06/11/2009
L'art du travail : le chercher, s'y rêver et le perdre
Lavorate, schiavi !
Ludovico Massa, dit Lulù (GianMaria Volonté) travailleur de choc,
raconte ses rêves à ses camarades de chaîne
Elio Petri - La classe ouvrière va au paradis
Grand prix du festival de Cannes 1972, ex aequo avec L'affaire Mattei de Francesco Rosi (c'était en d'autres temps)
Mis en ligne par diegozn
Dupain - Feniant (paroles : Joan Lo Rebeca)
Séquence extraite du film Attention danger travail
de Pierre Carles, Christophe Coello et Stéphane Goxe
Mis en ligne par FictionRomance
28/10/2009
25/10/2009
Ronde de nuit : Landeck
Armin Landeck - Manhattan nocturne, 1938, pointe sècheLa période qui va de 1938 à 1950 est la grande période créatrice de Landeck, celle des paysages urbains vides. En 38 il habite Greenwich Village au coin de 8th Street et University Place. La banque Manufacturers Trust donnait sur University Place, et la planche montre ce que voyait Landeck depuis sa fenêtre. Cette année-là il avait été désigné pour produire la gravure annuelle de présentation de la Society of American Etchers. Ce fut Manhattan nocturne, qui souleva un tollé parmi les sociétaires : le sujet n'était pas assez noble à leurs yeux. John Taylor Arms, le président, dut envoyer aux membres une lettre de deux pages pour le défendre.
16/10/2009
Le bar du coin : Tooker
George Tooker - Lunch counterQuand Tooker peint ce tableau en 1964, les événements auxquels il se rapporte sont connus de tout citoyen des Etats-Unis. Quatre ans plus tôt, le 1er février 1960, Ezell Blair Jr., Franklin McCain, Joseph McNeil et David Richmond, étudiants au North Carolina Agricultural and Technical College de Greensboro (Caroline du Nord) entrent dans un de ces cafés-restaurants que les Etats-uniens nomment lunch counter, situé dans le magasin Woolworth's.
Blair demande un café, la serveuse lui répond "désolée, on ne sert pas les noirs" mais les quatre hommes refusent de partir. C.L. Harris, le gérant, s'adresse au plus proche poste de police et le chief Paul Calhoun lui répond qu'il ne peut rien faire tant qu'une plainte n'a pas été déposée. Courageux mais pas téméraire, Harris n'ira pas jusque là. A la fermeture les quatre hommes quittent le café en promettant de revenir avec le reste du Collège.
Une partie du Lunch counter du Woolsworth's de Greensboro,
conservée au Smithsonian Institution National Museum of American History
Photo Wikimedia Commons
Le lendemain 2 février à 10h trente-et-un étudiants noirs se présentent à Woolworth's et y restent jusqu'à midi et demie, entourés de journalistes. La serveuse les ignore. Le 3 février au matin ils sont soixante-trois, des blancs en colère commencent à les insulter.
Le jeudi 4, les participants au sit-in trouvent tous les sièges occupés par des blancs - ils se rendent alors dans un autre lunch counter tout proche, Kress's, également whites only. Le vendredi 5, la confrontation s'étend à de nombreux cafés de Greensboro, le samedi des centaines de personnes y participent de part et d'autre et Woolworth's est évacué suite à une alerte à la bombe.
Très vite les lunch counters sit-ins s'étendent à Nashville, Chattanooga, Richmond... et tout le Sud des Etats-Unis. Quand les magasins de Greensboro acceptent de négocier avec les étudiants noirs et la municipalité, cette dernière propose l'intégration des lunch counters avec maintien d'une petite section whites only. Les magasins refusent et les sit-ins reprennent en avril. Les gérants finissent par fermer et cadenasser leurs magasins et le 21 avril les étudiants noirs pénètrent de force dans le café Kress's fermé. Quarante-huit d'entre eux sont arrêtés puis libérés. Ils continuent à défiler sur les trottoirs devant les cafés jusqu'au mois de juillet.
Incidents entre racistes blancs et participants aux Lunch counter sit-ins, à Nashville, Tennessee
Photo : Vic Cooley, Nashville Banner
Le 25 juillet le lunch counter du Woolworth's de Greensboro est ouvert aux noirs. Kress's suit le même jour. A partir de cette date, les autres établissements du Sud prennent progressivement les mêmes mesures.
Aujourd'hui, devant la North Carolina A&T University, s'élèvent les statues de bronze des Greensboro Four, un des rares monuments au monde érigé en l'honneur des clients d'un bar.
