28/01/2010

L'histoire du chemin de fer et des Iles Marquises, ou ce qui se passait en 1842 (Le voyage de Meryon, #8)



Claudius-Jacquand - Conseil des ministres au palais des Tuileries : le maréchal Soult présente à Louis-Philippe la loi de Régence, 1842


Voir les épisodes précédents

Printemps de 1842, seconde année du troisième ministère Soult, qui durera presque jusqu'à la fin de la monarchie de Juillet. La grande affaire, c'est la loi sur les chemins de fer. Il y en a 571 kilomètres en France, moins qu'en Angleterre bien sûr, mais moins aussi qu'en Belgique, en Prusse, en Autriche ou en Allemagne... Suivant un scénario industriel assez classique en France, les compagnies privée échouent les unes après les autres faute de capitalisation suffisante, et se retournent vers l'Etat. La loi instaurera un système mixte, l'Etat prenant en charge l'acquisition des terrains, le terrassement, les ouvrages d'art et les stations, et donnant à bail la ligne à une compagnie fermière qui y pose les voies et fournit le matériel. La discussion parlementaire débute le 26 avril et dure quinze jours - le ministère affronte notamment Thiers, adversaire de longue date des voies ferrées.


L'accident de Meudon, 1842

Le débat n'est pas terminé quand, le Dimanche 8 mai, la locomotive de tête du train de Paris à Versailles rompt un essieu juste après Meudon-Bellevue. La seconde machine et le reste du train la percutent et les wagons prennent feu. A l'époque, les voitures étaient fermées à clef de l'extérieur, le train était bondé car c'était jour de grandes eaux : on relève plus de cinquante morts. L'émotion populaire est grande, on parle d'aller brûler la gare Montparnasse. Un peu plus tard pourtant la loi sera votée sans encombre.

Parmi les morts de Bellevue, Dumont d'Urville.

Printemps 1842. Nous avons laissé Charles Meryon à Toulon, il y est toujours, apprenant l'aquarelle. Son bateau, le Montebello, est resté plus longtemps que prévu au carénage. Meryon s'ennuie probablement; on sait qu'il a manoeuvré pour ne pas faire partie de l'état-major de l'amiral La Susse; pendant l'hiver, il a rêvé de partir en voyage de circumnavigation sur la
Belle-Poule mais

"
ces plans heureux sont réservés à d'autres que moi..." (1)

En juin enfin, arrive la nouvelle (2) : il embarque sur la corvette de charge Le Rhin - avec trois ans de retard sur les conseils du capitaine Cécille, le commandant de l'
Héroïne, il va partir pour la Nouvelle-Zélande.

Deux ans avant de mourir dans la première catastrophe ferroviaire française, l'amiral Dumont d'Urville avait effectué son dernier voyage à bord de l'
Astrolabe accompagnée de la Zélée. Meryon n'était pas encore entré à l'école navale quant les deux corvettes quittèrent Toulon en Septembre 1837, pour Rio de Janeiro, la Terre de Feu et l'Antarctique, puis l'Océanie, l'Indonésie, Hobart en Tasmanie et de nouveau l'Antarctique pour le baptême de la Terre Adélie. Au milieu de cette navigation, entre Valparaiso et les Salomon, Dumont d'Urville avait fait escale le 26 août 1838 à Nouka-Hiva, la plus grande des Marquises, ces îles que le capitaine Marchand avait nommées en 1791 les îles de la Révolution...



Ernest Goupil - Entrée de la baie Anna Maria - Voyage au Pôle Sud et dans l'Océanie sur les corvettes l'Astrolabe et la Zélée, Atlas pittoresque, planche 50
source : Wikimedia Commons



Dumont d'Urville emmène avec lui trois dessinateurs, dont deux ne survivront pas au voyage.




Ernest Goupil - Naturels de Nouka-Hiva (baie Anna-Maria). Atlas pittoresque, planche 60
source : Wikimedia Commons



C'est au premier d'entre eux, Ernest Goupil surnommé à bord "l'artiste", mort de la dysenterie à Hobart en 1840, et à son successeur Louis le Breton que l'on doit les plus belles planches des Atlas publiés six ans plus tard.




