23/03/2020

Parfaire ses éléments de langage (une petite expo Marks, #2)


Henry Stacy Marks - A Treatise on Parrots / Un traité sur les perroquets, 1885
Huile sur toile, sur panneau de bois
Sudley House, Liverpool




Bernadette Jézéquel & Philippe Gérard - La boîte à outil du responsable de communication, 3ème éd. 2016,
chap. II : Dialoguer avec les parties prenantes,
fiche n°4 : Les éléments de langage






- Les masques ne servent pas vraiment, ce qui est utile, c'est de se laver les mains.
(un temps)
- D'ailleurs nous n'avons pas de masques.
(un temps)
- D'ailleurs on va en commander un max.
(un temps)
- Bon, les masques ça pourrait servir, mais pour protéger les autres.
(un temps)
- D'ailleurs, si vous en avez planqué, amenez-les aux hôpitaux, hein ?
(un temps)
- Mais pour vous protéger vous, il faut des FFP2, hein ?
(un temps)
- D'ailleurs, on n'a pas de FFP2.
(un temps)
- On en a eu, notez, mais on les a jetés vers 2011 pour faire des économies.
(un temps)
- Si quelqu'un en a gardé des vieux, il peut les ramener à son médecin, mais c'est à vos risques et périls, hein (Ha oui, vous me dites que c'est déjà fait, bon).
(un temps)
- On a réfléchi, si on avait des masques, beaucoup de masques, finalement ça pourrait être utile pour limiter la contagion.
(un temps)
- Comme les Chinois. Malins, ces Chinois, hein ?
(un temps)
- Mais bon, on n'a pas de masques, hein ?
(un temps)
- Ha si, on en a un peu, voyons voir, laissez-moi regarder mes notes...
(un temps)
- Voilà : demandez à votre ARS.
(un temps)
- Je vous assure que les ARS, c'est très efficace : elles ont réussi à supprimer 17.500 places d'hôpital en 4 ans.
(un temps)
- Mais vous savez, c'est compliqué un masque, il faut savoir s'en servir, même moi je ne sais pas trop, alors vous...
(un temps)
- Vous me dites que les Chinois savent s'en servir, ha oui, comme je le disais, malins, ces Chinois...
(un temps)
- Vous me dites que les soignants aussi savent s'en servir, ha oui, nous les admirons.
(un temps)
- Applaudissons-les.
(un temps)
- C'est bien vrai (1), ils ont aussi besoin de masques les soignants, on vient de passer un bon de commande.
(un temps)
- A qui ? Ben, à ceux qui les fabriquent, les Chinois et les Allemands...
(un temps)
- On vient de me dire que les Chinois sont surbookés et que les Allemands gardent pour eux ceux qu'ils fabriquent...
(un temps)
- Pourquoi on ne les fabriquait pas nous ? parce que c'est moins cher chez les Chinois. Pourquoi les Allemands n'ont pas délocalisé ?
(un temps)
- C'est le problème avec les Allemands, un problème de culture peut-être, leur côté fourmi, ils sont plus lents que  nous...
(un temps)
- Nous, c'est le génie français...



C'était un message de  
 

Via Mathilde Larrère







(1) Préconisations 2011 du Haut Conseil de Santé Publique concernant le port de masques en population générale en situation pandémique :


22/03/2020

L'art au travail : c'est la santé (une petite expo Marks, #1)


Henry Stacy Marks - Capital and Labour / Capital et travail, 1874
Collection privée




Déclaration d'un porte-parole d'Amazon après la publication de l'enregistrement
des négociations entre la société et les représentants syndicaux
à propos de l'application des recommandations gouvernementales pour la protection des salariés contre le coronavirus
(«Il faut qu’on s’améliore»: Amazon avoue ses «lacunes» dans la lutte contre le virus, Mediapart, sur abonnement)



Coronavirus : Inquiétude des salariés sur les sites d’Amazon en France, 18 et 19 mars 2020