On définit souvent Tooker comme le peintre de l'aliénation et de la foule solitaire, en s'appuyant sur ses peintures "sociales" les plus connues comme Waiting ou Government Bureau. En fait son travail est plus complexe, reprenant les schémas figuratifs classiques - souvent à partir des vieux maîtres du Quattrocento - avec un arrière-plan autant religieux que social. Et pour revenir à Lunch counter, même si Tooker ne s'est officiellement converti au catholicisme qu'après la mort en 1973 de son compagnon le peintre William Christopher, comment ne pas remarquer l'atmosphère sacramentelle qui se dégage de ce tableau : les yeux baissés, le pain partagé par les personnages dont on aura noté qu'ils sont au nombre de douze comme les apôtres - en comptant celui dont seule une partie du crâne dépasse du pilier. Parmi eux, le seul à être vu entièrement de face est le client noir vers lequel converge toute la construction de ce qui n'est pas une Cène - puisque y manque un Christ - mais à proprement parler une communion.
Communion ambigüe toutefois, puisque chacun des clients est d'autant plus isolé des autres qu'il leur ressemble et qu'il accomplit le même rituel. Parabole de l'intégration donc, où ce qui a été gagné n'est que l'égalité abstraite dans un monde indifférent.
Blair demande un café, la serveuse lui répond "désolée, on ne sert pas les noirs" mais les quatre hommes refusent de partir. C.L. Harris, le gérant, s'adresse au plus proche poste de police et le chief Paul Calhoun lui répond qu'il ne peut rien faire tant qu'une plainte n'a pas été déposée. Courageux mais pas téméraire, Harris n'ira pas jusque là. A la fermeture les quatre hommes quittent le café en promettant de revenir avec le reste du Collège.
Une partie du Lunch counter du Woolsworth's de Greensboro,conservée au Smithsonian Institution National Museum of American History
Photo Wikimedia Commons
Le lendemain 2 février à 10h trente-et-un étudiants noirs se présentent à Woolworth's et y restent jusqu'à midi et demie, entourés de journalistes. La serveuse les ignore. Le 3 février au matin ils sont soixante-trois, des blancs en colère commencent à les insulter.
Le jeudi 4, les participants au sit-in trouvent tous les sièges occupés par des blancs - ils se rendent alors dans un autre lunch counter tout proche, Kress's, également whites only. Le vendredi 5, la confrontation s'étend à de nombreux cafés de Greensboro, le samedi des centaines de personnes y participent de part et d'autre et Woolworth's est évacué suite à une alerte à la bombe.
Très vite les lunch counters sit-ins s'étendent à Nashville, Chattanooga, Richmond... et tout le Sud des Etats-Unis. Quand les magasins de Greensboro acceptent de négocier avec les étudiants noirs et la municipalité, cette dernière propose l'intégration des lunch counters avec maintien d'une petite section whites only. Les magasins refusent et les sit-ins reprennent en avril. Les gérants finissent par fermer et cadenasser leurs magasins et le 21 avril les étudiants noirs pénètrent de force dans le café Kress's fermé. Quarante-huit d'entre eux sont arrêtés puis libérés. Ils continuent à défiler sur les trottoirs devant les cafés jusqu'au mois de juillet.
Incidents entre racistes blancs et participants aux Lunch counter sit-ins, à Nashville, TennesseePhoto : Vic Cooley, Nashville Banner
Le 25 juillet le lunch counter du Woolworth's de Greensboro est ouvert aux noirs. Kress's suit le même jour. A partir de cette date, les autres établissements du Sud prennent progressivement les mêmes mesures.
Aujourd'hui, devant la North Carolina A&T University, s'élèvent les statues de bronze des Greensboro Four, un des rares monuments au monde érigé en l'honneur des clients d'un bar.
On définit souvent Tooker comme le peintre de l'aliénation et de la foule solitaire, en s'appuyant sur ses peintures "sociales" les plus connues comme Waiting ou Government Bureau. En fait son travail est plus complexe, reprenant les schémas figuratifs classiques - souvent à partir des vieux maîtres du Quattrocento - avec un arrière-plan autant religieux que social. Et pour revenir à Lunch counter, même si Tooker ne s'est officiellement converti au catholicisme qu'après la mort en 1973 de son compagnon le peintre William Christopher, comment ne pas remarquer l'atmosphère sacramentelle qui se dégage de ce tableau : les yeux baissés, le pain partagé par les personnages dont on aura noté qu'ils sont au nombre de douze comme les apôtres - en comptant celui dont seule une partie du crâne dépasse du pilier. Parmi eux, le seul à être vu entièrement de face est le client noir vers lequel converge toute la construction de ce qui n'est pas une Cène - puisque y manque un Christ - mais à proprement parler une communion.
Communion ambigüe toutefois, puisque chacun des clients est d'autant plus isolé des autres qu'il leur ressemble et qu'il accomplit le même rituel. Parabole de l'intégration donc, où ce qui a été gagné n'est que l'égalité abstraite dans un monde indifférent.
