Nathan Coley - Heaven is a place where nothing ever happens / Le ciel est un endroit où il n'arrive jamais rien New York, 2010 Installation - sculpture au néon Via Gerard Van der Leun
Martin Creed - Everything is Going to be Alright / Tout va bien se passer Scottish National Gallery of Modern Art, Edinburgh, 2010 Installation - sculpture au néon Photographie : Charles Jencks Via ASM1
Nathan Coley - There will be no miracles here, installation / Ici il n'y aura pas de miracle Parc des Buttes-Chaumont, Paris, Nuit Blanche 2006 Installation - sculpture au néon Photo (et Via) vincent desjardins
Jaroslav Sváb (dessin) et Miloš Ondráček (gravure) - Timbre Etienne Delessert pour la 8ème biennale des livres d'enfants Timbre tchécoslovaque, émis le 5 septembre 1981
Précision à l'intention de ceux qui n'auraient pas eu d'enfants - voire n'auraient pas été enfants eux-mêmes - au cours du dernier demi-siècle : Etienne Delessert est le père de Yok-Yok - et, plus récemment, un des collaborateurs de l'irremplaçable Siné-Hebdo. Le chat illustre un conte d'Edward Lear, Les sept familles du lac Pipple-Popple-si vous ne l'avez pas lu,faites-le, vous saurez tout des perroquets, des cigognes, oies, hiboux,chats, cochons d'Inde et poissons du lac en question, de la ville de Tosh et de la contrée de Gramblamble - tous lieux du domaine de la fable mais guère plus, aujourd'hui, que le pays qui a émis ce timbre.
les coquerelles de parlement les patineurs de fantaisie les zigonneux d'élections les tarzans du salut public les écrapoutis d'assemblée nationale les visages de peau de fesse les toutounes de la finance les faux surpris de mcgill les plorines des sénats les savates de nos sociétés nationales la puanterie des antichambres de ministres les va-la-gueule de l'égalité ou l'indépendance les poubelles du Canada mon pays mon profit les regrattiers de la patrie dans les pawn-shops de la nation les écartillés de l'honnêteté les déviargés de la dignité les pas clair-de-nœuds tous ceux qui ont des meubles en cadeaux les baveux du million mal acquis les éjarrés de la vente au plus offrant les peddlers du fédéralisme enculatif la ratatouille du pot-de-vin les trous d'eau de radio-cadenas les passeux de sapin les fafineux de la trahison à crédit les taches de graisse sur la conscience
de tous ces trous-de-cul on a notre maudit tabarnaque de cinciboires de cincrèmes de jériboires d'hosties toastées de sacraments d'étoles de crucifix de calvaires de couleuré d'ardent voyage
Francis Poulenc - Deux Poèmes de Louis Aragon FP122, septembre-octobre 1943 Régine Crespin, soprano - John Wustman, piano
J'ai traversé
Les Ponts-de-Cé
C'est là que tout a commencé
Une chanson
des temps passés
Parle d'un chevalier blessé,
D'une rose
sur la chaussée
Et d'un corsage délacé,
Du château
d'un duc insensé
Et des cygnes dans les fossés,
De la prairie
où vient danser
Une éternelle fiancée,
Et, j'ai
bu comme un lait glacé
Le long lai des gloires faussées.
La Loire
emporte mes pensées
Avec les voitures versées,
Et les armes
désamorcées,
Et les larmes mal effacées,
Oh ! ma
France ! ô ma délaissée !
J'ai traversé Les Ponts-de-Cé.
Louis Aragon, première publication dans Suisse contemporaine, Vème série, n°8, septembre 1941, puis Les Yeux d'Elsa, 1942
Le 19 juin 1940, Aragon traverse la Loire aux Ponts-de-Cé avec la 3ème
Division Légère Motorisée, aux prises avec les Panzers depuis un mois, y
compris le détour par Dunkerque-Folkestone-Brest et Conches. Il y était médecin
auxiliaire.
Jacques Bertin - Les Ponts de Cé, 1967
Fêtes galantes
On voit des marquis sur des bicyclettes On voit des marlous en cheval-jupon On voit des morveux avec des voilettes On voit des pompiers frôler les pompons
On voit des mots jetés à la voierie On voit des mots élevés au pavois On voit les pieds des enfants de Marie On voit le dos des diseuses à voix
On voit des voitures à gazomètre On voit aussi des voitures à bras On voit des lascars que les longs nez gênent On voit des coïons de dix-huit carats
On voit ici ce que l'on voit ailleurs On voit des demoiselles dévoyées On voit des voyous On voit des voyeurs On voit sous les ponts passer des noyés
On voit chômer les marchands de chaussures On voit mourir d'ennui les mireurs d'œufs On voit péricliter les valeurs sûres Et fuir la vie à la six-quatre-deux
Louis Aragon - Les Nuits (paru dans Poésie 41 N°4, 1941)
Poème rédigé, selon Aragon dans la fin de l'hiver 1941, mis en musique par Francis Poulenc l'année suivante.
Ford Madox Brown - Crabtree observant le transit de Vénus en 1639, 1888 Tempéra sur panneau Manchester murals series, Manchester Art Galleries Source : Wikimedia Commons
Et, youpi, les chats sont en vacances (pas sur Vénus, mais par ici, par là) ... retour vers le 30 mars...
Monsieur le Président Ob Sie sich wohl bequemen Ob Sie die Zeit sich nehmen Und lesen meinen Brief: Mich hat's erwischt, ich hab' Die Musterungspapiere Ich muß in' Krieg marschieren Schon am Mittwoch geht es ab. Monsieur, ich geh' nicht hin Ich will nicht diese Merde, Ich leb' nicht auf der Erde Damit ich Mörder bin. Was alle Welt längst weiß - Sie solln es endlich wissen Monsieur, sie sind beschissen, Die Kriege sind ein Scheiß.
Von klein auf sah ich das Sah Väter, die krepieren, Sah Brüder losmarschieren Sah Kinder tränen naß Der Mütter Schmerz und Wut Sah andre fröhlich prassen Hurrah! und Hoch-die-Tassen! Ahoi! im Meer von Blut. Sah gute Kerls im Knast Gebrochen und verbogen Und ihre Fraun betrogen Um all ihr bißchen Glück. Bevor die Hähne krähn Verrammel' ich die Türen Ich will mein Leben spüren Und mach' mich auf den Weg.
Und schnorr' mir meinen Fraß - so komm' ich durch ganz France Bretagne bis Provence Und alln erzähl' ich das: Sagt nein, wenn die euch ziehn! Sagt nein zum Exerzieren Sagt nein zum Kriegeführen Sagt nein, und geht nicht hin! Monsieur le Président Ihr seid fürs Blutvergießen? - Allez! laßt Eures fließen Das wär' 'ne gute Tat! Und steckt den Bulln Bescheid: Ich geh' erstmal alleine Und Waffen trag ich keine - mich knallt man lässig ab.
Il existe deux autres versions allemandes du Déserteur de Boris Vian, plus une version suisse allemande... et une traduction italienne (non voglio questa merda)de celle de Biermann. On peut les trouver, avec toutes les autres y compris la version puter (romanche de la Haute-Engadine) sur le site des Canzoni contro la guerra.
De grandes cuillers de neige Ramassent nos pieds glacés Et d'une dure parole Nous heurtons l'hiver têtu Chaque arbre a sa place en l'air Chaque roc son poids sur terre Chaque ruisseau son eau vive Nous nous n'avons pas de feu...