l'œil des chats
"les chinois voient l'heure dans l'œil des chats" Baudelaire
19/09/2026
17/09/2026
Le bar du coin : en attendant qui ?
Bruno Mouron - Samuel Beckett, pause café sur une terrasse de la Place Denfert - Rochereau, 1988
C'est probablement la dernière photo de Beckett, prise au téléobjectif ("pour ne pas le déranger") par un photographe de célébrités (1).
On est en 1988. Au début de l'année Beckett habite encore l'appartement du 38, Boulevard Saint-Jacques. Il est déjà affaibli par l'emphysème et fait une première chute en avril en empruntant la passerelle qui surplombe le métro, pour traverser le boulevard Saint-Jacques (2).
Il peut encore sortir de chez lui, avec précaution. Il est atteint de troubles de l'équilibre.
C'est à la fin du mois de Juillet 1988 qu'il fait une autre chute, chez lui, dans sa cuisine, se heurte la tête à un radiateur, est retrouvé sans connaissance. Il sera emmené à l'hôpital et de là admis, non loin de son domicile, au Tiers-temps, "hôtel et maison de retraite médicalisée" - nous dirions aujourd'hui un EHPAD - situé au 26 rue Rémy Dumoncel, le bâtiment est d'ailleurs toujours et bien officiellement un EHPAD aujourd'hui. Il y restera jusqu'à son décès le 22 décembre 1989.
Dans les premiers temps, il pouvait sortir de l'établissement, par exemple pour se promener du côté de son ancien domicile. Et c'est mon hypothèse sur cette photo : elle serait postérieure à l'entrée au Tiers-temps. Bien sûr, l'accident et le déménagement ne sont pas passés inaperçus de la presse, d'où la paparazzade, il s'agit quand même d'un prix Nobel écrivant en français (un seul autre en vie à ce moment-là : Claude Simon). C'est ainsi que Samuel Beckett se retrouvera sur le papier chic des livres de photos aux côtés de Brigitte Bardot, Elizabeth Taylor et les Kennedy. Mais pour l'instant il occupe
" Une chambre terne avec une petite salle de bains attenante. La pièce est meublée de façon spartiate : un lit, une table de chevet, une commode, des étagères où il range les livres qu'il a envie de lire (des biographies d'Oscar Wilde et de Nora Joyce, quelques titres de Kafka), un réfrigérateur qu'il s'est procuré, une petite table installée devant la fenêtre où il s'installe pour écrire son courrier (3). "
C'est une maison de retraite des plus ordinaires. Beaucoup de visiteurs trouvent qu'il pourrait se payer quelque chose de mieux, lui s'y sent bien, le personnel est très gentil. Mais il prend ses repas dans sa chambre car il trouve déprimant de manger avec les autres.
Dans les derniers jours il
Récite de la poésie jusque dans son délire (...) Verlaine, Apollinaire. Hier, Keats (4).
C'est Anne Atik aussi qui recueille le 11 décembre 1989, au milieu d'états incohérents, ces vers, peut-être les derniers de sa composition :
Le médecin nage
Le malade coule (5).
Beckett sera inhumé le 26 décembre au cimetière du Montparnasse, en présence de dix personnes (dont Jérôme Lindon). Quelques jours plus tard, nous raconte Anne Atik, quelqu'un déposera sur sa tombe
un ticket de métro jaune ou quelqu'un a écrit en petites lettres " Godot viendra "(6).
Reste la photo prise par le paparazzo : ce vieux monsieur qui attend élégamment Godot et s'alcoolise doucement (pause-café, vraiment ?), la tête remplie des vers de Dante et préparant peut-être in petto un autre canular aussi énorme que la conférence sur le concentrisme. Samuel Beckett, aède de la vie quotidienne, impavide face à la mort (7).
(1) Respectueuse traduction française du Fellinien paparazzo.
