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06/04/2026

Ayons (une nouvelle fois) (un peu) congé



 

Ce chat, dessiné par 

 

Awashima Chingaku...
 

...est la première image postée sur ce blog le 22 mars 2007, soit il y a un peu plus de 19 ans.

Ce blog va se faire plus épisodique, je ne dis pas qu'il va se mettre complètement en sommeil mais il va sûrement faire de beaux rêves. J'en profite pour réécouter ces petites chansons

 

 
Rebecca Pidgeon - Medley : Auld Lang Syne/Bring it on home 
de l'album The New York girl's club, 1995 
David Mamet pour le poème introductif
 Trad./Robert Burns pour Auld Lang Syne,
paroles et musique de Sam Cooke pour Bring it on home
 
 
que j'avais déjà postées lors d'un (précédent) endormissement de ces notules oculo-félines. Mais Auld Lang Syne ce n'est qu'un au revoir.
 
Prenez grand soin de vous par ces temps contrastés.
 
 
 

05/04/2026

Signes et prodiges : le piéton lumineux


Keita Morimoto - For the light that left us, 2025 
Acrylique et huile sur toile

 

01/01/2026

Bonnes résolutions : les choses de ce monde


16 avril 1960 - le scénario a avancé un peu ! Le soir venu, ai bu du "Hennessy" et croqué du fromage. Un délice ! Rien de meilleur dans tout ce que la vie peut nous offrir !
Yasujiro Ozu - Carnets 1933-1963, 1993
Alive éd. 1996
Trad. Josiane Pinon-Kawataké
(Le scénario en question est probablement celui de Fin d'automne) 

 

 

Rien de meilleur en effet, en un 1er janvier, que de prendre des résolutions avec Ozu (5).

 

 

 Yasujiro Ozu - Carnets 1933-1963, 1993
Entrée du 1er janvier 1955 

 
 

(1) Actrice. Elles interprète la coiffeuse du petit salon de coiffure dans Tôkyô monogatari (Voyage à Tôkyô)

(2) Iwama Tsuruo, réalisateur de la Shôchiku.

(3) Hara Kenkichi, réalisateur, ancien assistant d'Ozu. 

(4) Plat du nouvel an : bouillie de riz gluant (mochi) accommodée de viande et de légumes.

(Notes de la traductrice) 

(5) Je me demande ce que disait Ozu à ses hôtes pour souhaiter la nouvelle année, peut-être un truc pas trop formel genre 今年も元気でいきましょう / Kotoshi mo genki de ikimashō / Prenons soin de notre santé cette année aussi ? J'en profite pour étendre ce vœu aux lecteurs de ce blog et, pourquoi pas, aux êtres vivants (6) de cette planète ainsi que, soyons fous, de cette galaxie, de cet univers et des univers éventuellement parallèles - et oui, il peut y avoir de bonnes nouvelles.

(6) J'inclus les végétaux, qui ne me répondront pas, je sais. 


29/12/2025

Un florilège de fin d'année : l’écho qu’elle laissait derrière elle faisait songer au temps qui s’écoule

 

 


 

C’était le vingt-neuf décembre. Oki se rendait à Kyôto pour y entendre les cloches de fin d’année. 
 
Depuis combien d’années, la veille du jour de l’An, Oki avait-il pris l’habitude d’écouter, retransmis par la radio, le carillon des cloches annonçant le passage d’une année à l’autre ? Depuis quand cette émission existait-elle ? Oki, probablement, n’avait jamais manqué de l’écouter, ainsi que les commentaires des speakers qui présentaient, les unes après les autres, les célèbres cloches des vieux monastères disséminés à travers le pays. Comme l’année révolue allait céder sa place à l’année nouvelle, les présentateurs étaient enclins dans leurs commentaires à prononcer de belles phrases sur un ton de déclamation. Marquant de longs temps d’arrêt, la vieille cloche d’un monastère bouddhique sonnait, et l’écho qu’elle laissait derrière elle faisait songer au temps qui s’écoule et incarne l’âme du vieux Japon. Aux cloches des monastères situés dans le nord du pays succédaient les cloches de Kyûshû, mais chaque veille du jour de l’An s’achevait avec les cloches des monastères de Kyôto. Les monastères étaient si nombreux à Kyôto que la radio diffusait parfois les sons mêlés de cloches innombrables.
 