Ernest Goupil - Intérieur de la maison publique d'Apia - Atlas pittoresque, planche 71
source : Wikimedia Commons


Lire le Voyage au Pôle Sud et en Océanie... de Dumont d'Urville, c'est se replonger dans la littérature du Contact, avec sa pseudo-science raciale (3) et ses visions fantasmées de la liberté sexuelle des océaniennes (4)...



...récurrentes depuis Bougainville jusqu'au Typee de Melville. Mais on peut se laisser fasciner par cette fausse aurore où on se sait pas qui découvre qui, des naturels ou des papālagi - lumière menteuse où une seule chose est sûre : la situation est propice à la production intensive d'images...



Ernest Goupil - Intérieur d'une case à Lebouka - Atlas pittoresque, planche 95
source : Wikimedia Commons


...et parfois, de romans.




Charles Meryon - Voilier sur une mer houleuse, dit Le vaisseau fantôme, pastel, 1857(?)


Eté de 1842 - 23 Juin. Le baleinier Acushnet, capitaine Valentine Pease, est en vue de l'île de Nouka-Hiva. Il a fait un bon bout de chemin (5) depuis qu'il a quitté le port de Fairhaven, Massachusetts le 3 janvier 41. Rio de Janeiro le le 13 mars. Le Cap Horn le 15 avril, et escale à Santa (Pérou) le 23 juin. Passage de la ligne le 24 octobre, et les Galapagos le 30.






"Elle souffle!" Marin sur le mât d'un baleinier - d'après J. Ross Browne, Etchings of a Whaling cruise



L'Acushnet jette l'ancre aux îles Chatham le 19 novembre, puis repart pour le Pérou, au port de Tumbes. Le 27 décembre il est au large de la côte équatorienne à Punta Santa Elena, et de nouveau le 6 janvier aux Galapagos. Quand il pénètre dans la baie de Taioa à Nouka-Hiva il n'a pas vu la Terre depuis plus de six mois - à son bord, cet autre marin considérable, Herman Melville.


Six months at sea! Yes, reader, as I live, six months out of sight of land; cruising after the sperm-whale beneath the scorching sun of the Line, and tossed on the billows of the wide-rolling Pacific—the sky above, the sea around, and nothing else! (Typee, ch. I)


La suite est connue des lecteurs de Taïpi. Le Marquisean welcome des jeunes femmes de l'île, exactement conforme à celui que décrivait Dumont d'Urville - et probablement tout aussi mythifié. Mais aussi cette autre bienvenue : les navires de guerre du contre-amiral Dupetit-Thouars qui vient à la fin du mois de mai de prendre possession des Marquises au nom de la France (6).


The islanders looked upon the people who made this cavalier appropriation of their shores with mingled feelings of fear and detestation. They cordially hated them; but the impulses of their resentment were neutralized by their dread of the floating batteries, which lay with their fatal tubes ostentatiously pointed, not at fortifications and redoubts, but at a handful of bamboo sheds, sheltered in a grove of cocoa-nuts! A valiant warrior doubtless, but a prudent one too, was this same Rear-Admiral Du Petit Thouars. Four heavy, double-banked frigates and three corvettes to frighten a parcel of naked heathen into subjection! Sixty-eight pounders to demolish huts of cocoa-nut boughs, and Congreve rockets to set on fire a few canoe sheds! (Typee, ch. III)






C'est dans les années quarante du XIXème siècle que la Terre devient définitivement ronde. A l'autre bout du monde - vis-à-vis de l'Europe, s'entend - se sont noués les réseaux de la pêche industrielle tandis que les bagnes d'Australie et de Tasmanie disséminent leurs ex-convicts. Ce sont les bagnards, libérés ou évadés, les baleiniers, en bordée ou déserteurs, qui auront été bien plus que les militaires et au moins autant que les religieux, les premiers acteurs du Contact.



George Barrington - Convicts arriving at Botany Bay


Derrière ces populations dangereuses viennent les administrateurs, les marines de guerre et les sociétés de colonisation : dans le Pacifique il n'y aura bientôt plus de Terra nullius.

Dupetit-Thouars suivait en fait un double agenda : une croisade personnelle pour la conquête de Tahiti, contre Pritchard et la reine Pomaré, qu'il mena d'ailleurs avec plein succès et de son propre chef un an plus tard. Et une mission officielle limitée aux Marquises pour laquelle il avait usé de deux arguments : la protection du commerce, des missionnaires et baleiniers français à partir de l'archipel, et d'autre part l'installation d'une colonie pénitentiaire à l'intention des déportés politiques.

L'article 17 du Code Pénal disposait en effet que "
la peine de la déportation consistera à être transporté et à demeurer à perpétuité dans un lieu déterminé par le gouvernement, hors du territoire continental de l’empire" mais il n'avait jamais été appliqué faute d'emplacement ad hoc. Rappelons que la Monarchie de Juillet fut une période rien moins que politiquement tranquille : émeutes parisiennes et révolte des canuts à Lyon en 31, insurrections parisiennes de juin 32 et d'avril 34, cette dernière accompagnée d'une nouvelle révolte des canuts, attentat de Fieschi en 35, tentative révolutionnaire de la Société des Saisons en 39... La déportation aux antipodes faisait donc bel effet dans un argumentaire, que Dupetit-Thouars sut présenter à Guizot en 1840 (7).


En fait la mise en oeuvre devait attendre la terrible répression des journées de juin 1848, et à sa suite la loi de 1850 qui disposa dans son article 5 que "
L’île de Nuka-Hiva, l’une des Marquises, est déclarée lieu de déportation pour l’exécution de l’article 17 du Code pénal." Mais il n'y eut finalement que trois déportés politiques à être envoyés dans le Botany Bay français : Gent, Ode et Longomazino, participants du complot républicain du sud-est condamnés en 1851. Nouka-Hiva était trop loin et trop chère - la Guyane et la Nouvelle-Calédonie prirent le relais.


9 juillet 1842 - Nouka-Hiva n'est pas encore un bagne mais a déjà perdu sa liberté. Ayant quant à eux décidé de recouvrer la leur, Herman Melville et Richard Tobias Greene (Toby dans le roman) descendent dans une baleinière de l'Acushnet pour passer la journée à terre. Abrités de la pluie sous un hangar à pirogues...


Louis Le Breton - Pirogue double sous son hangar. Atlas pittoresque, planche 78
source : Wikimedia Commons



...ils attendent que leurs camarades s'endorment, se jettent dans un bois...




Ernest Goupil - Site sur l'île Manga-Reva. Atlas pittoresque, planche 41
source : Wikimedia Commons



...et grimpent dans la montagne. Ils ont déserté.
Il vous reste à lire ou relire





pour la suite de l'aventure, le contact avec les Taïpis quatre jours plus tard, la nymphe Fayaway et le roi Mehevi, le départ de Toby...



Vallée de Taipivai et Baie du Contrôleur, Nouka-Hiva - le site où se déroule la plus grande partie de Typee
Mis en ligne par georgegoodman sous CreativeCommons


7 août 1842 - Le baleinier anglais Lucy Ann , qui s'appellera la Julia dans Omoo, fait escale à Nouka-Hiva. Le capitaine Henry Ventom a besoin de recruter des hommes - l'équipage est au bord de la révolte - et il apprend qu'il peut échanger un peu de pacotille contre un marin américain détenu par les Taïpis. Et le 9, Melville embarque pour un nouveau roman.





15 août 1842 à 18h, Toulon. La corvette de charge Le Rhin sort du port, faisant voile vers Majorque et Gibraltar avec pour destination finale la station d'Akaroa en Nouvelle-Zélande. Elle est armée de quatre canons-obusiers de 30 et de dix-huit caronades de 24, emportant sous les ordres du capitaine Bérard quelque cent quatre-vingts hommes d'équipage, deux lieutenants et quatre enseignes, dont Charles Meryon.


(1) Lettre à Charles Lewis Meryon, 1er février 1842, citée par Ducros, 347.

(2) "
Ce n'est pas sans peine que je suis parvenu à réussir, car j'avais affaire à une quarantaine d'individus plus ou moins bien recommandés, et c'est à une simple lettre que j'écrivis à paris il y a un mois que je dois d'ête heureux aujourd'hui" lettre à Charles Lewis Meryon, 19 juin 1842, citée par Ducros, 348.

(3) C'est Dumont d'Urville qui est à l'origine de la classification des îles océaniennes en Polynésie, Mélanésie et Micronésie - en fonction notamment de la pigmentation de la peau de leurs habitants, cf. Serge Tcherkézoff, Polynésie/Mélanésie - L’invention française des "races" et des régions de l'Océanie (XVIe-XXe siècles)
, Au vent des Iles, Papeete, 2009. Caractéristique également, l'utilisation à grande échelle de la crâniographie par le phrénologue Dumoutier tout au long du second voyage de 1837.

(4) Pour une analyse critique de ce fantasme, dans la ligne des recherches de Marshall Sahlins, voir Serge Tcherkézoff Tahiti-1768 : Jeunes filles en pleurs, la face cachée des premiers contacts et la naissance du mythe occidental, Au vent des Iles, Papeete, 2004. Du même on peut consulter en ligne (et en anglais) A Reconsideration of the Role of Polynesian Women in Early Encounters with Europeans: Supplement to Marshall Sahlins’ Voyage around the Islands of History et ‘First Contacts’ in Polynesia, the Samoan Case (1722-1848) western misunderstandings about sexuality and divinity

(5) Le journal de bord de l'Acushnet a été perdu, mais certains de ses éléments ont été retrouvés dans la compilation (abstract log) établie par Matthew Fontaine Maury, officier de marine qui a utilisé les journaux de plusieurs capitaines baleiniers, dont Pease, aux fins d'établir des cartes générales des vents et des courants, ainsi que des migrations des baleines. Sur l'itinéraire de l'Acushnet, cf. Hershel Parker, Herman Melville, a biography, vol. 1, 1819-1851, pp. 180-214.

(6) Pour le détail de cette "prise de possession" de comédie, et de la révolte tout à fait réelle qui s'ensuivit, on peut lire Dominique Agniel, Aux Marquises, L'Harmattan, 2007, pp. 67-80 et Max Radiguet, Les derniers sauvages, Calmann-Lévy, 1882 et réédition Editions Phébus, 2001

(7) Lire sur ce point Louis-José Barbançon, La loi de déportation politique du 8 juin 1850 : des débats parlementaires aux Marquises, en ligne sur l'excellent site Criminocorpus.



26/01/2010

Ciel... Winslow Homer

Winslow Homer - Cernay la Ville - French Farm, 1867

20/01/2010

The cat's meow : trois fois Indifférence



Tony Murena et les frères Ferret - Indifférence
Mis en ligne par wininboy

Ainsi va la vie d'ici, la vie est là d'ici-bas

Elle débat et batt'rie les premiers pas dansés al banc des écoliers
Balancés dans l'air sans en avoir d'air, saoulés dans le temps
Aux folles nuits d'abus du soufflet qui s'étire et rit, c'est bon, c'est l'ton du blues

Et si c'était ça la vie, et si on nous l'avait pas dit ?
L'épique époque aussi va de l'avant, l'aventure est là
Allez, dis-le-nous donc, dis, dans des mots doux au dit désir ici, efficace étape à passer





Angelo Debarre, g - Indifférence (Tony Murena)
Mis en ligne par kapitanswing

Sur ton accordéon tu touches à touches, écoules, et facile agis là du bout des doigts

Docile au songe assis tu médites tes fois t'effaces au firmament une note cassée
Qu'assez on en ait plus jamais d'enlacer la musique
Infinie mélodie qui vit, effile l'âme à son pas dédicacé là, baladant l'horizon

Ainsi va Lubat la vie, la vie ça va, tu l'as dit
Au bal aussi c'est là que t'as tout vu passer
Le pas s'est dépaysé
Vas-y l'évasif, vas-y l'enfant, tout petit déjà
Jadis on l'a dit : "Mainatge aqueste còp te'n sortiràs pas coma aquò..."




André Minvielle voc, Bernard Lubat acc - Indifférence (Tony Murena)
Mis en ligne par bratske


Et si c'était dommage, pas si c'est un hommage
Aux hommes assis devant, vu de l'avant
L'aventure est là
Allez dis-le-nous donc dis
Dans des mots doux au dit désir ici efficace étape à passer

E si l'oblidas dispareish deu lengadge
Autant vrai coma pèc qu'un desir ambicios
"Assurement", libèria, tot de l'animaut sauvadge
La cauja es coma te l'as hèita.

Tanpòc au bal a tu que trucas, a tu que tracas
A tu que tòcas, a tu que rigas, a tu que ragas
A tu que riga-raga on avèvas mis lo cap Petit caborrut
Enqüèras un còp a tu que trucas, a tu que tracas
A tu que tòcas, a tu que rigas, a tu que ragas
A tu que riga-raga on avèvas mis lo cap pelut

E si l'oblidas dispareish deu lengadge
Autant vrai coma pèc qu'un desir ambicios
"Assurement", libèria, tot de l'animaut sauvadge
La cauja es coma te l'as hèita.

Vois si tu n'es pas d'avis
A ton avis ça se vit
Vitale hésitation qui va faire éclater le banc des attelés
Balancés dans l'air sans en avoir d'air, saoulés dans le temps
Aux folles nuits d'abus du soufflet ils s'étirent et rient, c'est bon, c'est l'ton du blues.
Et si c'était ça la vie, et si on nous l'avait pas dit ?
L'épique époque aussi va de l'avant, l'aventure est là
Allez, dis-le-nous donc, dis, dans des mots doux au dit désir ici, efficace étape à passer
Et si tu vas tout droit, t'y auras droit !


paroles : André Minvielle

19/01/2010

Ciel... Lemmen

Georges Lemmen - La plage à Heist, 1891

18/01/2010

Les occupations solitaires : travail à domicile

Albert Rutherston - The song of the shirt, 1902

Le poème, bien connu des écoliers anglais, est de Thomas Hood, qui le publia dans Punch en 1843 en l'honneur de Mrs Biddell, veuve du quartier de Lambeth et couturière à domicile.

With fingers weary and worn,
With eyelids heavy and red,
A woman sat, in unwomanly rags,
Plying her needle and thread
Stitch! stitch! stitch!
In poverty, hunger, and dirt,
And still with a voice of dolorous pitch
She sang the "Song of the Shirt"...

..."Work--work--work
Till the brain begins to swim;
Work--work--work
Till the eyes are heavy and dim!
Seam, and gusset, and band,
Band, and gusset, and seam,
Till over the buttons I fall asleep,
And sew them on in a dream!

13/01/2010

Le bar du coin : Cassandre/production

Dessin d'A.M. Cassandre

L'alcool, l'ennemi de la production ! - Affiche soviétique

11/01/2010

L'art de la cuisine : Velasquez


Velasquez - Scène de cuisine avec le souper à Emmaüs, ca 1618

07/01/2010

Poésie illustrée : Petit hommage hivernal à Maurice Fombeure



La noif qui chiet...

"La noif qui chiet"

(La neige qui tombe)
- Vieux français -

Mais voici la blanche noif

La noif des fous, la noif des chats,

La noif qui nous donne soif
De pureté, de ci, de ça

La noif des fous, la noif des chats.

Dessicés, mourant de soif
Dans les grand déserts de Krâcha,

Semi-perdus, demain pachas,

Ils rêvent de la blanche noif
La noif des fous, la noif des chats


Canards et pingouins et matafs
La Bougnate et Marie-qu'a-d'ça,
Les clochards assommés de soif

Tous ils aiment la blanche noif,
La noif des fous, la noif des chats


Essorés faute de caire

Pendus lundis ou mardis,

Ils dansent aux lampadaires.
Alors leur ombre agrandie

Balaie d'un silencieux pourchas
La noif des fous, la noif des chats.

Des zoophytes aux spicilèges

Et de l'Adour jusqu'à l'Anjou
La noif la blanche, la noif, la neige
Rose des pattes des matous,
La noif des chats, la noif des fous,
Saignant de trèfles incarnats

La noif des fous, la noif des chats.


Maurice Fombeure
Les étoiles brûlées, 1950

06/01/2010

L'art du petit déjeuner : Hansen


Constantin Hansen - Portrait d'une petite fille, Elise Købke, devant une tasse, 1850

02/01/2010

01/01/2010

Une semaine de chansons : Cathy Berberian



Les chats et...
Cathy Berberian -
Stripsody

Mis en ligne par clopjj


...vous présentent leurs meilleurs voeux.