(2) Là-dessus et sur la suite, cf. James Knowlson, Beckett, Solin-Actes Sud éd. 1999, pp. 877-878. Comme on sait, la biographie (inaugurale) de Beckett par Deidre Bair s'arrête en 1973. À ce propos je recommande la lecture des souvenirs de Deidre Bair (Parisian Lives, Samuel Beckett, Simone de Beauvoir and me, a Memoir, Atlantic Books, 2020, non traduit en français), particulièrement pp. 192-200, sur la façon dont, lors de la sortie de son livre, elle s'est fait maltraiter par la petite bande de spécialistes mâles de Beckett jaloux de l'avoir vue accéder aux confidences du Maître - un véritable petit bizutage par des gamins envieux. On en ressort en éprouvant une estime modérée pour Knowlson.
(3) Knowlson, p. 879.
(4) Anne Atik - Comment c'était, souvenirs sur Samuel Beckett, L'Olivier éd. 2001. Entrée du 12 décembre 1989, p. 167.
(5) Anne Atik, ibid. p. 166. Comme elle le précise, c'est aussi une plaisanterie sur le nom de son médecin, le docteur Coulamy.
(6) Ibid. p. 168.
(7) La paparazzade, quand elle est vraie, a quelque chose de la tauromachie selon Michel Leiris, c'est une façon d'user de matériaux dont elle n'est pas maître et qu'il lui faut bien prendre tels qu'elle les trouve. Dans sa violence, la photo volée est censée nous révéler une vérité au-delà de la pose et de la convention (8), par une double héroïsation du photographe et de son sujet-réputé-célèbre, chacun des deux courant le risque du ridicule. La charge de la situation est ici compliquée du fait que la paparazzade s'adresse à celui qui, plus que bien d'autres, a voué sa vie à exprimer par les mots la limite inhérente à la vie même en en soulignant, précisément, le ridicule. Beckett, humoriste tragique, est en soi tellement dérangeant que le paparazzo a bien compris qu'il n'avait nul besoin de le déranger et nul intérêt à le faire. Paparazzer Beckett assis immobile à une table de café, c'est déjà faire ressentir toute la violence malaisante qu'il y a à vouloir représenter la vie quotidienne dans le monde où nous vivons.
(8) Raison pour laquelle la fausse paparazzade est un imparable révélateur d'ignominie, ainsi quand notre actuel président s'obstine à nous infliger sa désespérante vacuité de prétendant idéal.
P. S. : sur la vie de Samuel Beckett, on dispose des 1115 pages de Knowlson (oui, cela peut épouvanter) qui regorgent de petits faits, mais je trouve qu'elles ne constituent guère plus qu'une sorte de chronologie définitive. Je maintiens que Deirdre Bair (Samuel Beckett, 1978, 1979 pour la trad. française) l'emporte de loin par l'empathie et donc par la compréhension de son sujet, même si, comme je l'ai déjà dit, elle ne traite pas des seize dernières années de Beckett. Je recommanderais aussi, outre le livre bouleversant d'Anne Atik (voir plus haut) celui, fort bref et allusif (mais l'allusion est ici efficace) de Nathalie Léger : Les vies silencieuses de Samuel Beckett, Allia éd. 2006.
Et, du passage de S.B. au Tiers-temps, Maylis Besserie a fait un roman.
15/09/2026
Le bar du coin : en attendant les traductions
Alain Corneau (réal.) - Alain Corneau & Georges Perec (1) (scénario) - Série Noire, 1979
(1) Corneau avait produit un scénario sur la base de la traduction Série Noire (Des cliques et des cloaques) mais avait besoin d'un écrivain pour peaufiner les dialogues. La façon dont il en vint à recruter Perec est assez intéressante :
Le réalisateur Alain Corneau avait écrit une adaptation d’un thriller de Jim Thompson, Des cliques et des cloaques. Il avait trouvé un producteur pour le film et établi la distribution, mais les dialogues lui posaient problème. Il voulait que Frank, le personnage principal, s’exprime exclusivement en clichés pour montrer son vide intérieur. Il évoqua la question avec son producteur Maurice Bernart, qui en parla à sa femme, Florence Delay, qui sollicita l’avis de son collaborateur, Jacques Roubaud, qui proposa un de ses collègues de l’OuLiPo. Corneau fut surpris de savoir qu’un auteur aussi connu que Georges Perec serait prêt à travailler sur les dialogues de son film, mais il en était ravi. Un seul coup de téléphone rue Linné suffit pour établir un accord.