 

 

Le soir du nouvel an, à minuit, les cloches des monastères bouddhistes du Japon sonnent 108 coups (1) pour purifier le cœur des fidèles des 108 désirs qui causent la souffrance humaine. Cela dit, ce n'est pas parce que l'on aime écouter les carillons qu'on est forcément libéré des 108 variations des Kleshas - surtout si on profite du voyage pour ranimer un amour de jeunesse. C'est ce que va vérifier Oki Toshio à la fin du roman. Vous êtes prévenus : le temps qui s'écoule ne revient pas - il faut en croire les romanciers, ce sont des experts en funestes penchants.


Au même moment, sa femme et sa fille confectionnaient dans la cuisine divers mets pour fêter le Nouvel An, mettaient un peu d’ordre dans la maison, préparaient leurs kimonos ou arrangeaient des fleurs et tandis qu’elles vaquaient à leurs occupations, Oki s’asseyait dans le salon et écoutait la radio. Pendant que les cloches sonnaient, il jetait, non sans émotion, un regard en arrière sur l’année qui se terminait. Selon les années, l’émotion qu’il éprouvait se révélait violente ou douloureuse. Parfois, le regret et la tristesse le déchiraient. Mais le tintement des cloches trouvait toujours un écho dans son cœur, même lorsque la sentimentalité qu’il discernait dans les propos comme dans la voix des speakers le dégoûtait. Et c’est pourquoi l’idée de se rendre à Kyôto un trente et un décembre afin d’y écouter directement, et non plus par l’intermédiaire de la radio, les cloches des vieux monastères le tentait depuis de longues années.

Yasunari Kawabata - Tristesse et beauté, 1961-65
trad. Amina Okada
 
 
 
(1) Enfin, en principe... Les moines vieillissent et sont de moins en moins nombreux pour sonner les cloches, et le voisinage a tendance à se plaindre de la pollution sonore.

08/10/2025

Le ciel est au-dessus de tout ça


Miho Ichise - Sunny Window, 2022
Huile sur toile

 

 

Miho Ichise - Nightfall, 2024
Huile sur toile

 

20/01/2025

C'est nous qui vivons dans un rêve


Mme Chat rencontre un Yōkai
Makiko Furuichi - Rattraper le pain perdu, Artothèque de Caen, jusqu'au 15 février 2025

 

 


Makiko Furuichi explique que ce
Yōkai est inspiré d'une nouvelle de Ray Bradbury, La corne de brume, où deux gardiens de phare voient apparaître... 

nous étions tous deux seuls dans la haute tour et là-bas, devant nous, encore assez loin, il y avait un remous, suivi d’une vague, et quelque chose qui s’élevait dans un bouillonnement d’écume. Tout à coup, à la surface glacée de la mer, une tête parut, une grosse tête sombre avec des yeux immenses ; puis un cou. Venait ensuite – non pas un corps mais le cou interminable, encore et toujours. La tête se dressait à présent à quarante pieds au-dessus de l’eau sur un cou frêle, beau et sombre. C’est alors seulement que peu à peu, le corps sortit de la mer, pareil à une petite île de corail noir, couverte de coquillages et de crustacés. Enfin, on vit ondoyer une queue. En tout, de la tête au bout de la queue, j’estime que le monstre devait avoir quatre-vingt-dix à cent pieds.

Ray Bradbury - The Fog Horn / La corne de brume, 1950 - trad. Richard Négrou sous le titre La sirène, in Les pommes d'or du soleil, Denoël éd. 1956

 

...un monstre des profondeurs qui répond encore et toujours à l'appel de la corne de brume.

— Ça crie comme une bête, n’est-ce pas ? » McDunn opina de la tête pour lui-même. « Une grosse bête solitaire, hurlant à la nuit. Debout au seuil de dix millions d’années, appelant vers les profondeurs : je suis là ! Je suis là ! Je suis là ! Et les profondeurs vont répondre, oui, elles vont le faire. (...) Depuis des années, Johnny, ce pauvre monstre vit en rampant, loin d’ici, à vingt lieues de profondeur peut-être, attendant que sa vie s’achève ; car elle a peut-être un million d’années, cette créature. Penses-y un peu, attendre un million d’années ; pourrais-tu attendre si longtemps ? (...) et à présent tu es seul, tout seul, dans un monde qui n’est pas fait pour toi et où tu dois te cacher. Mais le chant de la Sirène arrive jusqu’à toi puis s’en va, revient, puis repart, et tu te dresses au fin fond boueux des profondeurs et les yeux grands ouverts comme les lentilles d’un énorme objectif, tu te mets à avancer lentement, lentement, car tu as sur tes épaules tout l’immense poids pesant de l’Océan.

