17/10/2010

Croûtons et lardons au menu du 16 octobre



Les manifestations, comme toute chose, ont un début, un milieu et une fin. Au début, on sort du métro, on se cherche, on se renifle, on se dit bonjour. Ici, pas loin du métro Oberkampf, Spiderman et Superman se demandent s'ils vont adhérer à la CFDT.

On a dit bonjour à Marie-Thérèse, ça faisait longtemps qu'on ne l'avait pas vue - toi, tu es en retraite maintenant, m'a-t-elle dit, et toi, tu travailles encore, en parlant à Mme Chat. Marie-Thérèse a toujours eu un oeil de lynx. Marie-Thérèse fait ce qu'elle a toujours fait, elle défend bec et ongles son petit syndicat solidaire dans les longs couloirs pas si solidaires que ça d'une très redoutée Administration Centrale.

Puis dans le milieu des manifestations, on regarde autour de soi...






...on s'interroge sur l'impossibilité des virages à gauche, et sur l'obligation de traverser en deux temps.






J'aime bien les dames qui font des signes aux fenêtres pour nous encourager. Parfois, la manifestation les remarque et les acclame, alors les dames se cachent parce qu'elles sont timides.

Dans la manifestation il y a des croûtons et des lardons...






...le monsieur qui porte la pancarte a l'âge d'avoir crié comme moi, il y a quarante ans, que nous ne sommes pas contre les vieux, mais contre tout ce qui les a fait vieillir (1).

On regarde en l'air, et quand on voit le superbe graff du 86 boulevard Voltaire...







...on sait qu'on n'est pas loin de la fin. On les a tant de fois vues à travers des fumigènes, ces fenêtres...







...et, sous le ciel changeant, quand les têtes de cortège s'arrêtent pour la photo de fin, c'est un instant...








...un peu cabot, hors de propos mais si touchant. Car on a beau dire, la tête de cortège n'en sait pas beaucoup plus que la queue sur la suite et c'est le moment ou tout reste en suspens...


 





...où on se pose, en équilibre sur un pied, la fameuse question, que va-t-il se passer maintenant ?

Et puisque c'est l'endroit où le plus souvent elle se pose, appelons-la la question...






...de la place de la Nation.


(1) Mot d'ordre du Front de Libération de la Jeunesse, ca 1971.

16/10/2010

Le bar du coin : Carl Bloch

Carl Heinrich Bloch - Dans une osteria romaine, 1866
(Statens Museum for Kunst, Copenhague)

On peut voir trois détails de ce tableau chez Hans Ollermann

15/10/2010

Les vacances du bestiaire : Will Barnet



Will Barnet - (titre inconnu)


Et pendant ce temps-là...
Jean Eustache Via les avant-dernières choses

14/10/2010

Les orchestres symphoniques meurent aussi




Lundi 6 Sept. 2010 - Les musiciens du Detroit Symphony Orchestra se préparent à la grève et défilent pour le Labor Day
Mis en ligne par MusiciansUnion


Les musiciens du Detroit Symphony Orchestra sont en grève depuis le 4 Octobre. Ils protestent contre un plan d'économies imposé par la Direction : baisse de 33% des salaires (-42% pour les nouveaux recrutés), réduction drastique des assurances maladie, ophtalmo, dentaire et instruments, suspension des versements pour la retraite des musiciens, réduction d'effectif de 96 à 85 musiciens. Le DSO est le quatrième plus ancien orchestre symphonique aux Etats-Unis.

Les musiciens expliquent qu'ils auraient accepté une baisse de 22% mais que le plan de la direction est tel que l'orchestre changerait vraiment de catégorie s'il était appliqué. Au-delà du cas particulier de Detroit - chaque réunion du City Council voyant de nouvelles coupes, en dizaines de millions de dollars, sur le projet de budget - cette grève est révélatrice de la situation faite à la musique et au spectacle vivant de par la baisse vertigineuse des subventions (art endowments) dans tous les Etats-Unis - au point que certaines voix s'élèvent pour réclamer, chose inimaginable il y a encore quelques mois, un nouveau WPA.

Voir le site des musiciens du DSO en grève.