David Bellos, Georges Perec, une vie dans les mots, Seuil éd., 2ème édition 2022, pp. 635-636.
Perec s'acquitta de la tâche avec une grande facilité. Cette aptitude à placer dans la bouche de Patrick Dewaere les clichés et les expressions toutes faites rappelle évidemment l'art des Je me souviens.
(2) Voir sur ce point Robert Polito, Savage Art, a biography of Jim Thompson, Vintage Books 1996.
13/09/2026
Allers et retours : Eberling
11/09/2026
Une partie de pétanque et un canon de fusil
Lanfranchi habite dans ce qu’on appelle ici la campagne. Ce qui reste de la campagne. Il faut contourner la Ville et un peu sortir, traverser la zone passe-partout, entrepôts, halls de vente, puis les maraîchages bouffés de villas néoprovençales préfabriquées, les tartines de débris de maçonnerie sur la vieille terre noire. Après, ça commence à craindre, la route devient chemin, on longe la petite rivière claire malgré les plastiques accrochés aux racines des berges. Derrière, on voit bien droites les falaises de ce putain d’aigle de Bonelli. L’humidité monte du sol style plaine du Pô. Il y a des peupliers. Chemin des Laurons, le bien nommé.
On ne peut pas rater Lanfranchi vu qu’il n’y a qu’une maison, qu’on a dû démonter en Piémont pour la remonter ici : murs de briques fissurés, arcades, grenier-séchoir. À côté d’une haie de cyprès miteux, un foutoir de carcasses de bagnoles, bétonnières rouillées, bidons d’essence incinérateurs, plus un poulailler.
Laugier va jusqu’à la maison. La terrasse semble abandonnée, sous un tilleul fatigué. Mais on peut toujours l’imaginer sympa au printemps – lucioles, concert précoce de grenouilles – et fraîche en été. Les volets sont fermés. Pas de sonnette.
— Monsieur Lanfranchi ? Un petit chien-bordille arrive en aboyant autant qu’il peut. Cette manie des chiens, mais au moins, là, on s’évite le doberman.
Laugier fait le tour de la maison hantée. Surprise, au recto, retour à la civilisation : derrière une rangée de cannes, des containers pleins de cartons et d’emballages à bulle. Les aérateurs du Mammouth soufflent un boucan énorme sur les cannes et trois figuiers ruinés.
Laugier est en train de contempler ce désastre quand d’un coup il sent dans ses reins quelque chose qui ressemble clairement à un canon de fusil.
René Merle - Treize reste raide (1) (2), Gallimard Série Noire n°2471, 1997
On rencontre cinq fois l'aigle de Bonelli dans Treize reste raide. Un petit hommage à cet oiseau qui revient de loin et à René Merle, historien de l'Occitan provençal et de la résistance au coup d'état du 2 décembre, dont les doigts viennent de se suspendre sur le clavier.
(1) "Treize reste raide !" est un terme de pétanque : c’est une formule conjuratoire, un sort qu’on jette à celui qui est en passe de gagner pour l’empêcher de gagner, mais dans " raide " il y a à la fois une idée de mort, une idée phallique, et " treize " c’est le nombre qui symbolise les Bouches-du-Rhône, Marseille (3).
(2) Treize reste raide est aussi, via le roman noir, une anamnèse historique du Sabianisme - soit un remède à une politique de l'oubli spécifiquement marseillaise.