Le monstre était à présent à une centaine de pieds seulement, échangeant des cris avec la Sirène. Et la lumière créait entre eux comme un lien : les yeux du monstre étaient tour à tour de feu, de glace, de feu, de glace (...) — C’est ça la vie, dit McDunn. Attendre toujours quelqu’un qui ne revient pas. Aimer toujours plus quelqu’un qui vous aime toujours moins. Et au bout d’un certain temps arriver à vouloir le tuer pour qu’il ne puisse plus vous faire souffrir.

 

Dans la même salle on fait d'ailleurs d'autres rencontres...


 
Meeting, 2021

 

...voire des auto-rencontres.

 


 

Après tout, comme le dit Bradbury : 

— Ce n’est pas possible, je rêve ! 
— Non, Johnny, c’est notre vie actuelle qui est un rêve. Ce que tu vois devant toi, c’est la vie telle qu’elle était il y a dix millions d’années. Elle, elle n’a pas changé. C’est nous qui avons changé, nous et la terre, et c’est nous qui vivons dans un rêve. Nous.

11/10/2024

Les Japonais sont des enfants (et vice-versa, peut-être)




 

De 1891 à 1924 Nishizawa Tekihō et Shimizu Seifū ont produit, sous le titre Unai no tomo (les amis d'un enfant) une collection de gravures sur bois en dix tomes reproduisant des jouets tradtionnels japonais souvent dérivés de charmes et d'amulettes reliés au folklore paysan et à la tradition shinto.


13/11/2022

Les vacances du bestiaire : redoutable symétrie


Kōichi "Tiger" Tateishi - A tiger in the land of dreams, 1984
Via 50 Watts
 

Tyger Tyger, burning bright,
In the forests of the night;
What immortal hand or eye,
Could frame thy fearful symmetry ?

William Blake, Songs of experience, 1794






02/05/2022

Chinoises, mais japonaises


Utagawa Hiroshige - Huit ombres chinoises, ca 1842
Gravure sur bois

08/02/2021

Les vacances du bestiaire : Kyōsai

Kawanabe Kyōsai - Poissons

Gravure sur bois

 

 

 

 Et pendant ce temps-là...

...où, pourquoi, quid ?

 

 


 

19/04/2019

Les vacances du bestiaire : du bonheur en bouillotte


Artiste inconnu,  Takejiro Hasegawa éd. - The Wonderful Tea-Kettle / La bouilloire merveilleuse
Japanese Fairy Tales, n°17, ca 1917
Gravure sur bois en couleurs
Via poboh





Il existe plusieurs versions du conte Bunbuku Chagama. En voici une : un pauvre chaudronnier ambulant découvre un Tanuki pris au piège et le libère. Pour le remercier, le Tanuki se transforme en bouilloire à thé (chagama) que son libérateur pourra vendre au marché.

C'est un moine, grand amateur de thé, qui achète la bouilloire et la met sur le feu - il voit alors des pattes et une tête pousser à la bouilloire...



Frederick Richardson - ill. pour The wonderful tea-kettle


...qui, mi-objet mi-animal, s'enfuit illico pour retrouver le pauvre chaudronnier. Ce dernier monte alors un petit cirque ambulant qui produit la bouilloire-Tanuki faisant de la corde raide. Le chaudronnier fait ainsi fortune, qu'il partage avec le Tanuki au moment de prendre sa retraite. Le Tanuki, avec tous ses biens, est alors déposé au temple de Morinji où on peut d'ailleurs toujours le vénérer.


La série des Fairy Tales, publiée au Japon à partir de 1896, était fabriquée par des artistes japonais à l'intention du marché européen. Les livres sont reliés suivant la technique dite Fukuro Toji, avec ligature apparente au dos.




Source : Baxley Stamps





On trouvera ici une page consacrée à cette édition, avec tous les détails et la reproduction intégrale des estampes. Notez qu'il existait une version à l'usage du public français...








où la Bouillotte du bonheur... 








...portait le n°16. Titre approprié puisque Bunbuku Chagama, c'est Le bonheur bouillonnant comme une théière.



On trouvera par ici une présentation vidéo de l'édition anglaise.