12/10/2009
09/10/2009
08/10/2009
02/10/2009
01/10/2009
29/09/2009
28/09/2009
27/09/2009
10/09/2009
Portrait craché : l'incertaine au manteau
Domínikos Theotokópoulos, dit Le Greco - La femme au manteau de fourrure, 1577-1580C'est peut-être le portrait de Doña Jerónima de Las Cuevas, compagne du Greco, mère de son fils Jorge Manuel. Ou peut-être pas. Ou encore le tableau n'est pas du Greco, mais du Tintoret, ou d'un collaborateur d'Alonso Sanchez Coello, ou encore de la peintre crémonaise Sofonisba Anguissola, et ce serait alors un portrait de l'infante Catalina Micaela, fille de Philippe II d'Espagne et d'Isabelle de Valois. Une seule chose paraît sûre : le manteau. C'est du lynx.
09/09/2009
08/09/2009
The cat's meow : Ayyuka
Edward Hoyer - Moonlight over the Bosphorus, Constantinople, 1879Ayyuka est un groupe turc formé en 2001 : Alican Tezer (drums), Altan Sebüktekin (bass), Ahmet Kul (guitar), Özgür Yilmaz (vocal, guitar). Voir sa page MySpace et écouter son meilleur album.
04/09/2009
01/09/2009
31/08/2009
28/08/2009
Le vendredi c'est Hasui : La jetée
Kawase Hasui - Otaru no hatoba - La jetée à Otaru, avril 1933
"C'est presque octobre dans le Hokkaido... Dans l'esprit du voyageur traîne une insupportable tristesse. Les lumières solitaires des bateaux vacillent sous les nuages qui flottent dans le soir, après une pluie légère. Voilà la scène de la jetée à Otaru; les silhouettes des voyageurs qui conversent ont quelque chose de mélancolique."
(Commentaire de son dessin par Hasui)
27/08/2009
Ayons congé : Anarchie
La toile, à l'origine destinée à la Maison du peuple de Bruxelles, fut refusée par un salon en raison de son titre. Signac la renomma alors "Au temps d'harmonie" ce qui ne lui posait aucun problème puisque les deux mots étaient pour lui parfaitement synonymes, s'agissant d'une représentation idéale de la communauté libre. En 1938 Marcel Cachin, père du gendre de Signac, installa le tableau à l'hôtel de ville de Montreuil où il se trouve encore.
26/08/2009
24/08/2009
22/08/2009
21/08/2009
Poésie illustrée : le hareng saur et le hareng folk
Anders Zorn - Coquelin cadet, 1889Le Hareng saur
Criez Le Hareng saur d'une voix forte. Ne bougez pas le corps, soyez d'une immobilité absolue. En disant ce titre, il faut que le public ait le sentiment d'une ligne noire se détachant sur un fond blanc.
Il était un grand mur blanc — nu, nu, nu,
Qu'on sente le mur droit, rigide, et comme il serait ennuyeux aussi monotone que cela, rompez la monotonie : allongez le son au troisième nu, cela agrandit le mur, et en donne presque la dimension à ceux qui vous écoutent.
Contre le mur une échelle — haute, haute, haute,
Même intention et même intonation que pour la première ligne, et pour donner l'idée d'une échelle bien haute, envoyez en voix de fausset (note absolument imprévue) le dernier mot haute, ceci fera rire et vous serez en règle avec la fantaisie.
Et, par terre, un hareng saur — sec, sec, sec.
Indiquez du doigt la terre, et dites hareng saur sec avec une physionomie pauvre qui appelle l'intérêt sur ce malheureux hareng, la voix sera naturellement très sèche pour dire les trois adjectifs sec, sec, sec.
Il vient, tenant dans ses mains — sales, sales, sales,
Soutenez la voix et qu'on sente le rythme dans les autres strophes comme dans la première. Il c'est le personnage, on ne sait pas qui c'est Il. Qu'on le voie, montrez-le, cet Il qui vous émeut, vous acteur, et peignez le dégoût qu'inspire un homme qui ne se lave jamais les mains en disant sales, sales, sales.
Un marteau lourd, un grand clou — pointu, pointu, pointu,
Baissez une épaule comme si vous portiez un marteau trop lourd pour vous, et montrez le clou, en dirigeant l'index vers les spectateurs et appuyez bien sur pointu, pointu, pointu pour que le clou entre bien dans l'attention générale.
Un peloton de ficelle — gros, gros, gros.
Écartez les mains, éloignez-les des hanches par degré à chaque gros, gros, gros. Il est chargé, un marteau lourd, un grand clou pointu, et un énorme peleton, ce n'est pas peu de chose, il faut montrer cette charge sous laquelle ploie le pauvre Il.
Alors il monte à l'échelle — haute, haute, haute,
Même jeu pour les haute que précédemment, la note aiguë à la fin, cette insistance peut faire rire.
Et plante le clou pointu — toc, toc, toc,
Gestes d'un homme qui enfonce un clou avec un marteau, faire résonner les toc avec force, sans changer le son.
Gardez le ton de voix très solide, allongez de nouveau le dernier nu, et faites un geste plat de la main pour montrer l'égalité du mur.
Tout en haut du grand mur blanc — nu, nu, nu.
Gardez le ton de voix très solide, allongez de nouveau le dernier nu, et faites un geste plat de la main pour montrer l'égalité du mur.
