30/06/2026

Sûrement, dis-je, sûrement c'est quelque chose


Gustave Doré, 1883, ill. pour :

 

 
Back into the chamber turning, all my soul within me burning,
Soon again I heard a tapping somewhat louder than before.
« Surely, said I, surely that is something at my window lattice ;
Let me see, then, what thereat is, and this mystery explore,
Let my heart be still a moment and this mystery explore ;
Tis the wind and nothing more ! »

 
Rentrant dans la chambre, toute mon âme en feu, j’entendis bientôt un heurt en quelque sorte plus fort qu’auparavant.
« Sûrement, dis-je, sûrement c’est quelque chose à la persienne de ma fenêtre. Voyons donc ce qu’il y a et explorons ce mystère – que mon coeur se calme un moment et explore ce mystère ; c’est le vent et rien de plus. »
 
Edgar Allan Poe - The Raven / Le corbeau 
(trad. Mallarmé)
 
 
 
Et de Gustave Doré, entre autres, déjà.

29/06/2026

New York à travers les siècles

 

John Dowd - 8th Avenue, Night, 2026
Huile sur toile

 

 

 

 

Martin Lewis - Bi-planes flying over New York City, 1919
Aquarelle
 
 
 
Si on veut creuser sous les siècles, on peut lire Burrows & Wallace & aussi Wallace
 
Et de Martin Lewis, déjà

28/06/2026

Un petit fauteuil rose et une maladie à soigner


Roger Eliot Fry - Edward Carpenter, 1894
Huile sur toile

 

À l'époque où Fry le peint en chaussures de ville à côté d'un adorable petit fauteuil rose, Carpenter (1844-1929) était déjà bien connu pour vivre en sandales et même pour les fabriquer à Millthorpe près de Sheffield, au milieu des trois hectares maraîchers qu'il cultivait lui-même en adepte de la vie frugale et en disciple de Thoreau.

Fils d'une famille d'amiraux et de rentiers, il étudie à Cambridge, se destine d'abord au pastorat anglican qu'il abandonne, devient socialiste en un temps où ce mot avait un sens, membre fondateur de la Fabian Society - et par voie de conséquence du Labour Party originel, si loin de ce que ce dernier est hélas devenu. Admirateur de Walt Whitman il fut anticolonialiste, défenseur du droit de vote des femmes et un théoricien des droits des homosexuels.

 


Edward Carpenter en 1905, avec les sandales

 

Critique acharné de la fabrique des besoins artificiels, partisan d'un socialisme coopérativiste et de l'autosuffisance maraîchère (1), précurseur de l'écologie politique, Carpenter, dans un texte célèbre, avait défini ce que nous appelons notre Civilisation comme une maladie qu'on devait et pouvait soigner.

En français on trouvera ici ou encore des notes sur sa vie et ses idées. Et certains de ses textes ont été traduits par Cy Lecerf Maulpoix ou par Pierre Thiesset. La biographie par Sheila Rowbotham n'est disponible qu'en langue originale.

 

(1) Partie prenante de ce vaste mouvement qui va de l'Arts and Crafts au Garden City Movement, et dont on sous-estime régulièrement la participation au socialisme anglais.

 
 

27/06/2026

Avec le gaz et l'électricité



Michelle Paterok - Transformer, 2025
Huile sur toile

 

 
Jeremy Miranda - Stock Pot, 2026
Huile sur toile

26/06/2026

Le temps des bretelles mauves et des banquettes défoncées

 

Dick Bruna - Illustration pour la couverture de Walging (1) - La Nausée 
A.W Bruna & Zoon. Utrecht 1961, Black Bear pocket books
Via iconofgraphics

 

"Madeleine, jouez-moi un air au phono, vous serez gentille. Celui qui me plaît, vous savez : Some of these days.
- Oui, mais ça va peut-être ennuyer ces messieurs; ces messieurs n'aiment pas la musique, quand ils font leur partie. Ah! je vais leur demander."

