nous, nous voulons conserver nos garanties sociales, vivre comme des êtres humains, comme nous avons toujours vécu... »
 

Interview d'Edith Cresson par la chaîne ABC, le 4 juillet 1991, publié le 18 juillet suivant. À la suite de cette publication un mannequin représentant Edith Cresson avait été décapité au katana par le groupe japonais d'extrême-droite Issui. "Le mannequin sans tête d'Édith Cresson fut ensuite traîné dans les rues de la capitale nipponne jusqu'aux grilles de l'ambassade de France sévèrement gardée par la police." -Jean-Claude Courdy, Japonais, plaidoyer pour les fourmis, Pierre Belfond éd. 1992.

(2) Polyphasic wake/sleep episodes in the fire ant, Solenopsis Invicta, 2009, par Deby L. Cassill, Skye Brown, Devon Swick & George Yanev, University of South Florida à St Petersburg, USA.

(3) Type de solution propre à satisfaire l'actuel ministre du travail français.

(4) Sommeil caractérisé par un Rapid Antenna Movement des antennes - par ailleurs repliées pour ne plus communiquer avec les autres individus. Rappelons que le sommeil paradoxal humain est appelé sommeil REM (pour Rapid Eye Movement).

(5) Toujours selon les scientifiques de l'USF, "ces résultats renforcent l'hypothèse de l'exploitation parentale : les ouvrières stériles constituent une caste d'auxiliaires jetables à courte durée de vie, dont la vigilance et l'hyperactivité accroissent la valeur adaptative de la reine en la protégeant, elle et sa progéniture fertile, des stress environnementaux".

 

13/05/2026

Duos : Kley


Heinrich Kley - Südpol Idyll / Idylle au Pôle Sud
 
 
 
D'Heinrich Kley, déjà.

 

03/04/2026

Légende hyménoptère des siècles autour du vieux poirier


MacMillan & Co, London, 1870

 


(1) C'est traduit du français mais je n'ai pas réussi à retrouver l'original. En remerciant Nemfrog.

02/04/2026

Hic sunt dracones


Thomas Cooper Gotch - The Child in the World, 1900

 

De Thomas Cooper Gotch, déjà
 

24/02/2026

Noir sur blanc


Léon Spilliaert - Chien dans la neige, 1913
 

07/02/2026

I never found so true a democrat


Frederick Sandys (dessinateur), Joseph Swain (graveur) - The Old Chartist, Ill. pour le poème du même titre par George Meredith dans le magazine Once a Week, 8 février 1862
Gravure sur bois
 
 
Dans ce poème (qui n'a pas été traduit en français à ma connaissance) Meredith imagine le monologue d'un vieux militant chartiste après son retour de déportation (1). Il compare son sort avec celui d'un rat d'eau en train de se nettoyer.
 
Well, well! Not beaten—spite of them, I shout;
And my estate is suffering for the Cause. -
No,—what is yon brown water-rat about,
Who washes his old poll with busy paws?
What does he mean by't?
It's like defying all our natural laws,
For him to hope that he'll get clean by't. 

His seat is on a mud-bank, and his trade
Is dirt:- he's quite contemptible; and yet
The fellow's all as anxious as a maid
To show a decent dress, and dry the wet.
Now it's his whisker,
And now his nose, and ear: he seems to get
Each moment at the motion brisker! 

To see him squat like little chaps at school,
I could let fly a laugh with all my might.
He peers, hangs both his fore-paws:- bless that fool,
He's bobbing at his frill now!—what a sight!
Licking the dish up,
As if he thought to pass from black to white,
Like parson into lawny bishop. 
 
(...)
 
You teach me a fine lesson, my old boy!
I've looked on my superiors far too long,
And small has been my profit as my joy.
You've done the right while I've denounced the wrong.
Prosper me later!
Like you I will despise the sniggering throng,
And please myself and my Creator. 

I'll bring the linendraper and his wife
Some day to see you; taking off my hat.
Should they ask why, I'll answer: in my life
I never found so true a democrat.
Base occupation
Can't rob you of your own esteem, old rat!
I'll preach you to the British nation. 
 
 
 
 
George Meredith
 
 
 
(1) Après la tentative d'insurrection de 1839 et les mouvements de 1842-1848 plus d'une centaine de militants chartistes furent déportés en Tasmanie. Le cas le plus célèbre est celui de John Frost qui ne revint en Angleterre qu'en 1856 après une amnistie (pardon) conditionnelle. Il est possible que son cas ait inspiré le poète.