Il laisse aller le marteau — qui tombe, qui tombe, qui tombe,
Baissez le diapason par degré pour donner l'idée d'un marteau qui tombe. Vous regardez le public au premier qui tombe, aussi au second vous envoyez un regard par terre avant le troisième, et un autre regard au public en disant le troisième qui tombe et attendez l'effet qui doit se produire.
Attache au clou la ficelle — longue, longue, longue,
Allongez par degré le son sur longue, et que le dernier longue soit d'une longueur immense, un couac au milieu de l'intonation finale donnera un ragoût très comique au mot.
Et, au bout, le hareng saur — sec, sec, sec.
Appuyez d'un air de plus en plus piteux sur le troisième sec.
Il redescend de l'échelle — haute, haute, haute,
Même jeu que précédemment quand il monte, seulement l'inflexion des mots haute va decrescendo, le premier en voix de fausset, le second en médium, et le troisième en grave. Musical.
L'emporte avec le marteau — lourd, lourd, lourd,
Pliez sous le faix en vous en allant. Vous êtes brisé, vous n'en pouvez plus, ce marteau est très lourd, ne l'oubliez pas.
Et puis, il s'en va ailleurs — loin, loin, loin.
Graduez les loin, au troisième vous pourrez mettre votre main comme un auvent sur vos yeux pour voir Il à une distance considérable, et après l'avoir aperçu là-bas, là-bas, vous direz le dernier loin.

Et, depuis, le hareng saur — sec, sec, sec,
De plus en plus pitoyable.
Au bout de cette ficelle — longue, longue, longue,
Allongez d'un air très mélancolique la voix sur les longue, toujours avec couac ; ne craignez pas, c'est une scie.
Très lentement se balance — toujours, toujours, toujours.
Bien triste. Et geste d'escarpolette à toujours, toujours, toujours. Terminez bien en baissant la voix le troisième toujours, car le récit est fini. La dernière strophe n'est pour l'auditoire qu'un consolant post-scriptum.
J'ai composé cette histoire — simple, simple, simple,
Appuyez sur simple, pour faire dire au public : « Oh ! oui ! simple ! »
Pour mettre en fureur les gens — graves, graves, graves,
Très compassé; qu'on sente les hautes cravates blanches officielles qui n'aiment pas ce genre de plaisanterie. Ouvrez démesurément la bouche au troisième grave, comme un M. Prudhomme très offensé.
Et amuser les enfants — petits, petits, petits.
Très gentiment avec un sourire, baissez graduellement la main à chaque petits pour indiquer la hauteur et l'âge des enfants. Saluez et sortez vite.
Le Hareng saur de Charles Cros avec des conseils sur l'art de le dire, par Coquelin cadet, in : Coquelin aîné et Coquelin cadet, L'Art de dire le monologue, Paul Ollendorff, Paris, 1884.
O, it was a fine and a pleasant day
Out of Yarmouth harbour I was faring
As a cabin boy on a sailing lugger
For to go and hunt the shoals of herring
O, the work was hard and the hours were long
And the treatment sure it took some bearing
There was little kindness and the kicks were many
As we hunted for the shoals of herring
O, we fished the Swarth and the Broken Bank
I was a cook and I'd a quarter-sharing
And I used to sleep, standing on me feet
And I'd dream about the shoals of herring
O, we left the home grounds in the month of June
And to canny Shiels we soon was bearing
With a hundred cran of the silver darlings
That we'd taken from the shoals of herring
Now you're up on deck, you're a fisherman
You can swear and show a manly bearing
Take your turn on watch with the other fellows
While you're searching for the shoals of herring
In the stormy seas and the living gales
Just to earn your daily bread you're daring
From the Dover Straits to the Faroe Islands
As you're following the shoals of herring
O, I earned me keep and I paid me way
And I earned the gear that I was wearing
Sailed a million miles, caught ten-million fishes
We were sailing after shoals of herring
17/08/2009
The cat's meow : un genre de bleu
So what (Kind of blue track 1) - Miles davis tp - John Coltrane ts - Bill Evans p - Paul Chambers b - James Cobb dr
Mis en ligne par Amir3793
Il y a exactement cinquante ans de cela, Kind of blue.
16/08/2009
Poésie illustrée : Hölderlin
Hölderlin - Requiem für einen wicht (Hölderlins Traum, 1972, track 4)
Mis en ligne par molestik
Nanny de Ruig - Vocals
Jochen Grumbkow - Flute, Cello
'Nops' Noppeney - Viola, Violin, Flute, Piano
Peter Kaseberg - Bass, Vocals
Christian Grumbkow - Guitar
Michael Bruchmann - Drums, Percussion
Hölderlins Traum est le premier album de Hölderlin, groupe Krautrock fondé à Wuppertal en 1970 en l'honneur du poète éponyme par les frères Grumbkow et la chanteuse Nanny de Ruig, dont ce fut d'ailleurs le premier et dernier disque - plus tard elle devint peintre.
