
l'œil des chats
"les chinois voient l'heure dans l'œil des chats" Baudelaire
09/03/2026
La garde dans le cadre (une semaine Gluck #7)

08/03/2026
Les fleurs, ces métaphores (une semaine Gluck #6)
Chez Gluck, l'intérêt pour les fleurs naît de sa relation avec Constance Pry, fleuriste et décoratrice en arrangement floral renommée, qui avait sa boutique à Mayfair - après Pimlico, signe d'une notable ascension sociale.
Ascension dont bénéficia Gluck. Elle peignait pour la clientèle très aisée de Pry, qui put combiner, dans les intérieurs blancs à la mode des années 30, combinaisons de fleurs coupées et tableaux de Gluck.
07/03/2026
Portrait toujours : duo (une semaine Gluck #5)
Medallion est le double portrait de Gluck et Nesta Obermer, que Gluck appelait My own darling wife dans ses lettres. Elle associait l'image de Nesta, dans ce portrait, aux vers de Coleridge dans Kubla Khan :
Medallion était accroché dans le studio de Bolton House, et consolait Gluck durant les fréquentes semaines de séparation, pendant lesquelles Nesta voyageait à travers le monde avec son mari américain, Seymour (1).
(1) Diana Souhami - Gluck, a biography.
06/03/2026
Portrait encore : Steal away... (une semaine Gluck #4)
Lors d'une soirée, alors qu'une conversation portait sur la peinture et la lumière, un ami avait fait remarquer à Gluck qu'il serait impossible de peindre un visage noir sur un fond noir. Gluck passa une annonce dans le journal pour trouver un modèle noir, et son tableau prouva le contraire. Le titre reflétait son monde intérieur, l'utilisation de la lumière dans la toile et la qualité de la musique afro-américaine.
Diana Souhami - Gluck, her biography, Part one, 5
05/03/2026
La vie, portrait (une semaine Gluck #3)
La famille était très riche. Le père, les oncles contrôlaient en tout ou partie Salmon & Gluckstein - le plus gros vendeur de tabac du Royaume-Uni - ainsi que J. Lyons & Co
Certes, elle aura l'enfance des gosses de sa classe, avec gouvernante suisse puis collèges de jeunes filles où l'on apprend si peu - sinon à s'intéresser à la musique et au dessin...
Mais elle deviendra très vite le vilain petit canard.
Serait-ce le fait de choisir une école d'art - plutôt que, disons, le mariage ou les œuvres de charité, les deux allant souvent ensemble ?
Serait-ce encore le fait de fuir l'école d'art choisie par son père - où on n'apprenait, là encore, que si peu de choses ? Et de s'en aller à Lamorna, en Cornouailes, chez les Knight, chez les bohèmes ?
Serait-ce encore que le mariage, eh bien... et que les femmes, oui, étaient tellement plus intéressantes que les hommes ?
Serait-ce, surtout, cette habitude de s'habiller en homme ?
C'était un ensemble, oui, et tout cet ensemble ne cadrait pas avec la famille - avec le reste non plus, d'ailleurs.
Certes, elle vend des toiles, expose à la Fine Arts Society. Mais cela suffit-il au train de vie auquel elle est habituée ? Tant que son père vit, catastrophé mais aimant, il lui ouvre un compte en banque, lui donne de l'argent, lui offre même Bolton House, une superbe maison Georgian Style, ou elle peut vivre un temps, confortablement, avec voiture et trois personnes à son service.
Puis son père meurt. Et les choses se gâtent. Pas d'héritage, on considère qu'elle doit être protégée contre elle-même, une fille seule et incontrôlable qui qui pourrait dilapider ses biens voire, qui sait, se faire plumer par les hommes...
Les cordons de la bourse seront donc tenus par des trustees, sa mère, son cousin, surtout son frère, avec lequel les relations se sont tendues.