 

02/02/2026

La musique et ses pièges


Chansonnier de 1542, B f 036v, détail
Bibliothèque municipale de Cambrai,  0125

 


 

18/12/2025

Regarde la route : Peter Brook, encore


Peter Brook - Give way
 

 

Peter Brook - Sheep on the road
 
 
  
 

Peter Brook et James Mason, chez James Mason à Huddersfield (West Yorkshire), près de Brighouse où vivait Brook
Mis en ligne par ClarkArtLtd

15/12/2025

Danses de l'ombre et de la lumière


Norbertine Bressler-Roth - Caméléons, 1925
Gravure sur bois en couleurs 
 
 
 
Sybil Andrews - Dance of the Birds 
Linogravure
 
 

 

28/10/2025

Poésie illustrée : destinataire illisible


John James Audubon - California Vulture

 

Tant de virées
dans des villes inconnues
m’épuisent
Je n’ai guère de patience
pour ce genre de tourisme
S’insinuer dans la vie des autres
S’empiffrer de hamburgers frites
tremper sa moustache dans la mousse des chopes
puis se laver les mains en se pinçant  le nez
tout dégoutant quel intérêt
À part ça : tant que m’émeut
le déhanchement des femmes
je vieillis au milieu des gargouilles
à têtes de monstres fabuleux
Sûr que j’évite le passé
péniblement et méthodiquement
Le temps passé
(je n’y peux rien)
visiblement m’évite
péniblement et méthodiquement
J’écris une carte postale 
représentant un vautour – destinataire illisible


Traduction et adaptation : Jenö Farkas et Marc Delouze

22/10/2025

Dans tes rêves : le bestiaire


Pierre-Yves Trémois - Sommeil 2001, Songe V
Huile sur toile

 

Je rêve de chiens, dit M. Chat, je me souviens que ça me frigorifiait d'en parler, sur ce divan inconfortable - j'aurais pu dire comme le poète

Le chien : sur le chien je n'ai rien à dire
c'est un soupir et c'est un cri
c'est un spasme un charivari (1)
 
et je sentais que derrière moi, sous le tableau, sur le carnet, on notait mes silences. C'était il y a un demi-siècle presque et je rêve toujours de chiens, j'aimerais rêver d'autres animaux comme :
 

 

Raymond Queneau - Journal, Gallimard éd. 1996, entrée du 27 juin 1949

 

(1)  Raymond Queneau - Chêne et chien, 1937.

 

 

 

Et pendant ce temps-là...

 

...les lecteurs de Christa Wolf (pour Le ciel partagé) et amateurs de cinéma (est-)allemand peuvent voir sur ARTE quatre films de Konrad Wolf.

11/10/2025

C'est bien plus que cela, vous verrez


Béla Tarr - Les Harmonies Werckmeister, 2000, d'après le roman de László Krasznahorkai, musique de Mihály Víg

 

Valuska et la baleine. Un petit hommage à L.K., l'écrivain des parias. Que le passage du Nobel ne lui cause pas trop d'ennuis - le queue de pie, vraiment ?

 