Jochen Grumbkow - Flute, Cello
'Nops' Noppeney - Viola, Violin, Flute, Piano
Peter Kaseberg - Bass, Vocals
Christian Grumbkow - Guitar
Michael Bruchmann - Drums, Percussion
Hölderlins Traum est le premier album de Hölderlin, groupe Krautrock fondé à Wuppertal en 1970 en l'honneur du poète éponyme par les frères Grumbkow et la chanteuse Nanny de Ruig, dont ce fut d'ailleurs le premier et dernier disque - plus tard elle devint peintre.
14/08/2009
13/08/2009
12/08/2009
Mike Seeger
Walkin' boss
Walkin' boss
Walkin' boss
I don't belong to you
I belong
I belong
I belong
To that steel driving crew
Well I asked that boss
For a job
For a job
He said "Son, what can you do?"
I can line the jack
Drive a track
Drive a track
I can pick and shovel too
Work one day
Just one day
Just one day
Then I lay around the shanty too
Après avoir arrêté son traitement anti-cancer, Mike Seeger a définitivement quitté Lexington, Virginie vendredi dernier au soir, le 7 Août 2009. Il avait 75 ans.
Mike Seeger était le fils du musicologue et folkloriste Charles Seeger et de la compositrice Ruth Crawford qui lui avaient communiqué l'amour de la musique, le goût du folksong et le virus de la conscience politique. Devenu virtuose du banjo, de la guitare, du violon, du dulcimer et de l'harmonica, il commence dans les années 50 à collecter les chansons et les vieux 78 tours dans la région de Washington DC et Baltimore. Objecteur de conscience pendant la guerre de Corée, il effectue son service civil à la plonge dans un hôpital pour tuberculeux. En 1958, il forme avec Tom Paley et John Cohen les New Lost City Ramblers, Tracy Schwartz remplaçant en 1962 Paley parti en Angleterre.
Les NLCR furent les initiateurs d'un retour à la musique hillbilly des origines, rompant aussi bien avec les tenants du folk politique urbain qu'avec ceux de la ballade commercialisée à l'instar du Kinsgton Trio. Surtout, les NLCR firent redécouvrir des musiciens submergés par l'oubli, les Doc Watson, Tom Ashley, Elizabeth Cotten, Roscoe Holcomb et tant d'autres qui connurent grâce à eux une seconde carrière - comme le dit un jour Tom Ashley "ma vie est comme une fleur, et aujourd'hui elle éclot pour la deuxième fois".
Mike Seeger était le fils du musicologue et folkloriste Charles Seeger et de la compositrice Ruth Crawford qui lui avaient communiqué l'amour de la musique, le goût du folksong et le virus de la conscience politique. Devenu virtuose du banjo, de la guitare, du violon, du dulcimer et de l'harmonica, il commence dans les années 50 à collecter les chansons et les vieux 78 tours dans la région de Washington DC et Baltimore. Objecteur de conscience pendant la guerre de Corée, il effectue son service civil à la plonge dans un hôpital pour tuberculeux. En 1958, il forme avec Tom Paley et John Cohen les New Lost City Ramblers, Tracy Schwartz remplaçant en 1962 Paley parti en Angleterre.
Les NLCR furent les initiateurs d'un retour à la musique hillbilly des origines, rompant aussi bien avec les tenants du folk politique urbain qu'avec ceux de la ballade commercialisée à l'instar du Kinsgton Trio. Surtout, les NLCR firent redécouvrir des musiciens submergés par l'oubli, les Doc Watson, Tom Ashley, Elizabeth Cotten, Roscoe Holcomb et tant d'autres qui connurent grâce à eux une seconde carrière - comme le dit un jour Tom Ashley "ma vie est comme une fleur, et aujourd'hui elle éclot pour la deuxième fois".
07/08/2009
Trois calypsos
Un calypso publicitaire comme il y en eut tant. Nells Liefeld, Jamaica Johnny pour la scène, s'il choisit de chanter en anglais plutôt qu'en néerlandais ou en papiamento, n'en était pas moins un musicien originaire du Surinam et actif en Hollande dans les années 60.
Depuis ce temps-là d'ailleurs il faut bien dire que les publicités Amstel ont un peu baissé de niveau.
Depuis ce temps-là d'ailleurs il faut bien dire que les publicités Amstel ont un peu baissé de niveau.