Jean-Paul Sartre, La Nausée, 1938

 

 

 
Shelton Brooks - Some of these days, 1910
Sophie Tucker voc. - Ted Lewis orch. 1926
Mis en ligne par ASACurator
 
 
Et encore une republication pour retrouver la musique - pire, une re-republication d'un vieux billet de 2015 déjà repris en 2019. On ne pourra pas m'accuser de ne pas assez insister, mais il est vrai que La Nausée, c'est générationnel...
 
Et donc on re-redonne un coup de manivelle au phono, pour Antoine Roquentin sur sa banquette au Rendez-vous des cheminots, Antoine qui est déçu...


Je venais pour baiser, mais j’avais à peine poussé la porte que Madeleine, la serveuse, m’a crié : « La patronne n’est pas là, elle est en ville à faire des courses. » 

...et qui a le mal de mer existentiel.


« Qu’est-ce que vous prenez, monsieur Antoine ? » Alors la Nausée m’a saisi, je me suis laissé tomber sur la banquette, je ne savais même plus où j’étais ; je voyais tourner lentement les couleurs autour de moi, j’avais envie de vomir. Et voilà : depuis, la Nausée ne m’a pas quitté, elle me tient. 

 
Antoine reluque le cousin et ses bretelles mauves (elles sont peut-être violettes ?)...
 

Quand la patronne fait des courses, c’est son cousin qui la remplace au comptoir. Il s’appelle Adolphe

 
...sur sa chemise bleue, et sur fond de mur chocolat, et ça le rend encore plus malade.
 

Ça aussi ça donne la Nausée. Ou plutôt c’est la Nausée. La Nausée n’est pas en moi : je la ressens là-bas sur le mur, sur les bretelles, partout autour de moi. Elle ne fait qu’un avec le café, c’est moi qui suis en elle 

 
Mais heureusement :
 

« Madeleine, jouez-moi un air, au phono...» 
 Madeleine tourne la manivelle du phonographe. Pourvu qu’elle ne se soit pas trompée, qu’elle n’ait pas mis, comme l’autre jour, le grand air de Cavalleria Rusticana. 




Big Maybelle - Some Of These Days, 1959
Mis en ligne par Metropolitan Soul
 
 
 
Mais non, c’est bien ça, je reconnais l’air dès les premières mesures. C’est un vieux ragtime avec refrain chanté. Je l’ai entendu siffler en 1917 par des soldats américains dans les rues de La Rochelle. Il doit dater d’avant-guerre. Mais l’enregistrement est beaucoup plus récent. Tout de même, c’est le plus vieux disque de la collection, un disque Pathé pour aiguille à saphir.


Pendant ce temps, à côté, on joue à la manille, pourtant :


Quelques secondes encore et la Négresse va chanter. Ça semble inévitable, si forte est la nécessité de cette musique : rien ne peut l’interrompre, rien qui vienne de ce temps où le monde est affalé ; elle cessera d’elle-même, par ordre. Si j’aime cette belle voix, c’est surtout pour ça : ce n’est ni pour son ampleur ni pour sa tristesse, c’est qu’elle est l’événement que tant de notes ont préparé, de si loin, en mourant pour qu’il naisse. Et pourtant je suis inquiet ; il faudrait si peu de chose pour que le disque s’arrête : qu’un ressort se brise, que le cousin Adolphe ait un caprice. Comme il est étrange, comme il est émouvant que cette dureté soit si fragile. Rien ne peut l’interrompre et tout peut la briser. 

 Le dernier accord s’est anéanti. Dans le bref silence qui suit, je sens fortement que ça y est, que quelque chose est arrivé.
Silence.

Some of these days
You’ll miss me honey 

Ce qui vient d’arriver, c’est que la Nausée a disparu. Quand la voix s’est élevée, dans le silence, j’ai senti mon corps se durcir et la Nausée s’est évanouie. D’un coup...
 