21/03/2020

En oubliant la précession des équinoxes


Jens Fänge - Spring, 2013
Huile sur toile





M. Chat - C'est le printemps !
Mme Chat - Non, c'était hier
M. Chat - Toujours à me contredire...





20/03/2020

Les conseils de M. Chat : économiser (le confinement, #5)






Puis je leur expliquai que le meilleur moyen d'économiser le papier toilette était de commander des rouleaux spéciaux se découpant selon des pointillés espacés d'un mètre. Sur la plupart des rouleaux ordinaires, précisai-je, le papier se déchirait tous les dix centimètres. D'après une enquête menée auprès des employés de la société, la majorité des gens consommaient 1,2 mètre chaque fois qu'ils allaient aux toilettes. Avec mes rouleaux, ils n'utiliseraient plus qu'un mètre de papier à la fois, ce qui aurait pour conséquence de substantielles économies.
Kim Young-Ha - 엘리베이터에 낀 그 남자는 어떻게 되었나 / Qu'est devenu l'homme coincé dans l'ascenseur, 1999
Trad. de Françoise Nagel et Lim Yeong-Lee








Et pendant ce temps-là...
...Ce soir je vais rentrer chez moi, et tout sera calme

19/03/2020

Les conseils de M. Chat : attendre son âme (le confinement, #4)


Henry Stacy Marks - Sailor on Look Out / Marin en veille, ca 1855
Huile sur toile
National Maritime Museum, Londres





À cette époque, dans un recueil de textes courts, j’ai lu le récit suivant : 

« On dit que les Indiens, tandis qu’ils galopaient, descendaient de temps à autre de leur cheval et contemplaient le chemin parcouru. Cet arrêt n’avait pas pour but de faire se reposer le cavalier ou le cheval. C’était en fait une marque de prévenance à l’égard de leur âme qui les suivait de près, de peur que cette âme ne soit distancée. Quand leur âme les avait enfin rejoints, à ce moment-là seulement, ils se remettaient en route. »

Chaque fois que je pense à l’année 1985, ces propos me reviennent à l’esprit, invariablement. Ce fut l’époque où la plupart des gens couraient sans jamais prendre le temps d’attendre que leur âme les rattrape. Ma vie n’était guère différente des leurs. Que mon âme avançait à une allure plus lente qu’on imaginait, et que le cheval sur lequel j’étais monté était l’égal du temps qui filait, ça, je ne le savais pas à l’époque. Dans la vie, il se peut bien que nous soyons obligés, à un moment ou à un autre, d’arrêter son cheval et de regarder en arrière. Somme toute, nous ne pouvons vivre sans âme et, à l’évidence, les Indiens ne sont pas les seuls à en avoir besoin.

Park Min-kyu - 죽은 왕녀를 위한 파반느 / Pavane pour une infante défunte, 2009
Trad. de Hwang Ji-young et Jean-Claude de Crescenzo


18/03/2020

Les conseils de M. Chat : et puis, lire Rilke - Rilke guérit de tout (le confinement, #3)


J.R. Goodwin - Cloud




Mme Chat - Bon, j'ai fini...








la Phénoménologie de l'esprit...






et La peste...



 




...tu n'aurais pas quelque chose de plus gai ? 

M. Chat - Précisément ! Une fois acquis le Savoir Absolu, et après avoir prévu qu'on fera des discours sur la Peste (1), il faut lire Rilke...




Rainer Maria Rilke - Geschichten vom lieben Gott / Histoires du Bon Dieu, 1900
Trad. de Maurice Betz





...en regardant le ciel - car Rilke guérit de tout, du Savoir absolu comme de la peste.




J.R. Goodwin - Clouds



Mme Chat - Du Corona aussi ?








M. Chat - Qui sait ? Et nul besoin de croire au Bon Dieu, il suffit de croire en Rilke - j'ajoute que là aussi, c'est presque moins cher que le gel hydroalcoolique (2).





Gerhard Richter - Wolken (Fenster) / Nuages (Fenêtre), 1970
Huile sur toile





(1) Prévoyez également, dans quelques mois, des discours sur le coronavirus, voire des monuments, comme annoncé dans cette avant-dernière page de La peste. Prévoyez également, comme à la page suivante et dernière (3), que la nuit qui suivra la fin de la pandémie soit celle de la délivrance, et non de la révolte.


