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18/06/2014

L'art de la fenêtre : Orpen


William Orpen - Window in London Street, 1901
Via laclefdescoeurs





"Il y a, souterraine mais réelle, une angoisse électrique, palpable et douloureuse même dans les plus ternes des tableaux d'Orpen - et, dans les meilleurs, les nerfs sont absolument à vif"

Bunny Smedley, commentaire sur l'exposition 
William Orpen : Politics, Sex and Death, Londres, 2005 (à lire ici, en anglais).


Autres Orpen : ici et ici, , et encore 

26/12/2022

Une voyageuse du temps (une semaine britannique, #6)



William Orpen - Sunlight, ca 1925
Huile sur toile
National Gallery of Ireland
 
 
Le tableau est un hommage à (et une confrontation avec) celui de Monet qu'on voit sur le mur du fond :
 
 
 
Claude Monet - Le Bassin d'Argenteuil avec un seul voilier, 1874
Huile sur toile
 
 
Tableau qu'Orpen possédait à l'époque, et qui se trouve aujourd'hui à la National Gallery of Ireland. On notera le reflet qui se surajoute à ceux du bateau, peints par Monet (et qu'Orpen a modifiés ici, comme d'autres parties d'ailleurs) :
 
 

 
 
Comme une volonté d'incorporer une œuvre à l'autre, et de transformer la modèle d'Orpen en baigneuse d'Argenteuil, à un demi-siècle d'écart.


Et de William Orpen, déjà.
 
 

04/08/2010

L'art de la fenêtre : Caulfield/Orpen

Sir William Orpen - The Window Seat, 1901


Patrick Caulfield - "Oh, Helen, I roam my room", 1973
Source

08/10/2009

Portrait craché : Orpen

Willliam Orpen - Portrait of Miss Simpson

30/03/2010

L'art de la fenêtre : Orpen

William Orpen - Night (n°2), 1907

02/12/2008

Ayons congé : Orpen

William Orpen - Resting, 1905

27/12/2022

Dalila à la crèche (une semaine britannique, #7)


Margaret Clarke - The Wife / The Haircut, ca 1926-27

 

 

Orpen, qu'on a vu hier, était Irlandais. Jusqu'en 1915, partageant son temps entre Londres et Dublin il fut visiting teacher à la Dublin Metropolitan Art School. En 1906 il y remarqua Margaret Clarke, une jeune institutrice qui avait suivi les cours du soir pour obtenir une bourse d'études en art. Cinq ans plus tard elle obtint son diplôme, devint l'assistante d'Orpen et le remplaça à son départ. Elle travailla surtout comme portraitiste (pour Eamon de Valera, entre autres) et entra à la Royal Hibernian Academy (1) en 1926.

Dans The wife / The haircut elle se peint avec son mari Harry Clarke, artiste verrier tuberculeux qu'elle soigna jusqu'à sa mort en 1931. La beauté du tableau tient en partie à son ambigüité puisqu'il fait référence au mythe de Samson et Dalila.

et je dois dire que j'aime beaucoup aussi...


 Margaret Clarke - Bath Time at the Crèche, ca 1925
National Gallery of Ireland





(1) Hibernia, c'est le nom latin (et quasi-lovecraftien) de l'Irlande.

 

 

22/03/2009

Les occupations solitaires : la puce et la mouche



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Georges de La Tour - La femme à la puce




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William Orpen - The flycatcher - L'attrapeur de mouche, 1905

24/01/2019

Une semaine Nevinson, #7 : carbonculaire, j'ai dit carbonculaire ?...


William Orpen - The Café Royal, 1912
Huile sur toile
Musée d'Orsay



Le Café Royal à Regent Street était (1) le café des artistes et et des écrivains; quand il descendait de sa caravane on pouvait y entendre Nevinson vitupérer ses contemporains, et y croiser, bien sûr, T. S. Eliot. En Novembre 1921 et Janvier 22 ce dernier, de passage à Paris venant de Margate puis revenant de Suisse, confia à la critique acérée d'Ezra Pound les tapuscrits de The Waste Land.

Dans l'une des premières versions de The Fire Sermon (un peu après I Tiresias, old man with wrinkled dugs...), les vers 153-156 étaient les suivants :


He, the young man carbuncular, will stare
Boldly about, in ‘London’s one café’,
And he will tell her, with a casual air,
Grandly, ‘I have been with Nevinson today’


Il jettera un regard fier autour de lui,
Dans le café par excellence à Londres
Ce jeune homme carbonculaire, et puis
Désinvolte et pompeux, il lui fera entendre
"J'étais avec Nevinson aujourdhui" (2)





Que Pound corrigea ainsi :



T.S Eliot - The Waste Land, a Facsimile and Transcript of the Original Drafts including the Annotations of Ezra Pound
Edited by Valerie Eliot
Harvest Books, 1971, p.33




...et qu'Eliot, sur ses conseils, condensa de la sorte :

He, the young man carbuncular, arrives,
A small house agent’s clerk, with one bold stare,
One of the low on whom assurance sits
As a silk hat on a Bradford millionaire.


Il arrive, jeune gandin carbonculaire,
Petit gratte-papier d'agence immobilière
Et son aplomb lui sied comme un chapeau de soie
Au chef de quelque Bradfordien millionnaire (3)




On aura compris que Pound n'aimait pas Nevinson. Et peut-être que les sentiments d'Eliot lui-même étaient mitigés - ce jeune homme carbonculaire qui hante dix-huit vers du poème définitif - le double dans le tapuscrit - étant après tout fort peu sympathique.

Mais tout de même, pour un peintre un peu oublié aujourd'hui, être le seul contemporain à (faillir) être cité dans The Waste Land...




(1) Il a été fermé en 2008, transformé aujourd'hui en hôtel de (grand) luxe. La forme d'une ville change plus vite, hélas...

(2) Traduire un bout de T.S. Eliot avant tout le monde ? Oui, les chats osent tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît !

(3) Trad. Pierre Leyris, © éd. du Seuil 1947; non, les chats n'oseraient pas.




Ce billet, comme le précédent, doit beaucoup aux travaux de Michael J. K. Walsh sur Nevinson :
Hanging a Rebel, The Life of C.R.W. Nevinson, Lutterworth Press, 2008 (biographie complète)
- C.R.W. Nevinson, This Cult of Violence, Yale University Press, 2002 (biographie limitée aux premières années et planches en couleur)
- A Dilemma of English Modernism, University of Delaware Press, 2007 (recueil d'articles de divers auteurs).