(3) Là je cite René Merle, car la pétanque et les chats, ça fait trois. Et si j'ai bien compris cela vient du fait que le chiffre 13 porte malheur : quand la mène (la manche) est en 15 points, le sort qu'on jette à celui qui atteint le score de 13, tout près de la victoire, fera qu'il n'ira pas plus loin et sera battu. Cela a évidemment un sens dans ce roman, il faut le lire jusqu'au bout.
09/09/2026
Rideau noir et fleuves de sang
07/09/2026
It's a rich man's game
05/09/2026
03/09/2026
01/09/2026
Jadis, en Angleterre
Long ago in 1945 all the nice people in England were poor, allowing for exceptions.
Jadis, en 1945, en Angleterre, tous les gens bien étaient pauvres, à quelques exceptions près.
The streets of the cities were lined with buildings in bad repair or in no repair at all, bomb-sites piled with stony rubble, houses like giant teeth in which decay had been drilled out, leaving only the cavity.
Des immeubles mal remis en état ou pas remis en état du tout, des cratères de bombes où s’entassaient des gravats, des maisons pareilles à des dents géantes, dont la carie aurait été enlevée à la fraise pour ne laisser que la cavité, bordaient les rues des grandes villes.
Some bombripped buildings looked like the ruins of ancient castles until, at a closer view, the wallpapers of various quite normal rooms would be visible, room above room, exposed, as on a stage, with one wall missing; sometimes a lavatory chain would dangle over nothing from a fourth- or fifth-floor ceiling; most of all the staircases survived, like a new art-form, leading up and up to an unspecified destination that made unusual demands on the mind’s eye.
Certains immeubles, éventrés par une bombe, ressemblaient à des ruines de châteaux anciens jusqu’à ce qu’en y regardant de plus près, on pût distinguer les papiers muraux de différentes pièces tout à fait normales, l’une au-dessus de l’autre, exposées à la vue ainsi que sur une scène de théâtre, avec un mur manquant ; parfois, une chaîne de cabinets se balançait dans le vide, d’un plafond de quatrième ou cinquième étage ; presque tous les escaliers subsistaient, pareils à quelque nouvelle forme d’art ; ils montaient, montaient vers une imprécise destination qui sollicitait l’imagination de manière insolite.
All the nice people were poor; at least, that was a general axiom, the best of the rich being poor in spirit.
Tous les gens bien étaient pauvres ; il s’agissait là, du moins, d’un axiome d’ordre général, les meilleurs des riches étant pauvres en esprit.
Couvertures : Penguin Books - par Leo Duff (n°1) Mike Wilcox (n°3), artiste inconnu (n°4) et Robert Croxford (n°5) - à l'exception de la seconde, par Lyndon Hayes pour Folio Society en 2013.
Et, à propos de Muriel Spark, déjà.
30/08/2026
Les vacances du bestiaire : s'il y avait une métempsycose...

Dino Buzzati - En un oiseau assez intelligent... J'entends par là un oiseau qui comprenne les pièges de l’homme, et qui puisse, par conséquent, se sauver...
Y.P. - Un exemple ?
D.B. - Je ne sais pas s'il en existe... Existe-t-il des oiseaux très intelligents ?... Les corbeaux sont assez intelligents... Un corbeau, ça ne doit pas être si mal... À cause des milieux où il vit, aussi...
Y.P. - Tu as dit : « qui comprenne les pièges de l'homme... » En quel sens as-tu eu a souffrir de semblables pièges dans ton existence ?
D.B. - Non. Ce n’est pas pour ça. Je voyais plutôt ces pauvres bêtes, qui sont horriblement décimées.. C’est pour cela que j’ai toujours souhaité qu’un jour ou l’autre, dans l’échelle de l’évolution — qu’évidemment on ne voit pas (parce que jusqu’à présent, les bêtes sont toujours identiques à elles-mêmes...) — elles puissent apprendre à utiliser les armes a feu. Et pour ma part je souhaiterais que les chasseurs, un beau matin, se trouvent devant des lièvres, des lapins de garenne et même des oiselets, munis de petits fusils... Il ne serait pas nécessaire qu’ils fassent tellement mal... Il suffirait qu’ils leur tirent dessus... Mais qu’ils tirent pour de bon!... Ce serait une chose superbe !...