13/10/2010

Ayons congé : Gropper

William Gropper - Strike !, ca 1938
(Trigg Ison fine art)

12/10/2010

Petit bal retrouvé




Philippe Decouflé - Le petit bal perdu, chanté par Bourvil
Mis en ligne par flaviofranciulli


(Via Le Divan fumoir bohémien)


Et pendant ce temps-là...
...sur les carnets de la phonotèque : "dans ces récits des femmes, une certaine nostalgie transparaît d’une époque où il y avait une forme d’humanité à La Seyne-sur-Mer"

11/10/2010

L'art de la fenêtre : mère et enfants


Emile Friant - Portrait de sa mère épluchant un navet, devant une fenêtre, 1887




Petr Borissovitch Krokhonyatkine - Enfants au balcon, 1954



Et pendant ce temps-là...
...Via A journey round my skull, les illustrations de Joanna Neborsky pour les Nouvelles en trois lignes de Félix Fénéon

10/10/2010

Ronde de nuit : les âges de la vie selon Paula Rego



Paula Rego - The Dance, 1988 (Tate Collection)



Et pendant ce temps-là...
...via Strange maps, les cartographies-stéréotypes de Yanko Tsvetkov

09/10/2010

Petit hommage à Caterina Bueno (2)




Caterina Bueno - Le maledizioni/Les malédictions
Mis en ligne par Emmanuele29


"Chi dice mal di me sia maledetto,
Sia maledetto pe' 'na settimana!
Il lunedì gli venga il mar di petto,
Il martedì la febbre maremmana,
Mercoledì l'avesse i' foco a letto,
Il giovedì sia messo nella varra,
Il venerdì sia messo nella fossa,
Il sabato distrutto carne ed ossa!"

"Maudit soit qui dit du mal de moi
Maudit soit-il en une semaine !
Lundi lui vienne le mal de poitrine
Mardi la fièvre des marais (1)
Mercredi le feu soit à son lit
Jeudi qu'on le mette en bière
Vendredi qu'on l'enterre
Samedi qu'il ne reste plus rien de sa chair et ses os !"



(1) Littéralement, la fièvre de la Maremme, la malaria. Nous sommes ici en Toscane, Caterina Bueno était native de San Domenico di Fiesole.


Et pendant ce temps-là......les insultes québécoises chez le tampographe (j'aime tout particulièrement Ostie de sans-dessein).


07/10/2010

On n'te demande pas si ta grand-mère...


 Projet de Statut des juifs, ca Septembre 1940


Ce qui est troublant dans les commentaires (1) qui ont suivi la publication de ce projet annoté du premier Statut des juifs sous le régime de Vichy, c'est qu'ils ne portent que sur les détails - les fameuses "aggravations" selon qu'on évince tous les enseignants ou les seuls directeurs d'école, etc. 

Je veux bien que tout le monde ait étudié pendant des heures et à fond, sur les bancs de l'école, ce texte marquant, mais n'était-ce pas l'occasion de rappeler aux quelques cancres du fond de la classe ce qu'était l'essence de ce statut telle que formulée, dès son article premier, dans son délirant paralogisme ? Définir (en droit) le juif par le fait que ses parents l'étaient déjà (de par la "race") sans autre critère, et le faire avec la clarté et l'économie de moyens de la langue du Code Civil, voilà pourtant le type même du raisonnement qui tente vainement de cacher sa circularité et qu'il serait intéressant d'analyser. Notamment ce tour de passe-passe où c'est l'abus de droit qui valide la pseudo-science raciale, alors qu'on voudrait faire croire l'inverse (2). Une fois parti de cette définition on est de toute façon déjà chez les fous, alors pourquoi creuser ailleurs ?

J'en suis là de mes réflexions quand il me vient à l'idée que cette discrétion sur le critère fondamental (et fondamentalement absent) de la race participe peut-être d'un climat général. N'est-ce pas après tout sur les mêmes bases que d'estimables fonctionnaires de police sont censés distinguer des union-européens roms d'autres unions-européens banalement standard ? Car il n'y a qu'une manière, et bien simple encore, de reconnaître un rom : c'est que voyez-vous, ils le sont de père en fils. 

Alors, me direz-vous, vous faites vous aussi ce déplaisant parallèle  entre notre aimable République et des régimes d'autant plus condamnables qu'ils sont éloignés de nous dans le temps comme dans l'espace ? Je vous répondrai que je me borne à constater que nous sommes déjà nous aussi un peu chez les fous, et beaucoup chez les sourds.