Sir Lancelot chante British grenadiers et la première partie de
Shame and scandal in the family, a.k.a. Fort Holland calypso song
dans I walked with a zombie de Jacques Tourneur (1943)
Mis en ligne par zombiesareamazing
Shame and scandal in the family, a.k.a. Fort Holland calypso song
dans I walked with a zombie de Jacques Tourneur (1943)
Mis en ligne par zombiesareamazing
Sir Lancelot chante Shame and scandal in the family
a.k.a. Fort Holland calypso song (deuxième partie)
dans I walked with a zombie de Jacques Tourneur (1943)
Mis en ligne par zombiesareamazing
a.k.a. Fort Holland calypso song (deuxième partie)
dans I walked with a zombie de Jacques Tourneur (1943)
Mis en ligne par zombiesareamazing
Après des études secondaires à Port-of-Spain Lancelot Victor Edward Pinard étudie la médecine à New-York. C'est là qu'il devient chanteur de Calypso, au Village Vanguard, puis part dans une tournée de l'Ouest américain qu'il termine à Los Angeles. Il y entame alors une carrière d'acteur-chanteur qui durera de 1943 à 1958 - trois films avec Tourneur, et entre autres To have and have not de Hawks, Brute force de Jules Dassin. Lancelot est un chanteur de calypso hors norme pour l'époque, issu d'une famille riche, travaillant sa voix de ténor, se produisant aux USA et en Europe plutôt qu'à Trinidad, et cela dix ans avant le Calypso Craze du temps de Harry Belafonte.
I walked... est un faux film de zombie recouvrant un drame amoureux et familial, dont l'intrigue est en fait une adaptation de Jane Eyre. Mais la trame de fond du film c'est bien la guerre froide interraciale des îles, et à l'époque Tourneur ne pouvait l'aborder que métaphoriquement.
Dans cette métaphore les apparitions courtes de Lancelot jouent un rôle central. Il traverse le film en coryphée tantôt humble et tantôt menaçant, poussant la complainte cruelle de la famille Holland. A noter que Lancelot fit partie en 1948, comme Katharine Hepburn, des supporters hollywoodiens du Progressive Party d'Henry Wallace, dernier sursaut de la gauche Rooseveltienne. C'était alors le seul parti états-unien mainstream à présenter des candidats de couleur aux élections locales, et Wallace le seul candidat à refuser systématiquement de parler devant des audiences ségréguées.
Il s'agit du texte original de Shame and scandal in the family, qui décrit les relations entre les personnages du film. La version ultérieure des paroles, bien plus connue, est due à un autre calypsonian, Lord Melody. Les deux chansons sont bien différentes : la seconde est une satire de la famille éclatée Trinidadienne, la première est une malédiction.
Dans cette métaphore les apparitions courtes de Lancelot jouent un rôle central. Il traverse le film en coryphée tantôt humble et tantôt menaçant, poussant la complainte cruelle de la famille Holland. A noter que Lancelot fit partie en 1948, comme Katharine Hepburn, des supporters hollywoodiens du Progressive Party d'Henry Wallace, dernier sursaut de la gauche Rooseveltienne. C'était alors le seul parti états-unien mainstream à présenter des candidats de couleur aux élections locales, et Wallace le seul candidat à refuser systématiquement de parler devant des audiences ségréguées.
Il s'agit du texte original de Shame and scandal in the family, qui décrit les relations entre les personnages du film. La version ultérieure des paroles, bien plus connue, est due à un autre calypsonian, Lord Melody. Les deux chansons sont bien différentes : la seconde est une satire de la famille éclatée Trinidadienne, la première est une malédiction.
There was a family who lived on the isle
Of Saint Sebastian a long long while
The head of the family was a Holland man
And the younger brother his name was Rand.
Ah woe, ah me
Shame and sorrow for the family
Ah woe, ah me
Shame and sorrow for the family.
The Holland man he kept in a tower
A wife as pretty as a bit white flower
She saw the brother and she stole his heart
And that’s how the badness and the trouble start.
The wife and the brother they want to go
But the Holland man, he tell them no
The wife fall down and the evil came
And it burnt her mind in the fever flame.
Ah woe, ah me
Shame and sorrow for the family
Ah woe, ah me
Shame and sorrow for the family.
Her eyes are empty and she cannot talk
And a nurse has come to make her walk
The brothers are lonely and the nurse is young
And now you must see that my song is sung.
Of Saint Sebastian a long long while
The head of the family was a Holland man
And the younger brother his name was Rand.
Ah woe, ah me
Shame and sorrow for the family
Ah woe, ah me
Shame and sorrow for the family.
The Holland man he kept in a tower
A wife as pretty as a bit white flower
She saw the brother and she stole his heart
And that’s how the badness and the trouble start.
The wife and the brother they want to go
But the Holland man, he tell them no
The wife fall down and the evil came
And it burnt her mind in the fever flame.
Ah woe, ah me
Shame and sorrow for the family
Ah woe, ah me
Shame and sorrow for the family.
Her eyes are empty and she cannot talk
And a nurse has come to make her walk
The brothers are lonely and the nurse is young
And now you must see that my song is sung.
Un calypso "social" des années trente dont le refrain dit :
Come on open the door, give me the bottle and let me go...
04/08/2009
28/07/2009
The cat's meow : Elizabeth Cotten
Elizabeth Cotten - Washington blues - I'm goin' away
Mis en ligne par humbatron
On appelle ça le Cotten picking : jouer en gaucher de la guitare pour droitier, en renversant l'instrument pour jouer les cordes aigües avec le pouce et les basses avec les autres doigts.
