10/05/2026

N'oublions pas le portefaix de Königsberg


 

 
 
Ô joie ! clamèrent-il-et-elle en pénétrant dans la salle de l'exposition et en constatant que la femme au tissu vert avait fait le long voyage depuis la ville hanséatique de Brême jusqu'à cette station balnéaire de la Côte Fleurie, au risque (Kollwitz à Deauville !) du choc social pour une artiste qui déclara :
 
"La raison profonde de mon choix de ne représenter quasiment que la vie ouvrière tient à ce que les sujets puisés dans ce milieu représentaient purement et simplement ce que le beau était à mes yeux. Le beau, c'était pour moi le portefaix de Königsberg, les mariniers polonais sur leurs bateaux, la générosité des mouvements dans le peuple. Les gens du monde bourgeois, je les trouvais sans charme..."
 
 Käthe Kollwitz - Souvenirs (1923-1941) Trad. Sylvie Pertoci, in Mais il faut pourtant que je travaille, Journal - Articles - Souvenirs, L'atelier contemporain éd. 2019
 
 
Oui, c'était bien elle :
 
 
Käthe Kollwitz - Weiblicher Rückenakt auf grünem Tuch / Nu féminin vu de dos sur un drap vert, 1903 
Lithographie à la craie et au pinceau en brun, bleu et vert avec manière noire à la pierre à dessiner sur Japon, retravaillée à la craie pastel bleue
Brême, Kunsthalle

 
 
Autre choc, social mais plus ouaté, pour ce couple :
 
 
Charles Angrand - Couple dans la rue, 1887
Huile sur toile
 
 
qui vient, lui de moins loin (du Musée d'Orsay, mais c'est une Œuvre non exposée en salle actuellement ) et dont le cartel ose avouer que
 
 

 
La photo de ce tableau est due à Jean Pierre Rousseau, qui photographie bien mieux que les chats et qui vous fera visiter l'exposition, si vous voulez. Après tout, si la ville du duc de Morny expose des artistes anarcho-socialistes, profitons-en.
 
Et à propos de Käthe Kollwitz et de Charles Angrand, déjà ici et

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