Otto Dix - Katze und Hahn, 1966

Et alors je me souviens de deux poèmes de Pierre Morhange. 

Le premier détaille les conséquences, pour pas mal de  gens au nombre desquels le poète et ses proches, de l'article premier du Statut (Journal Officiel de l'Etat Français du 18 Octobre 1940) et de sa petite faille dans le raisonnement.



Description
On en avait du mal à sauver sa famille
Des chats affolés qui tirent leurs petits par la peau du cou
Ils courent dans le feu des incendies comme des brindilles
L'incendie de la fatigue nous noie
Le sac de la fatigue déjà porté par les os
Des animaux qui ne connaissent rien aux griffes nouvelles
Grandes comme des gueules des griffes en arc et affamées
Des griffes qui font de l'ombre grande comme des chambres
Des griffes partout installées comme des temples dans des forêts


 Pablo Picasso - Chat saisissant un oiseau, 1939


On en avait du mal à sauver sa famille
Les routes sont des pièges les champs cognent les pieds
Les plaies ont les hommes et l'instinct fait le guet
Les camions ont la nuit c'est l'ombre la plus grande
Elle entre dans les chambres dans les murs dans les lits
Et longtemps après les enfants tremblent
Ils vivent écrasés par l'ombre des camions
Les enfants ont des yeux d'oiseaux de nuit
Même en plein soleil prunelle est un soupirail
Et l'enfant vit en bas par son oeil regardez
Il est dans une cave touche le salpêtre les murs noirs et gras
On en avait du mal à sauver sa famille
C'est vrai on courait parfois comme souris
Et des hommes-chats les chats de l'ennemi
Têtes de foire têtes de conte aux lèvres aux yeux vernis




On en avait du mal à sauver sa famille
On joue sa vie sur les yeux d'un passant
Le passant ne sait pas trop ce qu'il fera
On joue sa vie aux cabarets crasseux
Que fera ce valet ? Que fera cette reine ? 
Que fera ce persil et cette hallebarde
Ce profil blanc pincé de fil de fer
Et la plate couronne et ce bonnet noir ?
Imitons les furets
Et ressemblons
Aux hérissons
Des oiseaux heureux grisés par les branches 
Recevons la chanson plus forte que nous




On en avait du mal à sauver sa famille
Généreux paysan général de ma vie
Tu nous a portés comme des agneaux
Dans la citadelle de tes failles
Tu as donné ton sang et pudique ton eau
Matrone sévère aux mendiants de la vie.
Matrone sévère aux mendiants perdus
Ô porte maudite fermée aussitôt
Il ne faut pas courir pour être entendus
Un jour nous aurons de merveilleux manteaux.

Pierre Morhange - Le blessé, 1951 


Etudiant en philosophie, ami des surréalistes, fondateur du groupe Philosophies (3) et de sa revue (1924) Pierre Morhange (1901-1972) travaille comme lecteur aux éditions Rieder, puis participe à la création d'une maison d'édition, "Les Revues". Morhange est aussi à cette époque l'ami de Michel Matveev et plus tard de Joseph Roth; sur eux il écrira son poème le plus connu, Au café. Il traduit les poètes prolétariens américains publiés dans New Masses (4) et également, du russe, Boris Pilniak. Exclu du PCF en 1929 (5), réintégré en 1932 par Thorez lui-même. Professeur de philosophie à partir de 1932 à Riom, Saint-Servan et Châteauroux. Juif, il est exclu de l'enseignement le 18 Décembre 1940 en application du Statut. Devient comptable sous fausse identité, membre dans la clandestinité d'un triangle de direction du Front National de la Résistance dans l'usine où il travaille. Réintégré à la Libération au lycée de Tarbes, enseigne ensuite dans la région parisienne, à Camille-Sée, Courbevoie et Condorcet, adulé, semble-t-il, de ses élèves. S'éloigne du PCF à partir de la campagne antisémite stalinienne dite du "complot des blouses blanches" en 1953 - déjà en 1951 quand il a publié Le blessé la direction du parti l'a accusé de "privilégier  le sort des juifs par rapport à l'ensemble des victimes du nazisme" et c'est peut-être une clef du poème Autocritique que vous allez lire. Au moment de la guerre des Six Jours, il affiche chez lui une photo de Moshe Dayan, ce qui contribue encore à éloigner ses anciens amis. Il meurt, solitaire, en 1972.