Il acheta son billet en adressant un regard de gratitude à l’impassible colosse, le remercia et, soulagé d’avoir tout juste assez d’argent, il tenta à nouveau de lier conversation avec ses voisins qui dans la cohue permutaient sans cesse pour, une fois son tour venu, grimper prudemment sur les planches branlantes et pénétrer dans l’immense pénombre de « l’antre de la baleine ». Sur un échafaudage composé de lourdes poutres, reposait, comme l’indiquait un texte écrit à la main sur un écriteau accroché à la paroi, le corps gigantesque d’un BLAAHVAL, mais tenter de déchiffrer la notice écrite à la craie en caractères minuscules et comprendre ce qui se cachait au juste derrière le mot BLAAHVAL était peine perdue, car toute personne désireuse de s’arrêter devant l’écriteau était systématiquement poussée en avant et aspirée par la lente ronde qui circulait. C’est donc sans mode d’instruction et sans explications qu’il posa les yeux sur le gigantesque animal et contempla, en grommelant son nom si mystérieux, bouche bée, avec un mélange de fascination et de crainte, ce monstre pour le moins peu ordinaire. Voir la baleine et saisir ce qu’il voyait dans sa globalité étaient deux choses différentes car prendre simultanément connaissance de la gigantesque queue, de la peau gris métallique crevassée et de la nageoire dorsale longue de plusieurs mètres était une entreprise vouée à l’échec. Elle était trop longue et trop grande pour entrer dans le champ visuel de Valuska, qui ne put pas plus affronter son regard quand, s’insérant dans la file indienne qui avançait d’un pas traînant, il finit, au bout de quelques minutes, par atteindre la gueule de l’animal, habilement maintenue ouverte, où il put contempler l’intérieur sombre de la gorge, découvrir les deux minuscules yeux noyés dans leurs profondes orbites, puis au-dessus, les deux branchies, mais uniquement séparément, l’une après l’autre, sans pouvoir obtenir une vue d’ensemble de la gigantesque tête. Il distinguait mal, car les lustres suspendus au plafond n’étaient pas allumés, et s’arrêter un petit moment pour frissonner, au moins devant la gueule volontairement effrayante et l’énorme langue inerte à l’intérieur, était toujours impossible, mais ni cela ni l’« invisibilité » de la baleine n’émoussèrent l’intensité de son émerveillement puisque, conformément à ce qui avait été annoncé, ce témoin extraordinaire d’un monde étrange et infiniment lointain, ce vieil habitant, à la fois doux et redoutable, des vastes mers et océans était bel et bien là, à portée de main. Étrangement, Valuska était le seul à manifester de l’émotion, les autres — qui dans cette lourde et putride pénombre continuaient docilement à tourner en rond autour de la baleine — ne montraient aucun signe de fascination quelconque et semblaient manifestement ne prêter aucun intérêt à ce héraut exposé aux regards du public. Ils jetaient bien de temps à autre un regard impressionné, non dénué de crainte respectueuse, sur le monstre pétrifié étendu au milieu de la pièce, mais leurs yeux, à la fois avides et inquiets, étaient plutôt attirés par la remorque elle-même, comme s’il y avait quelque chose d’autre, une présence hypothétique dont la simple éventualité revêtait plus d’importance que tout le reste. Or, à l’intérieur de la remorque que la faible lumière extérieure rendait encore plus lugubre, rien ne laissait supposer une telle présence. Près de l’entrée se trouvaient plusieurs armoires métalliques cadenassées dont l’une, restée ouverte, laissait entrevoir une dizaine de bocaux de formol, mais les affreux embryons ratatinés avaient échappé à leur attention, même à celle de Valuska ; au fond de la remorque un rideau dissimulait un réduit où — une profonde brèche permettait de le voir — se trouvait une simple bassine et un seau d’eau. Enfin, juste derrière la gueule ouverte de l’animal, il y avait une porte (à nouveau sans serrure) dans la cloison de tôle ondulée, qui donnait probablement accès au coin repos des forains, et si à cet endroit précis l’effervescence, bien que contenue, était visible à l’œil nu, Valuska, quand bien même il aurait noté quelque chose, n’aurait pu comprendre la raison de cet étrange comportement. De toute façon, Valuska n’avait rien noté, car la baleine accaparait toute son attention et quand, après avoir admiré la seconde moitié du corps de cet être fabuleux, il sortit à l’air libre et redescendit avec prudence, il ne remarqua même pas que ses compagnons, ceux qui se trouvaient avec lui à l’intérieur, se replaçaient exactement au même endroit que précédemment, comme si toutes ces heures d’attente — maintenant qu’ils avaient vu la baleine — n’avaient pas encore atteint leur véritable objectif. Il ne s’aperçut de rien — peut-être pour, le soir venu, quand il reviendrait, déceler avant tout le monde la nature spectrale de cette étrange troupe et de ses adeptes si obstinément patients — et pour lui, contrairement au portier de nuit, qu’il salua joyeusement, cette attraction était bien plus qu’une simple exhibition foraine, et quand celui-ci lui demanda en chuchotant : « Eh, dis-moi, qu’est-ce qu’il y a à l’intérieur… les gens ici parlent d’un certain prince… », Valuska, immisçant la question dans son propre raisonnement, lui répondit avec enthousiasme : « Non, Monsieur Árgyelán, non ! C’est bien plus que cela, vous verrez ! C’est… impérial, c’est tout simplement impérial » et, le visage écarlate, il faussa compagnie à l’homme qui resta pantois.

László Krasznahorkai - La mélancolie de la résistance, 1989, trad. Joëlle Dufeuilly, Gallimard éd. 2006

 

Et, à propos des Harmonies, déjà

10/10/2025

Quatre têtes, et la pêche

  

Léon Spilliaert - Autoportrait, ca 1906
Aquarelle, encre indienne, lavis, pastel et crayon sur papier
 

 

 
Autoportrait au costume bleu, 1921

 

 


 Autoportrait (aux feuilles d'automne)
, 1915




Autoportrait, 1927




La pêche, 1921
Aquarelle sur papier


 

 

On trouvera d'autres autoportraits de Spilliaert chez DantéBéa.

23/09/2025

Les vacances du bestiaire : et le tsar va mourir


Andreï Nikolaievitch Schilder - Пчельник / Rucher, 1894

 

L'année où ce tableau est peint est aussi celle de la mort d'Alexandre III, un des pires empereurs que la Russie ait connu.

04/09/2025

Portrait craché : le clin d'oeil


Beatrix Potter - Étude d'une tête de chauve-souris, de face, 1888
Aquarelle et fusain
Art Gallery of Ontario
Via Petrus Plancius, comme le billet précédent 

03/09/2025

17/07/2025

Les vacances du bestiaire : Andrea Rich


Andrea Rich - Long-eared owl, 2014 
Gravure sur bois en couleurs

 

08/07/2025

Les vacances du bestiaire : voyageurs


Eric Ravilious - Corporal Stediford’s Mobile Pigeon Loft, 1942
Aquarelle

14/03/2025

Les vacances du bestiaire : en s'en passant


Chris Austin Willingly - Do without the Necessities
Gouache sur bois