(2)  6 euros ! Je l'ai payé 6 euros dans ma librairie préférée, dit M. Chat. J'aime bien cette édition, à cause du Rosso Fiorentino...




 ...en couverture.


(3) Celle-là :



 





17/03/2020

Les conseils de M. Chat : éventuellement, relire les classique (le confinement, #2)


Albert Camus - La peste, 1947






...ou Manzoni, encore.




Mme Chat - Mais pourquoi tout le monde se met à lire ça ?


M. Chat - Peut-être parce que dans ce livre il n'y a pas de pourquoi (1). Peut-être que par les temps comme ceux qui courent, les gens cherchent autre chose que du pourquoi.



(1) Comme dans le bouquin de Hegel, d'ailleurs : le livre ne trouve d'autre justification que son existence même. Dans la philo comme dans le roman il est de ces exceptions, qui fonctionnent en boucle - des rochers solitaires. Peut-être fait-on plus attention à ce genre de rochers, quand une pandémie déferle.






16/03/2020

Les conseils de M. Chat : le confinement, #1






Dans un premier temps, essayer la méthode Nolen Gertz, les trois étapes pour vous protéger du coronavirus :










1) Se procurer un exemplaire de la Phénoménologie de l'esprit, de Hegel (actuellement moins cher que le gel hydroalcoolique)









2) Le lire du début jusqu'à la fin (cela devrait suffire à vous tenir occupé à la maison pendant deux semaines au moins)









3) Essayer d'en parler aux autres (ils feront en sorte de vous éviter par tous les moyens).

15/03/2020

L'art de la mémoire : HokYoung Kim, encore


Hokyoung Kim - Ill. pour Philip S. Gutis, Accepting Alzheimer’s, One Lost Memory at a Time, New York Times, 4 décembre 2018




The next morning, I sat quietly on my bed. “Tim,” I said, “It’s coming, isn’t it?” Without asking what I meant, Tim gently said, “Yes, it’s coming.”



Philip Gutis, journaliste au New York Times, décrit dans son article le premier moment définitif - la perte de mémoire qui fait prendre conscience que le processus est inéluctable. Moment étrange, où on se souvient qu'on ne se souvient pas, pour anticiper qu'on ne va pas se souvenir. Moment où la perte du stock s'inscrit dans le flux, où la perte du temps se grave dans le temps. En faire une image n'est pas moins étonnant.

13/03/2020

L'art de la mémoire : Petite Industrie, Vieux Pays et Foutaises (publicité gratuite)...


André Téchiné - Souvenirs d'en France, 1975
Mis en ligne par CarlottaFilms



Souvenirs d'en France est l’histoire d’une famille de petits bourgeois qui vivent d’une petite industrie.
J’ai essayé de faire un travail critique sur un genre très classique issu du roman populaire et du roman bourgeois.
Pour cela, je me suis efforcé de rapporter les crises particulières de tous les personnages à une crise plus générale afin d’en dégager le sens historique.
André Téchiné

11/03/2020

Le greffe : un client





"Has he any money ?" Mason inquired.
"I don't think so. Under the will he was left a perpetual job as caretaker. That job pays him fifty dollars a month, and his board and room."







"And he's an old man ?" Mason inquired.
"Reasonably so. An old crank, if you ask me".









"But he loves animals," Mason remarked.








"He's vey much attached to his cat, if that's what you mean".
Mason nodded slowly, and said, "That's what I mean."




