13/11/2014

Portrait craché : l'auteur, le verre et la noyée


William Gaddis - Autoportrait



Pas du tout comme son mari Harry, il est le plus... Il écrit aussi, vous savez. «Publier et être damné, disait le duc de Wellington, vous vous souvenez ? Harry est à Hollywood, épelé à l'envers.» Vous voyez ce que je veux dire ? «Tu ne vendras pas ton art» (1), épelé à l'envers. Oh, peu importe. Après tout, ce sont les impuretés dans les pierres précieuses qui leur donnent leur éclat ravissant, pas vrai ? Et leur valeur ! Je veux dire que Shelley buvait du laudanum à la bouteille, pas vrai ? Et bien entendu Swinburne ! Mon Dieu ! Je me sens si nu au milieu de tous ces gens. C'est comme une mascarade, non ? Tenez, vous la voyez ? La fille sur le divan ? exactement comme la noyée de la Seine, ce masque mortuaire si touchant qu'on a fait sur le visage d'une enfant inconnue qui n'avait pas pu supporter la vie. Je veux dire la vie réelle. 


William Gaddis - Les Reconnaissances, V, 1952
trad. Jean Lambert, légèrement modifiée (2), Gallimard éd. 1973



William Gaddis




(1) Trade ye no mere moneyed art, un palindrome en anglais.

(2) Gaddis dit bien publish and be damned, publiez et soyez damné(e), comme le duc de Wellington menaçant Harriette Wilson, la courtisane qui voulait publier ses lettres compromettantes. Pour ces passages de l'édition originale américaine (p.177) voir les commentaires des Gaddis Annotations.

12/11/2014

L'art de la fenêtre : Burchfield


Charles Burchfield - Flower pot in window, 1919
Aquarelle
Via JaymeInva

10/11/2014

Société du spectacle : le centenaire des retardataires


Albert Guillaume - Les retardataires, 1914 
Musée Carnavalet
Source

09/11/2014

L'art de la lecture : pastille, oignon


Gilles Caron - Romy Schneider tenant le roman Watt de Samuel Beckett sur le plateau de Dim Dam Dom, 17 février 1969









 Francine Van Hove - Liseuse




Samuel Beckett - Watt, 1945, Olympia Press éd. 1953
Trad. Ludovic et Agnès Janvier avec la collaboration de Samuel Beckett, Minuit éd. 1968

08/11/2014

Ayons congé : Hugues le Bars


Hugues Le Bars dit Ch'Kinteu (13 Octobre 1950 - 1er Novembre 2014) - J'en ai marre, 1991
Mis en ligne par MARCREALTAV13

07/11/2014

Fantômes à la rencontre : Bissière


Roger Bissière - 9 Janvier 1963
Huile et crayon feutre sur panneau
Collection particulière



Le 13 Octobre 1962 Catherine Lucie Lotte dite Mousse, l'épouse de Bissière depuis 1919, meurt à Paris. À partir de ce moment et jusqu'à sa mort en 1964, Bissière peint des petits tableaux qui constituent le Journal en images de sa vie quotidienne. 9 Janvier 1963 en fait partie.

Roger Bissière : biographie, site dédié.



05/11/2014

Société du spectacle : Bombois


Camille Bombois - Les clowns Beby Andref et Vincent,  ca 1930
Via Bacon with Meat



...Et pendant ce temps-là...
...le printemps des hommes intègres et l'anniversaire légèrement retardé du 15 octobre 1987...

04/11/2014

les vacances du bestiaire : Milton Avery


Milton Avery - Bucolic Landscape / Paysage bucolique, 1930
Via It's About Time


Un tableau pour Suzanne



03/11/2014

Poésie illustrée : en silence et à la réflexion


Panneau d'expression libre poétique, Lodève, 22 Octobre 2014

02/11/2014

Ayons congé : le week-end bien avant Godard


Robert Siodmak & Edgar G. Ulmer - Menschen am Sonntag / Les hommes le dimanche, 1930
Mis en ligne par Meredith Theexpat

En remerciant trente

31/10/2014

L'art de la rixe : généralement mal conseillé


Le conseiller général, l'arbre et le débat démocratique
Mis en ligne par Jolene White



30/10/2014

Ronde de nuit : faites vos jeux


Jean-Eugène Buland, Le Tripot, 1883




...Et pendant ce temps-là...

29/10/2014

The cat's meow : Queen of the fakes


Gillian Welch / David Rawlings - Time (The Revelator), 2001
Mis en ligne par evanthebarbarian




Darling, remember when you come to me
I'm the pretender and I, what I'm supposed to be
But who could know if I'm a traitor
Time's the Revelator

They caught the Katy and left me a mule to ride
The Fortune Lady came along, she walked beside
But every word seemed to date her
Time's the Revelator, the Revelator

Up in the morning, up and on the ride
Drive into Corning and all the spindles whine
And every day is getting straighter
Time's the Revelator, the Revelator

Leaving the valley, fucking out of sight
I'll go back to Cali where I can sleep out every night
And watch the waves and move the fader
Time's the Revelator, the Revelator

Queen of the fakes and imitators

Time's the Revelator



"She caught the Katy and left me a mule to ride" est une citation d'une chanson de Taj Mahal (1968). Katy, c'est le MKT, le chemin de fer Missouri-Kansas-Texas.

27/10/2014

Ciel... Major Tom


David Bowie - Space Oddity, chanté par Chris Hadfield sur l'ISS
Mis en ligne par David Bowiefans



M. Chat - Je sais que tout le monde a déjà posté ça, mais c'est juste pour le plaisir...

Mme Chat - Il ne faut pas bouder son plaisir, il est rare par les temps qui courent.

M. Chat - Mon colonel préféré...

Mme Chat (vaguement inquiète) - Tu en as d'autres ?

M. Chat (il réfléchit) - ...euh, non... Ah si, celui-là, d'ailleurs il y a un rapport - tu savais que le premier homme sur la Lune était un civil ?

Mme Chat - Armstrong ?

M. Chat - Il avait quitté l'armée en 52. Je rêve d'un monde où les militaires n'auraient que ça pour vocation...

Mme Chat - Ça quoi ?

M. Chat - Le karaoké en orbite basse (il fredonne)
Here am I floating 
round my tin can 
Far above the Moon 
Planet Earth is blue 

And there's nothing I can do 





Et, pendant ce temps-là, sur Terre...

26/10/2014

L'art de la lecture : Dürer


Albrecht Dürer - Main tenant un livre, 1506 
Aquarelle et gouache sur papier bleu
Albertina, Vienne

25/10/2014

Ciel... histoire vraie du signifiant


Daniel van Benthuysen - Based on a True Story / D'après une histoire vraie
Huile sur toile
Collection privée
Via Daniel van Benthuysen



DU SIGNIFIANT

Le premier mot, c'était "la nuée", le second, "la nuée" encore, le troisième, le quatrième etc., c'était "la nuée" ou "le ciel" ou "l'air", on ne savait trop.

Mais déjà le septième se déchirait, s'effaçait, ne se distinguait plus du déchirement, de l'effacement d'autres plus bas, d'autres à l'infini, d'autres cendre, d'autres presque une poudre, blanche, qu'on remuait, vainement, dans ce grand sac de toile grossière, ce qui restait du langage.

Yves Bonnefoy - Rue Traversière et autres récits en rêve, Mercure de France éd., 1987