Elizabeth "Libba" Neville naît gauchère en 1892 (ou 1893, ou 1895 selon les sources) à Chapel Hill, Caroline du nord, cadette d'une famille de cinq enfants. A sept ans, elle se faufile dans la chambre de son frère en son absence et découvre son banjo. A onze ans elle quitte l'école et commence à travailler pour s'acheter une guitare, une Stella standard, pour droitier. Elle apprend, semble-t-il, toute seule et à douze ans elle compose Freight Train, son morceau le plus connu. A quinze, elle épouse Frank Cotten et ils ont une fille. Elle joue un peu pour son église locale - mais on lui dit que la guitare est l'instrument du diable. Et elle arrête la musique. Pour quelque quarante ans.
Elle travaille comme domestique, à Chapel Hill puis à New-York où la famille Cotten a déménagé, enfin à Washington, DC où elle s'installe avec sa fille après avoir divorcé. Vers la fin des années 40 elle est vendeuse au rayon des poupées chez Lansburgh. Un jour elle trouve une petite fille qui s'est perdue dans le magasin, et elle la ramène à sa mère.
La mère s'appelle Ruth Crawford Seeger, compositrice et musicologue, disciple indirecte de Scriabine par le biais de sa professeur au conservatoire de Chicago, Djane Lavoie Herz, et première femme à recevoir une bourse Guggenheim. Ce qui lui a permis de se rendre au début des années 30 à Berlin, où elle a été influencée par les conceptions de Berg et Schönberg. A Chicago, elle rencontre Carl Sandburg, qui lui fait découvrir le monde du folksong. Un peu plus tard à l'IMA de New-York, la future Juilliard School, elle étudie auprès de Charles Seeger qu'elle épouse peu après. Seeger est l'inventeur du Melograph, le théoricien du contrepoint dissonant et par ailleurs le père de Pete Seeger de par son précédent mariage. A ce moment, le couple Seeger est partie prenante du courant ultramoderniste de la musique américaine - Edgar Varèse, Charles Ives, Henry Cowell - radicalement opposé à Stravinsky et au néo-classicisme.
En même temps les deux époux font partie de ces exceptions - de purs musiciens classiques, mais passionnés par la musique folk et pris dans le grand mouvement populiste des années 30 et 40 aux USA. L'oeuvre de Ruth Seeger se partage entre la musique atonale et les arrangement de folksongs dont elle a publié plusieurs recueils. Charles Seeger, qui a été proche des IWW à Berkeley au début du siècle, travaillera pour la FSA et pour le Federal Music Project de la WPA. Et ce sont les Seeger, ensemble avec John Lomax et son fils Alan, qui vont constituer le Folk Song Archive de la Librairie du Congrès. Suivant l'exemple de leur demi-frère, deux de leurs enfants deviendront folksingers. Mike Seeger, un des héros de Bob Dylan, que vous pouvez écouter ici-même dans Strike avec Ry Cooder, et Peggy Seeger - qui chantera plus tard en Angleterre avec son compagnon, Ewan Mc Coll.
Au rayon des poupées de Lansburgh les deux femmes sympathisent, et Elizabeth Cotten vient faire des ménages chez les Seeger. Elle remarque un guitare qui traîne et, diable ou pas, elle fait comme d'habitude avec les guitares qui traînent - elle se met à en jouer. Peggy Seeger, qui apprend l'instrument, l'entend et alerte sa mère : leur femme de ménage est "un rêve de folkloriste : une véritable, authentique musicienne" (1).
La famille Seeger se met à enregistrer Cotten, et produit son premier album en 1957.

En 1960, elle donne ses premiers concerts, à 68 ans. En 1964 elle est sur la scène à Newport, et les albums se succèdent. Elle récupère une part du copyright de Freight Train, que s'étaient attribué deux anglais indélicats qui avaient enregistré Peggy Seeger. Elle donne son dernier concert le 22 février 1987, et meurt le 29 juin suivant.
Contrairement à ces bluesmen qui, lors du folk revival, se sont contentés de remiser leur guitare électrique, Elizabeth Cotten n'a pas eu à changer de style. Elle est comme ces poissons qu'on pensait fossiles, et qu'un filet remonte un jour des profondeurs. Elle se remet à jouer en 1957 quelque chose qu'on n'a pas entendu depuis 1907, quelque chose qui se jouait alors sous les porches, dans les granges et les cours poussiéreuses de Caroline du nord, et dans les églises qui le voulaient bien. Quelque chose qui n'avait pas encore de nom, ni country, ni folk, ni même blues, qui ne se rapproche que de ce que nous avons baptisé ragtime guitar et qu'on devait appeler tout simplement music. Quelque chose qu'il faut écouter en pensant à toutes les femmes de ménage musiciennes qui n'ont pas rencontré de Ruth Seeger sur leur chemin.
(1) Selon les mots de Dana Klipp, guitariste qui accompagna Cotten dans les années 80, quand ses mains commencèrent à s'affaiblir.