The Case of the Caretaker's Cat / L'affaire du chat du gardien, 1935, est le septième roman de la série des Perry Mason. Il a été traduit en français deux fois, la première en 1951 comme








...et la seconde en 1964 sous le titre plus évocateur d'








10/03/2020

Le bar du coin : dans un coin pourri


Georges Brassens - Le bistrot, de l'album Le mécréant, 1960
Mis en ligne par Norbert Lub

09/03/2020

L'art de la fenêtre : Henni Alftan


Henni Alftan - Veil, 2016
Huile sur toile
Heino Art Foundation





Henni Alftan - Blinds, 2018
Huile sur toile


Via Henni Alftan



08/03/2020

Puisque c'est comme ça j'te ferai plus à bouffer


Big Mama Thornton - Hound Dog, enr. 1952
Mis en ligne par Pierre Borduas



You ain't nothing but a hound dog
Been snoopin' 'round the door
You ain't nothing but a hound dog
Been snoopin' 'round my door
You can wag your tail
But I ain't gonna feed you no more
You told me you was high-class
But I could see through that
Yes, you told me you was high-class
But I could see through that
And daddy, I know
You ain't no real cool cat
You ain't nothing but a hound dog
Been snoopin' 'round the door
You're just an old hound dog
Been snoopin' 'round my door
You can wag your tail
But I ain't gonna feed you no more...

07/03/2020

L'art de la rue : Wally Elenbaas, encore


Wally Elenbaas - Le fascisme c'est le meurtre, Slogan anifasciste peint sur un mur, Rotterdam, 1933
Via First Time User




C'était une remarque pertinente.  Elle l'est toujours.


 

06/03/2020

Le bar du coin : Wally Elenbaas


Wally Elenbaas - Café, France, 1948

05/03/2020

Les occupations solitaires : ce que dit le miroir fendu (une semaine de chansons, supplément gratuit du 8ème jour)


Joan Manuel Serrat - La Tieta, de l'album Ara Que Tinc Vint Anys, 1967
Mis en ligne par Joan Manuel Serrat




Vous le sentez de toute façon, mais si vous voulez vraiment, du catalan au français vous trouverez une traduction ici.

04/03/2020

Jusqu'à ce que la poussière monte du plancher (une semaine de chansons, #7)


Gillian Welch & David Rawlings - Hard Times
Mis en ligne par Ifasul




There was a Camptown man, used to plow and sing
He loved that mule and the mule loved him
When the day got long, as it does about now
I'd hear him singing to his muley cow

Calling, "Come on my sweet old girl
I'd bet the whole damn world
That we're gonna make it yet to the end of the row"
Singing "Hard times ain't gonna rule my mind
Hard times ain't gonna rule my mind, Bessie
Hard times ain't gonna rule my mind no more"

Said it's a mean old world, heavy in need
That big machine is just a-picking up speed
And we're supping on tears, and we're supping on wine
We all get to heaven in our own sweet time

So come all you Asheville boys
Turn up your old-time noise
And kick 'til the dust comes up from the cracks in the floor
Singing, "Hard times ain't gonna rule my mind, Brother
Hard times ain't gonna rule my mind
Hard times ain't gonna rule my mind no more"

But the Camptown man, he doesn't plow no more
I seen him walking down to the cigarette store
Guess he lost that knack and he forgot that song
Woke up one morning and the mule was gone

So come all ye ragtime kings
And come on, you dogs, and sing
And pick up your dusty old horn and give it a blow
Playing, "Hard times ain't gonna rule my mind, Honey
Hard times ain't gonna rule my mind, Sugar
Hard times ain't gonna rule my mind no more"

03/03/2020

On ne se méfie jamais assez (une semaine de chanson, #6)


Graeme Allwright (1926-2020)- Petites boîtes, de l'album Emmène-moi, 1966
Mis en ligne par Graeme Allwright






Malvina Reynolds (1900-1978) - Little Boxes, 1962
Mis en ligne par MikeDaUnicor



02/03/2020

Vous me faites rire avec votre virus (une semaine de chansons, #5)


Son Seals - Your love is like a cancer, de l'album The Son Seals Blues Band, 1973
Mis en ligne par kuklinski987


29/02/2020

Une remarque en passant à propos de l'interféromètre de Michelson (une semaine de chansons, #3)


Colette Magny - Choisis ton opium
Mis en ligne par Colette Magny





"Raffiniert ist der Herrgott, aber boshaft ist er nicht" "Dieu est subtil, mais pas malicieux (ou malveillant)", aurait dit Albert Einstein à Princeton en 1921. En fait, il voulait parler des expériences de Dayton Miller (à l'interféomètre de Michelson) sur le Vent d'éther. Et, exclusivement pour les obsédés de précision (ce que les chats [1] ne sont pas), plus de détails ici.