Puis vient la guerre. l'Auxiliary Fire Service, d'autorité, s'installe à Bolton House, et Gluck déménage. Quand les pompiers quittent Bolton House en 1941 elle ne touche plus leur loyer et se retrouve à devoir entretenir trois maisons (un studio à Lamorna, Bolton House et la petite maison de Plumpton où elle vit) et des revenusinsufffisants. La peinture rapporte certes, mais elle a toujours du personnel à payer - du personnel qu'elle harasse, paye peu et décourage très vite, car son caractère empire (1).
Et les trustees serrent vraiment les cordons de la bourse. C'est la guerre n'est-ce-pas. Son frère, député Tory, sa mère dame de charité, s'y sont de nouveau engagés à fond, comme en 1914. Mais les guerres de Gluck sont ailleurs.
Sans compter les peines d'amour, car en même temps la grande affaire de sa vie - le mariage avec Nesta Obermer - est en train de s'effondrer.
(1) Oui, les lesbiennes de l'époque, sorties du placard, avaient mauvais caractère - eussent-elles été gentilles qu'elles n'auraient pas survécu.
(2) Pour compléter les blancs de ce récit, on peut se reporter pour la version courte à cinq articles de ce blog et pour la longue à la biographie par Diana Souhami.
04/03/2026
Peter (une semaine Gluck #2)
Diana Souhami - Gluck, her biography, Open Road éd. 1988
Gluck et Romaine Brooks avaient convenu de faire chacune le portrait de l'autre. Quand ce fut son tour de peindre, Gluck choisit de faire un grand portrait en pied mais
Romaine a tellement perdu de temps à se disputer qu'il ne me restait finalement qu'une heure pour faire ce que j'ai fait – mais ma rage et ma tension m'ont donné des forces presque surhumaines… Elle a insisté pour que je fasse un de mes « petits tableaux ». J'ai refusé, alors elle m'a laissé avec le portrait inachevé. J'ai cependant dû en donner de nombreuses photos à ses amis (1) !
Finalement, elle utilisa la toile pour peindre autre chose.
(1) Gluck, Notes au dos d'une photographie de son portrait de Romaine Brooks, citées par Diana Souhami, Gluck, her biography.
03/03/2026
London 1920s (une semaine Gluck #1)
01/03/2026
28/02/2026
Ronde de nuit : Metaphysical Pizza
Cette photo fait partie de la série a Metaphysical Survey of British Dwellings, qui a pour cadre une ville fantôme, un décor servant uniquement à l'entraînement de la Metropolitan Police britannique.
Comme le dit leur auteur, ces images sont des métaphores de la ville moderne et asociale (...) et de la vie quotidienne que l'on y mène, disloquée, déroutante et solitaire.
On peut rapprocher ces images du travail de Gregor Sailer, par exemple sur le Complexe de Tir en Zone Urbaine de l'armée française, en 2015.
Et pendant ce temps-là...
...historiographie de l'ininterrompu
27/02/2026
26/02/2026
Ave Maria Lonesome
Paul Fejos - Lonesome, 1928
Mothers of America
let your kids go to the movies!
get them out of the house so they won’t know what you’re up to
it’s true that fresh air is good for the body
but what about the soul
that grows in darkness, embossed by silvery images Mères de l'Amérique laissez vos gosses aller au cinéma!sortez-les de chez vous pour qu'ils ne sachent pas ce que vous fabriquezIl est vrai que l'air frais est bon pour le corps mais qu'en est-il de l'âmequi croît dans l'ombre, estampée d'images argentées Frank O'Hara - Ave Maria, de Lunch Poems, 1964trad. Olivier Brossard et Ron Padgett, Poèmes déjeuner, joca seria éd. 201025/02/2026
24/02/2026
23/02/2026
Le pas d'armes du roi Jean
Mais on lorgnait avec envie le lycée public - mixte, lui - tout neuf dans sa forêt. Une fois, un interne avait craqué, profanant une hostie consacrée - exclusion sans rémission, après enfermement dans la tourelle - en attendant que ses parents viennent le chercher, mes enfants, priez pour lui. Frémissements d'horreur, secrète fascination.







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