Le second poème est donc une




Autocritique (1)

Hé ! là ! immense monde
Tu as bien de la place pour ma sensibilité

(1) Var.
ON N'TE DEMANDE PAS SI TA GRAND'MÈRE

Elle fit du vélo à quatre-vingt-quatre ans
Puis traversa le Cher sur le dos d'un passeur
Un an plus tard heurta des officiers nazis
Et leur cracha dessus et mourut dans leurs fours

Pierre Morhange - Autocritique 
suivie de pièces à conviction, 1951


Il n'existe pas de biographie de Pierre Morhange. Les principaux éléments pour rendre compte de sa vie se trouvent dans les diverses biographies de Paul Nizan  et Henri Lefebvre (6) ainsi que dans le livre de Franck Venaille (7). 


 


La vie est unique (1933) est toujours disponible chez Gallimard, en revanche Le sentiment lui-même (Pierre-Jean Oswald, 1966) qui regroupe ses recueils postérieurs à la guerre, est épuisé - il est peu de façons plus sûres de tuer une seconde fois un poète que de ne pas le rééditer. 

Or ce sont précisément ces poèmes de la deuxième période de sa vie qu'il faudrait relire aujourd'hui dans un autre contexte. Morhange y est par excellence le poète de la vie précaire, et ces textes contiennent des choses fort belles, très dures et bien actuelles sur ce que c'est que d'avoir - ou pas - un pays, d'en avoir honte - ou pas - et d'en être rayé, chassé - ou pas - d'un simple trait de plume.


(1) Je parle des commentaires journalistiques et non du débat entre historiens, dont on trouve des échos, par exemple, dans l'article du Monde daté du 5/10 ou dans cet éditorial de François Delpla, qui rappelle qu'il existait d'autres indices, plus probants, de l'antisémitisme de Pétain.

(2) On sait que le second Statut des juifs, celui de 1941, tentera de camoufler cette trop voyante habileté en faisant référence à la "religion juive" et non plus à la race... tout en laissant à la charge du présumé juif la preuve de sa non-appartenance à ladite religion. Mais le statut de 40 reste bien le symptôme révélateur du droit racial. Sur ces questions lire par exemple Dominique Gros, Le "statut des juifs" et les manuels en usage dans les facultés de Droit (1940-1944) : de la description à la légitimation , revue Culture et conflit, n° 09-10, 1993.

(3) Evoluant, tout comme Morhange, du mysticisme au communisme avec dans ses rangs quasiment tout le Who's who du marxisme intellectuel du Paris d'entre-deux guerres : Henri Lefebvre, Norbert Guterman, Paul Nizan, Georges Politzer, Georges Friedmann... Nizan s'est inspiré des démêlés du groupe pour son troisième roman, La Conspiration (1938).

(4) Poèmes réédités dans la revue Action Poétique, n°103, printemps 1986.

(5) A la suite d'une sombre histoire où il est accusé d'avoir "dilapidé des sommes destinées à la propagande communiste" : il les aurait jouées au casino de Monte-Carlo afin de financer ses éditions et La revue Marxiste grâce à une martingale qu'il croyait infaillible... La décision de la Commission Centrale de Contrôle Politique qui l'exclut ainsi que Guterman est publiée dans l'Humanité du 24 Octobre 1929.

(6) Annie Cohen-Solal, Paul Nizan, communiste impossible, Grasset, 1980. Pascal Ory, Nizan, destin d'un révolté, Ramsay 1980, réédit. Ed. Complexe, 2005. Rémi Hess, Henri Lefebvre et l'aventure du siècle, Métailié, 1988.


(7) Franck Venaille, Pierre Morhange, Seghers, Poètes d'aujourd'hui, 1992, épuisé.

