Gluck (Hannah Gluckstein) - The three Nifty Nats, 1926
Huile sur toile
Le spectacle se déroule probablement au London Pavilion, juste à côté du London Trocadero, propriété de la J.Lyons & Co, société des oncles de Gluck - ils y avaient également installé un cabaret. Le Londres, déjà swinging, des années 20 avec des acteurs comme
Et pendant ce temps-là...
...je me demande si, au milieu de toute cette psychose administrée (1) sur la façon de prononcer les noms propres, le mieux ne serait pas de s'en remettre à notre duchesse préférée ?
S’il n’y avait aucune affectation, aucune volonté de fabriquer un langage à soi, alors cette façon de prononcer était un vrai musée d’histoire de France par la conversation. « Mon grand-oncle Fitt-jam » n’avait rien qui étonnât, car on sait que les Fitz-James proclament volontiers qu’ils sont de grands seigneurs français, et ne veulent pas qu’on prononce leur nom à l’anglaise. Il faut, du reste, admirer la touchante docilité des gens qui avaient cru jusque-là devoir s’appliquer à prononcer grammaticalement certains noms et qui, brusquement, après avoir entendu la duchesse de Guermantes les dire autrement, s’appliquaient à la prononciation qu’ils n’avaient pu supposer. Ainsi, la duchesse ayant eu un arrière-grand-père auprès du comte de Chambord, pour taquiner son mari d’être devenu Orléaniste, aimait à proclamer : « Nous les vieux de Frochedorf ». Le visiteur qui avait cru bien faire en disant jusque-là « Frohsdorf » tournait casaque au plus court et disait sans cesse « Frochedorf ».
Marcel Proust, La prisonnière, 1923
(1) Je choisis cette traduction (par Célia Izoard) du controlled insanity de George Orwell.
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