17/01/2019

Société du spectacle : le bagnard du kabuki


Yamamura Kōka (Toyonari) - Morita Kan'ya XIII dans le rôle de Jean Valjean, 1921, de la série Les fleurs du monde théâtral
Gravure sur bois




Comme d'autres acteurs de Kabuki de l'ère Taishō, Morita Kan'ya XIII jouait également dans des pièces d'auteurs occidentaux. Il avait tenu le rôle d'Hamlet en 1919 et l'année suivante, donc, il jouait dans Les Misérables au... 



Théâtre Yūraku, Tokyo, ca 1930.



Le Yūraku, situé à Ginza prés du pont Sukiyabashi, ouvrit ses portes en 1908; avec ses 900 sièges et deux balcons, ce fut le premier théâtre à l'occidentale du Japon, et le premier à présenter une pièce étrangère : John Gabriel Borkman, d'Ibsen, en 1911.




18/12/2018

Signes et prodiges des années 30 (petite et grande histoire du gaz, #3)


Masao Horino - Exercice d'alerte au gaz, défilé de petites filles avec masques, Tokyo, 1936-1939
Via Un regard oblique






dans les photos de famille de M. Chat, ca 1930
(déjà postée par ailleurs) 













19/07/2017

Musique pour nuages : reprise



Je ne le fais pas souvent, mais je republie cet article du 19 janvier dernier à l'occasion de la reprise en (quelques) salles françaises, ce mercredi, de Nuages épars - profitez-en, Midaregumo n'est plus (tout à fait) introuvable...




Tōru Takemitsu - Musique pour Midaregumo / Nuages épars, de Mikio Naruse, 1967
Mis en ligne par TheUnknown837




Nuages épars est une splendeur crépusculaire et introuvable. Crépusculaire parce que c'est le dernier film de Naruse qui meurt deux ans plus tard, que Mizoguchi et Ozu sont déjà morts eux, depuis un bail, et que Kurosawa traverse alors le désert hollywoodien : fin d'une époque.

Introuvable en dvd (à ma connaissance il n'a jamais figuré que sur le canal Hulu de la Criterion collection) et jamais visible en salle, sauf miracle il vous faudra attendre une rétrospective Naruse en cinémathèque, mais dans ce cas-là précipitez-vous. Je me souviens l'avoir vu une seule fois, en 2003.




Mikio Naruse - Midaregumo / Nuages épars, 1967
Mis en ligne par yutorideath
(et désolé pour l'anamorphose...)



L'argument initial de Nuages épars est curieusement assez proche du Broken lullaby (L'homme que j'ai tué) de Lubitsch (1). Mishima tue involontairement Hiroshi dans un accident de la circulation. Il veut s'excuser auprès de sa veuve Yumiko et la dédommager, mais tout d'abord elle ne veut pas entendre parler de lui. Plus tard ils se retrouvent par hasard dans la même ville, elle après avoir été évincée par la famille de son mari défunt, lui muté par son entreprise. Leur seconde rencontre se transforme en un amour naissant - qui restera mort-né. De cet argument Naruse tire un mélodrame doucement inexorable. Deux solitudes parallèles cheminent dans la campagne japonaise, une expiation impossible se résout au final dans une implosion de tristesse partagée. Rares sont les films qui laissent à ce point un goût de fatalité - et les thèmes de Takemitsu n'y sont pas non plus pour rien.


Tōru Takemitsu (1930-1996) a composé la musique de dizaines de films, dont Kwaïdan, Dodes'kaden, La cérémonie, Une petite soeur pour l'été, L'empire de la passion, Ran, Pluie noire...

...mais encore ceci : 




Tōru Takemitsu - Rain spell, 1980
Mis en ligne par TheWelleszCompany





...ou, pour finir dans un bar :



Tōru Takemitsu - Valse
Musique pour Hiroshi Teshigahara - Tanin no kao / Le visage d'un autre, 1966
Paroles en allemand de Tatsuji Iwabuchi, chantées par Beverly Maeda
Mis en ligne par LoveExposure





(1) Pour la fin, il est plus proche de ce que François Ozon en a récemment refait.

14/03/2017

L'art de la lecture : Ayons congé

Tetsuya Noda - Diary, February 11th, 1995
Gravure sur bois et sérigraphie
Fine Arts Museum of San Francisco

09/03/2017

Ronde de nuit : Yoshijiro Urushibara


Yoshijiro Urushibara - Les Pins (ou Clair de lune, Bournemouth), 1928
Gravure sur bois 
© William Morris Gallery, London Borough of Waltham Forest
Via Hyperallergic



Yoshijiro Urushibara dit Mokushu (1889-1953) fut un passeur dans l'art de l'estampe. Formé à Tokyo, il participe à l'exposition anglo-japonaise de Londres en 1910, et décide de rester en Angleterre où il travaille avec Frank Brangwyn, jusqu'à son retour forcé au Japon en 1940.