05/10/2010

Petit hommage à Caterina Bueno (1)



Caterina Bueno (1943-2007) - Le quattro stagioni/Les quatre saisons (1968)
extrait du disque Addio Lugano bella: antologia della canzone anarchica in Italia
Mis en ligne par superfasa


Ecco è l'aprile, il fiore della vita
l'aria l'è piena o di soavi odor
scorgo lontano tra l'erba ch'è fiorita
due che s'amano, sono confusi nell'amor
O degli uccelli amo lo sgorgheggiar
là sugli alberi e tra la verdura
amo coi piedi calpestar
quel che produce la natura
Quando scorgo quel sentier
che mi conduce dov'io bramo
tutti i miei sogni i miei pensier
volano verso colei ch'io amo
E nell'estate il caldo soffocante
nell'officina ci sta il buon lavorator
pien di fatica e di sudor grondante
mentre il borghese lui disprezza il suo sudor
O del martello amo lo smartellar
sull'incudine nell'officina
amo il gallo canticchiar
con la sua sveglia matutina
Quando penso che il mio ben
tra le mie braccia s'addormenta
chino il mio capo sul suo sen
vorrei saperla sempre contenta
E nell'autunno cadono le foglie morte
le mie speranze con loro se ne van
Vorrei morire per non veder più niente
ma poi mi pento, dico: Sarebbe una viltà



 Francesco De Gregori, Caterina Bueno, Antonio De Rose, 1971
Source : Wikipedia.it


Amo dell'uva il vendemmiar
con i suoi canti d'allegria
amo il vino spumeggiar
in mezzo ai canti all'osteria
Quando penso nel mio cuor
alla mia piccola lontana
cade una lacrima dal cuor
triste risuona una campana
Ecco l'inverno, cade la neve bianca
e bianchi i tetti i camin son lì a fumar
Quel casolare anche di legna manca
tutto è silenzio fuori che i marosi al mar
Amo l'onda spumeggiar
contro lo scoglio che la spezza
amo il fulmine tuonar
nel fragor della tempesta
Quando son presso di te
mi sento il cuore in armonia
sento di amarti non so che
sento di amarti alla follia
Or son vent'anni in questa oscura cella
dimenticato da colei che amo ancor
Se ci ripenso io perdo la favella
con il pensare a quel mio soave amor
Amo la notte lo ascoltar
il passo della sentinella
amo la luna salutar
quando rischiara la mia cella
Quando penso all'avvenir
alla mia libertà perduta
vorrei baciarla e poi morir
mentr'ella dorme, all'insaputa

04/10/2010

De la bière bon marché, des hurlements, des avions, une machine infernale, Flaubert et une cigogne.


 La manifestation du 7 septembre, parenthèse des vacances.



 J'aime bien les avions du syndicat de l'aérien...




...et ce mot d'ordre premier prix, premier prix du mot d'ordre.




 Et sur le trajet de la manifestation du 2 Octobre...





...le 42 boulevard du Temple, comme le dit la plaque, fut la maison de Flaubert de 1855 à 1869. C'est là qu'il écrivit Salammbô et L'éducation sentimentale.



Ministre : Dernier terme de la gloire humaine.
Ouvrier : Toujours honnête, quand il ne fait pas d'émeute.
Abricots : Nous n'en aurons pas encore cette année.
Gustave Flaubert - Dictionnaire des idées reçues.

C'est non loin de là, vers le n°50 du boulevard, que Giuseppe Fieschi installa son ingénieuse machine.




Sur le chemin du retour, au 50 du boulevard Richard-Lenoir, le bonhomme de Zoo Project hurle encore... 




...en regardant la cigogne de Bonom (2007)...




...vue d'ensemble.


Voir d'autres oeuvres de Zoo Project 

Voir d'autres oeuvres de Bonom


Et pendant ce temps là...
...le sketchbook de Sharon Frost

03/10/2010

Matins : Steiner/Leyda

Ralph Steiner - Eight O’ Clock Coffee, 1935





Jay Leyda - A Bronx morning, 1931
Mis en ligne par Supercinema77

01/10/2010

L'art de la rixe : Otto Frello

Otto Frello - Lille slagsmål/La petite bagarre, 1982


Voir le site d'Otto Frello

30/09/2010

Ils viennent du bout du monde : Burchfield/Lefranc/Radziwill/Schiele


 Egon Schiele - Hafen von Triest, 1907


Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l'humeur est vagabonde





Franz Radziwill - Der hafen


C'est pour assouvir




Jules Lefranc - Penhoët


Ton moindre désir




Charles Burchfield - Icebound Lake Boat, 1924


Qu'ils viennent du bout du monde.