Et, à propos de Lénine, déjà ici ou là.


[1] A part, peut-être, les chats de Schrödinger, mais il est vrai qu'il y va de leur peau.

28/02/2020

Célébrations : le retour des vieilles gloires (une semaine de chansons, #2)






Public Enemy - Fight the Power, 1989
(Vidéo prod. & dir. Spike Lee, Brooklyn, 1989)
Mis en ligne par TheRappShow


 

27/02/2020

Une semaine de chansons, #1 : dans la soupe du jour y a pu tellement d'amour


Les cow-boys fringants - L'Amérique pleure, de l'album Les Antipodes, 2019



Encore un jour à se lever en même temps que le soleil
La face encore un peu poquée, mon 4h de sommeil yeah
J'tire une couple de puffs de clope
Job done pour les vitamines
Pis un bon café à l'eau de moppe
Histoire de s'donner meilleure mine
Yeah

J'prends le Florida Turnpike pis demain soir j'ta Montmagny
Non trucker ç'pas vraiment l'Klondike mais tu vois du pays, yeah
Surtout que ça te fait réaliser que derrière les beaux paysages
Y a tellement d'inégalités et de souffrance sur les visages

La question que j'me pose tout le temps
Mais comment font tous ces gens
Pour croire encore en la vie dans cette hypocrisie
C'est si triste que des fois quand je rentre à la maison
Pis que j'park mon vieux camion
J'vois toute l'Amérique qui pleure dans mon rétroviseur

Moi je traîne dans ma remorque tous les excès de mon époque
La surabondance surgelée, shootée suremballée, yeah
Pendant que les vœux pieux passent dans le beurre
Que notre insouciance est repue
C'est dans le fond des containers que pourront pourrir les surplus

La question que j'me pose tout le temps
Mais que feront nos enfants
Quand il ne restera rien que des ruines et leur faim
C'est si triste que des fois quand je rentre à la maison
Pis que j'park mon vieux camion
Je vois toute l'Amérique qui pleure dans mon rétroviseur

Sur l'interstate-95 partent en fumée tous mes rêves
Un char en feu dans une bretelle, un accident mortel, yeah
Et au milieu de ce bouchon
Pas de respect pour la mort
Chacun son tour joue du klaxon, tellement pressé d'aller nulle part

La question que j'me pose tout le temps
Mais où s'en vont tous ces gens
Y a tellement de chars partout, le monde est rendu fou
C'est si triste que des fois quand je rentre à la maison
Pis que j'park mon vieux camion
Je vois toute l'Amérique qui pleure dans mon rétroviseur

Un autre truck-stop d'autoroute, pogné pour manger d'la schnoutte
C'est vrai que dans la soupe du jour y a pu tellement d'amour yeah
On a tué la chaleur humaine avec le service à la chaîne
À la télé un autre malade vient d'déclencher une fusillade

La question que j'me pose tout le temps
Mais comment font ces pauvres gens
Pour traverser tout le cours d'une vie sans amour
C'est si triste que des fois quand je rentre à la maison
Pis que j'park mon vieux camion
Je vois toute l'Amérique qui pleure dans mon rétroviseur

Rien n'empêche que moi aussi, quand j'roule tout seul dans la nuit
J'me demande des fois ce que je fous ici, pris dans l'arrière-pays, yeah
J'pense à tout c'que j'ai manqué avec Mimi pis les deux filles
Et j'ai ce sentiment fucké d'être étranger dans ma famille

La question que j'me pose tout le temps
Pourquoi travailler autant
M'éloigner de ceux que j'aime, tout ça pour jouer la game
C'est si triste que des fois quand j'suis loin de la maison
Assis dans mon vieux camion
J'ai toute l'Amérique qui pleure quelque part au fond du cœur