 
Billie Holiday - Some of these days
Mis en ligne par BillieHolidayOfficial
 
 
Moi, j’ai eu de vraies aventures. Je n’en retrouve aucun détail, mais j’aperçois l’enchaînement rigoureux des circonstances. J’ai traversé les mers, j’ai laissé des villes derrière moi et j’ai remonté des fleuves ou bien je me suis enfoncé dans des forêts, et j’allais toujours vers d’autres villes. J’ai eu des femmes, je me suis battu avec des types ; et jamais je ne pouvais revenir en arrière, pas plus qu’un disque ne peut tourner à rebours. Et tout cela me menait où ? À cette minute-ci, à cette banquette, dans cette bulle de clarté toute bourdonnante de musique. And when you leave me. Oui, moi qui aimais tant, à Rome, m’asseoir au bord du Tibre, à Barcelone, le soir, descendre et remonter cent fois les Ramblas, moi qui près d’Angkor, dans l’îlot du Baray de Prah-Kan vis un banian nouer ses racines autour de la chapelle des Nagas, je suis ici, je vis dans la même seconde que ces joueurs de manille, j’écoute une Négresse qui chante tandis qu’au-dehors rôde la faible nuit. Le disque s’est arrêté. 


Mais les disques ne s'arrêtent jamais vraiment, n'est-ce-pas, les seules choses qui s'arrêtent ce sont les ports de mer...



Je vais rentrer à Bouville. La Végétation n’assiège Bouville que de trois côtés. Sur le quatrième côté, il y a un grand trou, plein d’une eau noire qui remue toute seule (2).



...comme Bouville qui est Le Havre décadastré - nous sommes en la même année 38 que sur cet autre quai - une jetée au bord du grand rien, un terminal pour le néant, tu as de beaux yeux tu sais, et un de ces jours tu me manqueras, vraiment...
 



Ethel Waters - Some Of These Days
Mis en ligne par prettyfunky
 
 
 
(1) Walging (néerlandais) - Dégoût, aversion, écœurement.
 
(2) Tous les passages cités en italique, ainsi que le titre de ce billet : Jean-Paul Sartre, La Nausée, Gallimard, 1938.

09/06/2026

San Francisco ? Saint-Valery-en-Caux ?

 


Colette Deréal - À la gare Saint-Lazare, 1962
 
 
 
Et les chats sont partis, ils passeront par la gare Saint-Lazare, ils n'iront pas à San Francisco et ils ne reviendront qu'à la fin du mois, prenez soin de vous par ces temps disruptifs.

08/06/2026

Duos : Nicholson


William Nicholson - Cricket, 1898
Lithographie


Et à propos de cricket, déjà.

07/06/2026

Le bar du coin : Friday night


Ruskin Spear - Friday Night, Hammersmith, 1958 
De Beers art collection
 
 
Ernest Marsh, qu'on voit ici portraituré, tenait un Fish and chips à Hammersmith et était un des modèles préférés de Spear - dont j'ai déjà parlé et qui, dois-je le répéter, peignait aussi des chats.

 

06/06/2026

On voit péricliter les valeurs sûres



Francis Poulenc - 2 poèmes de Louis Aragon, septembre-octobre 1943
N° 2, Fêtes galantes
Sabine Devieilhe, soprano · Alexandre Tharaud, piano 

 

 

On voit des marquis sur des bicyclettes
On voit des marlous en cheval-jupon
On voit des morveux avec des voilettes
On voit des pompiers frôler les pompons

On voit des mots jetés à la voierie
On voit des mots élevés au pavois
On voit les pieds des enfants de Marie
On voit le dos des diseuses à voix

On voit des voitures à gazomètre
On voit aussi des voitures à bras
On voit des lascars que les longs nez gênent
On voit des coïons de dix-huit carats

On voit ici ce que l'on voit ailleurs
On voit des demoiselles dévoyées
On voit des voyous On voit des voyeurs
On voit sous les ponts passer des noyés