On trouvera ici un site dédié à son travail, et là chez l'excellent haji baba un article (en anglais) sur sa collaboration avec Brangwyn, à laquelle la William Morris Gallery consacre actuellement une exposition (voir aussi ici et là).

19/01/2017

Une semaine dans les oreilles (4) : musique pour nuages


Tōru Takemitsu - Musique pour Midaregumo / Nuages épars, de Mikio Naruse, 1967
Mis en ligne par TheUnknown837




Nuages épars est une splendeur crépusculaire et introuvable. Crépusculaire parce que c'est le dernier film de Naruse qui meurt deux ans plus tard, que Mizoguchi et Ozu sont déjà morts eux, depuis un bail, et que Kurosawa traverse alors le désert hollywoodien : fin d'une époque.

Introuvable en dvd (à ma connaissance il n'a jamais figuré que sur le canal Hulu de la Criterion collection) et jamais visible en salle, sauf miracle il vous faudra attendre une rétrospective Naruse en cinémathèque, mais dans ce cas-là précipitez-vous. Je me souviens l'avoir vu une seule fois, en 2003.




Mikio Naruse - Midaregumo / Nuages épars, 1967
Mis en ligne par yutorideath
(et désolé pour l'anamorphose...)



L'argument initial de Nuages épars est curieusement assez proche du Broken lullaby (L'homme que j'ai tué) de Lubitsch (1). Mishima tue involontairement Hiroshi dans un accident de la circulation. Il veut s'excuser auprès de sa veuve Yumiko et la dédommager, mais tout d'abord elle ne veut pas entendre parler de lui. Plus tard ils se retrouvent par hasard dans la même ville, elle après avoir été évincée par la famille de son mari défunt, lui muté par son entreprise. Leur seconde rencontre se transforme en un amour naissant - qui restera mort-né. De cet argument Naruse tire un mélodrame doucement inexorable. Deux solitudes parallèles cheminent dans la campagne japonaise, une expiation impossible se résout au final dans une implosion de tristesse partagée. Rares sont les films qui laissent à ce point un goût de fatalité - et les thèmes de Takemitsu n'y sont pas non plus pour rien.


Tōru Takemitsu (1930-1996) a composé la musique de dizaines de films, dont Kwaïdan, Dodes'kaden, La cérémonie, Une petite soeur pour l'été, L'empire de la passion, Ran, Pluie noire...

...mais encore ceci : 




Tōru Takemitsu - Rain spell, 1980
Mis en ligne par TheWelleszCompany





...ou, pour finir dans un bar :



Tōru Takemitsu - Valse
Musique pour Hiroshi Teshigahara - Tanin no kao / Le visage d'un autre, 1966
Paroles en allemand de Tatsuji Iwabuchi, chantées par Beverly Maeda
Mis en ligne par LoveExposure





(1) Pour la fin, il est plus proche de ce que François Ozon en a récemment refait.

19/08/2016

Le greffe : Netsuke


Kaigyokusai Masatsugu - Chat endormi
Netsuke
Ivoire, encre de Chine et pigment rouge
LACMA

04/04/2016

À l'ouest rien de nouveau : à l'est non plus


Akira Kurosawa - Je ne regrette rien de ma jeunesse, 1946
Mis en ligne par wildsidecats




La scène est censée se dérouler en 1933, au début de l'ère de la militarisation Shōwa. Le film, réalisé au moment des grèves de la Toho, un des plus ouvertement politiques de Kurosawa, retrace l'histoire politique et sentimentale d'un groupe d'étudiants protestataires durant les années 30 et 40. Peu connu en France, il vient d'être réédité dans le cadre de la récente rétrospective Kurosawa. Outre le premier lien ci-dessus, on peut lire une autre critique ici, et se procurer le film là (1).


(1) C'est cher, oui, et c'est chez Amazon, je sais. J'ai aussi un casse-auto à côté de chez moi et un hyper U pas loin. Mais un jour je changerai de planète. J'envisage. Quoique.

30/03/2016

Ronde de nuit : Tadanori Yokoo


Tadanori Yokoo - A dark night's flashing
Via designboom