28/08/2026
26/08/2026
Les vacances du bestiaire : quid mus sumit ?
23/08/2026
Regarde la route : Ночной пассажир
Le soir tombait. Nous roulions en silence. Sur la route devenue large et lisse, les lignes jaunes, tout au long des courbes, traçaient leurs messages en morse rapide. Au-dessus de la voiture ouverte, les arbres glissaient dans l'eau du ciel comme les algues d'un grand fleuve.
On est en 1960, date de parution, et un homme conduit une voiture de sport. À son côté, un passager qu'il ne connaît pas, qu'une amie lui a demandé de transporter "vers Champagnole". Le passager est Algérien, ce que l'amie n'avait pas précisé, et il porte un petit sac de voyage dont on connaîtra le contenu vers la fin du roman.
C'est un roman parce que
C'est René Julliard qui m'avait suggéré d'étiqueter sous le titre de mon récit l'appellation contrôlée de « roman ». "Jusqu'à présent on n'a pas encore saisi de roman !" disait-il, habile et perspicace. De fait, le livre, quoique cité en exemple de la littérature « Anti-France » au sein même de l'Assemblée nationale, ne fut pas inquiété. Moi non plus. Et la presse dans son ensemble feignit de l'apparenter plutôt à Adolphe et à la princesse de Clèves qu'aux pamphlets de Vergès ou Jeanson (1).
Le passager de la nuit est, outre une très belle relation de voyage nocturne, l'histoire d'une rencontre et d'un dialogue qui permettent de toucher, par le biais précisément du romanesque, ce point sensible de l'histoire de notre cher et vieux pays - les porteurs de valise. Ces citoyens du cher et vieux pays qui ont décidé à un moment donné d'aider ceux qui se battaient, au nom de la justice, contre le cher et vieux pays.
Et tout le monde sent bien (y compris justement les censeurs) que c'est par ce genre de point sensible qu'on apprend vraiment l'histoire de son pays. Mais comme le pensait René Julliard, la censure a de ces pudeurs quand il s'agit du roman, elle pense à la Princesse de Clèves.
Très peu de temps après, les soviétiques publièrent la traduction du Passager...
C'est à Moscou, aux studios Mosfilm, que Maurice Pons vint rencontrer
qui y terminait le film tiré du « roman ».
Zacharias lui-même est un peu un personnage de roman, résistant de l'EPON pendant l'occupation allemande de la Grèce et la guerre civile, réfugié en France en 1945 par le fameux voyage de Noël du Mataroa, formé à Paris à l'IDHEC puis à Moscou à Mosfilm, réalisant sept films en URSS avant de retourner en Grèce à la chute des colonels pour rejoindre, chargé du cinéma, le ministère de la culture de Melina Mercouri. Mais...
un point me préoccupait encore : et la voiture ? La puissante et élégante voiture décapotable de Georges Pradier (le héros français du livre) est, d'une certaine façon, le personnage principal de ce récit. Et je savais qu'on ne fabrique pas de cabriolet de sport en URSS .
Eh bien, venez voir, me dit en riant Anneka, la jeune assistante de Manos.
Elle me conduisit vers un autre coin de l'immense plateau et là, cachée derrière des panneaux (1)...
À ma connaissance Manos Zacharias, né le 9 juillet 1922, est toujours en vie. Maurice Pons est parti voyager dans le grand ailleurs le 8 juin 2016.
Quant à ce film, qui avait bien peu de chances d'être projeté en France ces années-là, il reste la mémoire spectrale d'une guerre civile innommée, refoulée et bien présente encore aujourd'hui, où des policiers français parlent en russe sous nos yeux de spectateurs lointains de notre propre histoire, en regardant passer une Chevrolet-corvette c1 convertible, à injection directe.







