On voit chômer les marchands de chaussures
On voit mourir d'ennui les mireurs d'œufs
On voit péricliter les valeurs sûres
Et fuir la vie à la six-quatre-deux

 
Le poème, daté par Aragon de "la fin de l'hiver, février, mars" 1941 (1) a été publié dans La revue de Belles-lettres, Lausanne, 1942, puis intégré dans Les yeux d'Elsa. C'est la veine sarcastique d'Aragon et la mise en musique (clandestine à l'époque) par Poulenc la traduit parfaitement. Une occasion de rappeler la résistance des musiciens.

 

(1) Aragon et Elsa sont alors réfugiés en Zone Sud à Nice, sans contact avec l'appareil clandestin du PC qu'ils ne pourront joindre qu'en juin.

05/06/2026

Qu'est-ce qu'il pouvait arriver de pire ?



Marjane Satrapi (22 novembre 1969, Racht, Iran - Juin 2026, Paris, France) - Persépolis 1, p. 71

 

Avec une immense tristesse pour celle qui nous rappelle qu'on peut en mourir, de tristesse. Et qui ne sera plus là pour nous prévenir : 

Le premier secteur que l’extrême droite attaquera sera la culture. Les livres, la musique et, en général, l’art, leur font peur. Ils ont le désir de contrôler la culture de la société. Regardez ce que les nazis ont fait avec le Bauhaus par exemple. D’ailleurs, pourquoi aller si loin ? Il suffit de regarder la politique culturelle des villes dirigées par le RN ces dernières années. C’est désolant.

Peut-être puis-je en profiter pour lancer un autre appel : et si nous tous, d’origine étrangère, nous nous mettions en grève, que nous arrêtions de travailler, ne serait-ce que pour deux semaines ? Peut-être les gens comprendront-ils enfin ce qu’on apporte à la France aussi d’un point de vue économique. Toutes les couches de la société sont irriguées par des travailleurs immigrés, essentiels pour faire tourner la France : des ouvriers, des livreurs mais aussi des médecins, des avocats, des fonctionnaires, des artistes, etc. 

Marjane Satrapi, 6 juillet 2024


 

03/06/2026

Peindre de loin les moments politiques : brownings et funérailles (avec une visite express de la République d'entre-deux-guerres et un conseil de lecture sur le fait d'avoir déjà abdiqué sur l'essentiel)


Édouard Vuillard - Les affiches électorales square Berlioz, 1925
Huile sur panneau


Les affiches de Vuillard sont celles de la campagne municipale de 1925 à Paris, qui donna lieu à la fusillade de la rue Damrémont. Elle fit quatre morts, pas très loin du square Berlioz, de l'autre côté du cimetière de Montmartre. 


"Reconstitution" de la fusillade de la rue Damrémont
 

1925 : la gauche du Cartel est au pouvoir, jusqu'en juillet 1926, mais le PCF est dans l'opposition, lui dont le Service d'Ordre tire au browning rue Damrémont sur les Jeunesses Patriotes (1).
 
C'est la chute du second gouvernement Herriot qui signera la fin du Cartel des gauches. Et Raymond Poincaré formera un gouvernement d'Union nationale (droite et radicaux), le quatrième gouvernement Poincaré (2), suivi d'un cinquième jusqu'au 26 juillet 1929, jour où Poincaré démissionne pour raisons de santé...


André Hambourg - L'enterrement de Poincaré, 1934
Huile sur carton

 

...avant de mourir le 15 octobre 1934.

Les obsèques nationales que peint, avec un certain recul, André Hambourg ont lieu le 20 octobre. On est alors sous un Nième gouvernement d'Union entre les radicaux et la droite, le second gouvernement Doumergue, qui a vu l'émeute du 6 février 1934. Viendra le Front populaire, qui ne durera que de juin 1936 à avril 1938 (fin du second gouvernement Léon Blum) et qui sera suivi du sinistre troisième gouvernement Daladier (3).

