La famille était très riche. Le père, les oncles contrôlaient en tout ou partie Salmon & Gluckstein - le plus gros vendeur de tabac du Royaume-Uni - ainsi que J. Lyons & Co
Certes, elle aura l'enfance des gosses de sa classe, avec gouvernante suisse puis collèges de jeunes filles où l'on apprend si peu - sinon à s'intéresser à la musique et au dessin...
Mais elle deviendra très vite le vilain petit canard.
Serait-ce le fait de choisir une école d'art - plutôt que, disons, le mariage ou les œuvres de charité, les deux allant souvent ensemble ?
Serait-ce encore le fait de fuir l'école d'art choisie par son père - où on n'apprenait, là encore, que si peu de choses ? Et de s'en aller à Lamorna, en Cornouailes, chez les Knight, chez les bohèmes ?
Serait-ce encore que le mariage, eh bien... et que les femmes, oui, étaient tellement plus intéressantes que les hommes ?
Serait-ce, surtout, cette habitude de s'habiller en homme ?
C'était un ensemble, oui, et tout cet ensemble ne cadrait pas avec la famille - avec le reste non plus, d'ailleurs.
Certes, elle vend des toiles, expose à la Fine Arts Society. Mais cela suffit-il au train de vie auquel elle est habituée ? Tant que son père vit, catastrophé mais aimant, il lui ouvre un compte en banque, lui donne de l'argent, lui offre même Bolton House, une superbe maison Georgian Style, ou elle peut vivre un temps, confortablement, avec voiture et trois personnes à son service.
Puis son père meurt. Et les choses se gâtent. Pas d'héritage, on considère qu'elle doit être protégée contre elle-même, une fille seule et incontrôlable qui qui pourrait dilapider ses biens voire, qui sait, se faire plumer par les hommes...
Les cordons de la bourse seront donc tenus par des trustees, sa mère, son cousin, surtout son frère, avec lequel les relations se sont tendues.
Puis vient la guerre. l'Auxiliary Fire Service, d'autorité, s'installe à Bolton House, et Gluck déménage. Quand les pompiers quittent Bolton House en 1941 elle ne touche plus leur loyer et se retrouve à devoir entretenir trois maisons (un studio à Lamorna, Bolton House et la petite maison de Plumpton où elle vit) et des revenusinsufffisants. La peinture rapporte certes, mais elle a toujours du personnel à payer - du personnel qu'elle harasse, paye peu et décourage très vite, car son caractère empire (1).
Et les trustees serrent vraiment les cordons de la bourse. C'est la guerre n'est-ce-pas. Son frère, député Tory, sa mère dame de charité, s'y sont de nouveau engagés à fond, comme en 1914. Mais les guerres de Gluck sont ailleurs.
Sans compter les peines d'amour, car en même temps la grande affaire de sa vie - le mariage avec Nesta Obermer - est en train de s'effondrer.
(1) Oui, les lesbiennes de l'époque, sorties du placard, avaient mauvais caractère - eussent-elles été gentilles qu'elles n'auraient pas survécu.
(2) Pour compléter les blancs de ce récit, on peut se reporter pour la version courte à cinq articles de ce blog et pour la longue à la biographie par Diana Souhami.








.jpg)

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire