09/02/2026

Société du spectacle : les Capitans


 
Il capitan Spavento

Diga usted ? Me connaissez-vous ? Non ! Vous ne me connaissez pas ? Ventre ! Tête ! Sangre y fuego ! io son chi son ! L'Italie tremble au nom du capitan Spavento ! L'Espagne me révère sous le nom de Matamoros, et je terrifie la France, quand je veux, sous le nom du capitaine Fracasse, car je suis homme fort redoutable, je vous assure.


« Tout m'aime ou tout me craint, soit en paix, soit en guerre, 

Je croquerais un prince aussi bien qu'un oignon. »



Dessins de Maurice Sand gravés par A. Manceau pour Maurice Sand - Masques et bouffons, la comédie italienne, 1862.

 

  

 

 
Il capitan Spezzafer
 
 
 
Dans le théâtre de Gherardi, le Capitan Spezzafer éprouve le besoin d'acheter du linge. C'est comme qui dirait une scène intime, car on ne voit guère agir les Capitans comme de simples mortels ; ils sont toujours montés à un diapason trop élevé pour descendre aux nécessités de l'existence.

« On prétend, lui dit Arlequin, que vous ne portez point de chemise ? — C'était autrefois ma coutume, lui répond le Capitan, parce qu'alors, comme j'étais extrêmement furieux, aussitôt que je me mettais en colère, le poil, que j'avais abondamment sur tout le corps, se dressait, perçait ma chemise de toutes parts et y faisait tant de trous, qu'on l'aurait prise pour une passoire ; mais depuis quelque temps, m'étant fort modéré, je porte du linge comme les autres. »
 
 
Textes de Maurice Sand 

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