Elizabeth "Libba" Neville naît gauchère en 1892 (ou 1893, ou 1895 selon les sources) à Chapel Hill, Caroline du nord, cadette d'une famille de cinq enfants. A sept ans, elle se faufile dans la chambre de son frère en son absence et découvre son banjo. A onze ans elle quitte l'école et commence à travailler pour s'acheter une guitare, une Stella standard, pour droitier. Elle apprend, semble-t-il, toute seule et à douze ans elle compose Freight Train, son morceau le plus connu. A quinze, elle épouse Frank Cotten et ils ont une fille. Elle joue un peu pour son église locale - mais on lui dit que la guitare est l'instrument du diable. Et elle arrête la musique. Pour quelque quarante ans.
Elle travaille comme domestique, à Chapel Hill puis à New-York où la famille Cotten a déménagé, enfin à Washington, DC où elle s'installe avec sa fille après avoir divorcé. Vers la fin des années 40 elle est vendeuse au rayon des poupées chez Lansburgh. Un jour elle trouve une petite fille qui s'est perdue dans le magasin, et elle la ramène à sa mère.
La mère s'appelle Ruth Crawford Seeger, compositrice et musicologue, disciple indirecte de Scriabine par le biais de sa professeur au conservatoire de Chicago, Djane Lavoie Herz, et première femme à recevoir une bourse Guggenheim. Ce qui lui a permis de se rendre au début des années 30 à Berlin, où elle a été influencée par les conceptions de Berg et Schönberg. A Chicago, elle rencontre Carl Sandburg, qui lui fait découvrir le monde du folksong. Un peu plus tard à l'IMA de New-York, la future Juilliard School, elle étudie auprès de Charles Seeger qu'elle épouse peu après. Seeger est l'inventeur du Melograph, le théoricien du contrepoint dissonant et par ailleurs le père de Pete Seeger de par son précédent mariage. A ce moment, le couple Seeger est partie prenante du courant ultramoderniste de la musique américaine - Edgar Varèse, Charles Ives, Henry Cowell - radicalement opposé à Stravinsky et au néo-classicisme.
En même temps les deux époux font partie de ces exceptions - de purs musiciens classiques, mais passionnés par la musique folk et pris dans le grand mouvement populiste des années 30 et 40 aux USA. L'oeuvre de Ruth Seeger se partage entre la musique atonale et les arrangement de folksongs dont elle a publié plusieurs recueils. Charles Seeger, qui a été proche des IWW à Berkeley au début du siècle, travaillera pour la FSA et pour le Federal Music Project de la WPA. Et ce sont les Seeger, ensemble avec John Lomax et son fils Alan, qui vont constituer le Folk Song Archive de la Librairie du Congrès. Suivant l'exemple de leur demi-frère, deux de leurs enfants deviendront folksingers. Mike Seeger, un des héros de Bob Dylan, que vous pouvez écouter ici-même dans Strike avec Ry Cooder, et Peggy Seeger - qui chantera plus tard en Angleterre avec son compagnon, Ewan Mc Coll.
Au rayon des poupées de Lansburgh les deux femmes sympathisent, et Elizabeth Cotten vient faire des ménages chez les Seeger. Elle remarque un guitare qui traîne et, diable ou pas, elle fait comme d'habitude avec les guitares qui traînent - elle se met à en jouer. Peggy Seeger, qui apprend l'instrument, l'entend et alerte sa mère : leur femme de ménage est "un rêve de folkloriste : une véritable, authentique musicienne" (1).
La famille Seeger se met à enregistrer Cotten, et produit son premier album en 1957.

En 1960, elle donne ses premiers concerts, à 68 ans. En 1964 elle est sur la scène à Newport, et les albums se succèdent. Elle récupère une part du copyright de Freight Train, que s'étaient attribué deux anglais indélicats qui avaient enregistré Peggy Seeger. Elle donne son dernier concert le 22 février 1987, et meurt le 29 juin suivant.
Contrairement à ces bluesmen qui, lors du folk revival, se sont contentés de remiser leur guitare électrique, Elizabeth Cotten n'a pas eu à changer de style. Elle est comme ces poissons qu'on pensait fossiles, et qu'un filet remonte un jour des profondeurs. Elle se remet à jouer en 1957 quelque chose qu'on n'a pas entendu depuis 1907, quelque chose qui se jouait alors sous les porches, dans les granges et les cours poussiéreuses de Caroline du nord, et dans les églises qui le voulaient bien. Quelque chose qui n'avait pas encore de nom, ni country, ni folk, ni même blues, qui ne se rapproche que de ce que nous avons baptisé ragtime guitar et qu'on devait appeler tout simplement music. Quelque chose qu'il faut écouter en pensant à toutes les femmes de ménage musiciennes qui n'ont pas rencontré de Ruth Seeger sur leur chemin.
(1) Selon les mots de Dana Klipp, guitariste qui accompagna Cotten dans les années 80, quand ses mains commencèrent à s'affaiblir.
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