Et de toute façon, le jour de cet enterrement, la IIIème République n'a plus que cinq ans, huit mois et vingt-cinq jours à vivre.

 

(1) On n'est qu'à huit ans du grand choc de 1917, à trois ans de la Marche sur Rome. C'est le P.C.F. des chauds débuts antimilitaristes et anticolonialistes. C'est aussi le parti qui, dans ces mêmes élections municipales de 1925, pour la première fois en France, présente et fait élire des femmes, qui seront invalidées par l'administration.

(2) Auteur d'une dévaluation compétitive et anti-rentiers qui se fit sur les conseils conjugués de la Banque de France et... de la CGT de Léon Jouhaux. 

(3) 1938 est une année intéressante, au sens de la (fausse) malédiction chinoise. Les chats conseillent la lecture du livre de David Foessel, Récidive, dont vous voudrez bien leur pardonner de citer un peu longuement l'avant-propos :

L’année 1938 dont parle ce livre est celle de la France. Depuis ce poste d’observation, le diagnostic sur la « faiblesse des démocraties » m’est apparu aussi discutable que celui que l’on fait aujourd’hui à propos des « démocraties illibérales ». Lorsque l’on dit des démocraties des années 1930 qu’elles sont faibles, on suggère qu’elles sont confrontées à des États totalitaires qui, contrairement à elles, n’ont pas à tenir compte de leurs opinions publiques. Ni à soumettre leur politique à la critique d’une presse pluraliste et libre. Dans cette hypothèse, on impute aux sociétés démocratiques une indécision, voire une lâcheté, qu’elles tiendraient du suffrage universel et du respect des règles parlementaires. Ce genre d’arguments sert aussi à expliquer la défaite de 1940 : que pouvait un peuple fatigué de la guerre, hédoniste, engourdi par les congés payés face à l’armée disciplinée et ascétique d’un État dictatorial ?

Mon exploration de 1938 m’a pourtant moins convaincu de la faiblesse de la démocratie française que du fait que la France n’était plus, à cette date, que faiblement démocratique. 1938 n’est pas seulement l’année des reniements internationaux, c’est aussi celle de l’emploi systématique des décrets-lois (l’équivalent de nos ordonnances) par le gouvernement, de la répression massive des grèves, d’une politique de plus en plus hostile aux étrangers et de l’élection de Charles Maurras à l’Académie française. Comme on le lira plus bas, la liste est loin d’être close. 

(...) 

À bien des égards, la France de 1938 m’a fait penser à l’Allemagne de 1932, un État et une société qui avaient déjà largement rompu avec la démocratie. Mais, comme chacun sait, Hitler est parvenu au pouvoir à la suite d’élections, ce qui permet de rejouer le discours sur la faiblesse congénitale des démocraties. En France, où il a fallu la défaite des armes pour imposer la Révolution nationale, l’explication selon laquelle le peuple a fait le choix démocratique de se suicider n’a pas de consistance. On devrait donc s’attendre à voir la France passer sans transition de la lumière à l’ombre : d’un régime parlementaire, peut-être faible, mais attaché à ses principes, à un système autoritaire imposé par l’occupant. Or, je n’ai pas vu dans la France de 1938 un pays que son respect des règles parlementaires rendait vulnérable à l’ennemi fasciste. Justement parce que j’étais animé par des inquiétudes sur la démocratie en 2018, j’ai décelé dans la France de 1938 une société qui, sans rien savoir de ce qui l’attendait, avait déjà abdiqué sur l’essentiel.

 

 

01/06/2026

Ronde de nuit : Control Room


Eric Ravilious - Wall maps, 1941
Aquarelle
Imperial War Museum, Londres 

 

Il est deux heures moins le quart dans la Home Security Control Room, assez profondément sous Whitehall, et on voit les points rouges sur Londres. Il fut un temps où la Situation room était plutôt antifa.