Charles Baudelaire - L'invitation au voyage

28/09/2010

Le voleur chante par trois fois




La Canço del lladre 
arr. Miquel Llobet, g : Kevin Gallagher
Mis en ligne par classicalguitartv


C'est la version classique de la chanson du voleur (Canço del lladre), la seconde des Diez canciones populares catalanas de Miguel Llobet Solès (1878-1938), un des défricheurs, juste après Francisco Tàrrega, de la guitare moderne. 


Quan jo n'era petitet
festejaya i presumia,
espardenya blanca al peu
i mocador a la falsia,

Adèu, clavell morenet !
Adèu, estrella del dia !

J'étais petit mais vantard
Et je courtisais les filles
A la ceinture un mouchoir
Au pied la blanche espadrille

Adieu, les beaux oeillets bruns,
L'étoile au matin qui brille !


Avec le Testament d'Amelia, qui la précéde dans les Diez canciones, la Chanson du voleur est une des pièces les plus jouées du répertoire, depuis Llobet lui-même jusqu'à John Williams ou Julian Bream... Sans compter les arrangements que d'autres ont greffé sur l'original, comme Eduardo Sainz de la Maza...



La canço del lladre 
arr. Eduardo Sainz de la Maza, g : Amelia Mazarico
Mis en ligne par ocirazam


Mais bien avant d'être une épreuve pour élèves de conservatoire c'était un chant traditionnel catalan, oeuvre anonyme d'un Villon Barcelonais ou Valencien. 


I ara, que ne sóc grandet,
m'he posat a mala vida.
Me só posat a robar,
ofici de cada dia.

Adèu, clavell morenet !
Adèu, estrella del dia !

Maintenant que je suis grand
Par mauvais chemins je traîne
Je suis voleur et m'y prends
Chaque jour de la semaine

Adieu, les beaux oeillets bruns,
L'étoile du jour qui brille !


Et pour les gens de mon âge qui n'étaient pas guitaristes, c'était avant tout une chanson de Serrat...



La canço del lladre 
Joan Manuel Serrat - Cançons tradicionals, 1972




Vaig robar un traginer
que venia de la fira,
li prenguí tots els diners
i la mostra que duia.

Adèu, clavell morenet !
Adèu, estrella del dia !

J'ai détroussé un marchand
qui revenait de la foire
Je lui ai pris son argent
Et tout ce qu'il portait vendre

Adieu, les beaux oeillets bruns,
L'étoile du jour qui brille !

Quan he tingut prou diners,
he robat també una nina,
l'he robada amb falsedat,
dient que m'hi casaria.
Adèu, clavell morenet !
Adèu, estrella del dia !

Puis j'ai eu assez d'argent
Et j'ai volé une fille
trompée en lui promettant
Qu'elle et moi on se marie

Adieu, les beaux oeillets bruns,
L'étoile du jour qui brille !

La justicia m'ha pres
i en presó fosca em duia.
La justicia m'ha pres
i em farà pagar amb la vida.

Adèu, clavell morenet !
Adèu, estrella del dia !

Justice m'a rattrapé
Noire prison me convie
Justice m'a rattrapé
Et je paierai de ma vie.

Adieu, les beaux oeillets bruns,
L'étoile du jour qui brille !



La version catalane est celle qui est chantée par J. M. Serrat - pour la française, seuls les chats sont à blâmer. Merci d'avance aux Catalans qui rectifieront mes erreurs - sachant que ce ne peut être du mot à mot.

Voir le site de J.M. Serrat
Ecouter ses chansons.
Miguel Llobet a probablement été le premier guitariste classique à bénéficier de l'enregistrement électrique - on peut l'écouter, par exemple, ici.

26/09/2010

Le greffe : tourisme



Le chat de Trèbes



Le chat d'Angles sur l'Anglin



Le chat de Ségur-le-château



Le chat de Turenne



Le chat de Martel



Le chat de Domme



Le chat de Rocamadour



Le chat de Saint-Cirq Lapopie



Le chat de Belvès



Le chat de Saint-Jean de Côle